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Aurélie Dupont en Sylvia… Oh Sylvia…

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Léo Delibes (1836-1891) : Sylvia. Chorégraphie, Mise en scène  : John Neumeier. Costumes : Yannis Kokkos. Avec : Aurélie Dupont, Sylvia ; Nicolas Le Riche, Amour/Orion  ; Marie-Agnès Gillot, Diane ; Manuel Legris, Aminta  ; José Martinez, Endymion. Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre de l’Opéra National de Paris, Direction musicale : Paul Connelly. Réalisation : Thomas Grimm. Enregistré à l’Opéra National de Paris en mars 2005. 1 DVD TDK DVWW-BLSVA. Livret en anglais, allemand, français. Bonus : entrevue avec les artistes (19 minutes)-sous titres en anglais, français, allemand, espagnol, italien Zones : 0. Durée : 136 minutes.

 

Tout premier ballet représenté au Palais Garnier le 14 juin 1876, Sylvia bénéficie d’une musique sublime de qui nous rappelle que ce compositeur n’a pas uniquement écrit des opéras-comiques orientalistes à base de clochettes et de déesses hindoues. Cette musique si sensuelle inspira la célèbre phrase de Tchaïkovski qui affirmait que s’il avait eu connaissance de cette musique, il n’aurait pas composé le Lac des Cygnes. La partition servait alors de support à un ballet où la pantomime était très présente. Depuis sa création, Sylvia a été toujours réinterprétée par de nouveaux chorégraphes, et ce DVD est la plus récente de ces productions, montée en 1997 à l’Opéra de Paris.

La lecture qu’en fait est pertinente, séparant l’histoire du mythe et rendant aux personnages un visage humain. Sylvia, nymphe de Diane, se libère de l’emprise de celle-ci et s’éveille à sa sensualité de femme, malgré les réticences qu’elle a, avec les premiers émois partagés avec Aminta, et la séduction plus directement sexuelle lors de la procession de Bacchus. Lorsqu’elle revient sur les lieux où chasse Diane, la mélancolie la prend et c’est l’occasion de renouer d’amitié avec son ancien amant le berger Aminta et évoquer le temps passé. Mais l’amour est ailleurs, et c’est avec une situation plus affirmée, et un autre homme que Sylvia dit adieu à son amour de jeunesse, et par là même à sa vie d’adolescente. La chorégraphie de autorise toutes sortes de réflexion, que ce soit le rôle que joue le groupe dans la formation de l’individu (les chasseresses qui obligent Sylvia à nier Aminta), l’importance du support d’une personne supérieure pour parvenir au même stade que celle-ci (et notamment, combien Diane est nécessaire à Sylvia pour que celle-ci comprenne qui elle est en réalité). Reposant sur le déséquilibre, la chorégraphie travaille sur le tourbillon amoureux, qui fait perdre la tête et annihile toutes les conventions sociales : Sylvia oublie qu’elle se doit d’être fidèle à Diane, et s’abandonne à l’amour. Ceci est admirablement rendu par cinq étoiles national(e) s : est toujours la même adolescente qui ne veut pas grandir, et là où on attendait de la maturité se trouve de l’inexpressivité. est la plus « virile » des femmes du groupe, par sa danse puissante et inspirée, mais contraste son rôle avec cette facette plus intime de la femme qui n’ose pas s’avouer, et essaye de lutter contre la tentation d’Endymion (, tout en finesse). L’Amour, ici véritablement joué par un tour à tour espiègle et maître de la tentation à souhait, est un dieu qui s’amuse avec des sujets qu’il avance sur sa carte du Tendre. Le corps de ballet est efficace, et l’orchestre de l’Opéra de Paris rend bien service quand il joue correctement.

Quelques déceptions quant à la réalisation du DVD, où sont supprimées les scènes (sans musique), qui sont situés avant le début du ballet, et entre les actes. De même, quelques cadrages malheureux auraient pu être évités et le changement trop important de plans nuit à la continuité de l’action. Mais il est vrai que l’épure des décors de ne facilité pas la tâche, et Sylvia est un ballet qu’il est préférable de voir sur scène plutôt que sur un écran. Désormais demeure la curiosité, après de nombreuses reprises de cette version depuis 1997, de voir les versions originales, ou plus récentes, de ce ballet. Il serait intéressant de mettre en parallèle les versions de Léo Staats (1919) d’après Louis Mérante, de (1941), d’Albert Aveline (1946), ou bien encore de Lycette Darsonval (1979), dont les partitions reposent dans les archives de la Bibliothèque Nationale de France au Palais Garnier. Ainsi serait retracé et expliqué le succès de ce ballet qui a inspiré tant de chorégraphes.

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Léo Delibes (1836-1891) : Sylvia. Chorégraphie, Mise en scène  : John Neumeier. Costumes : Yannis Kokkos. Avec : Aurélie Dupont, Sylvia ; Nicolas Le Riche, Amour/Orion  ; Marie-Agnès Gillot, Diane ; Manuel Legris, Aminta  ; José Martinez, Endymion. Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre de l’Opéra National de Paris, Direction musicale : Paul Connelly. Réalisation : Thomas Grimm. Enregistré à l’Opéra National de Paris en mars 2005. 1 DVD TDK DVWW-BLSVA. Livret en anglais, allemand, français. Bonus : entrevue avec les artistes (19 minutes)-sous titres en anglais, français, allemand, espagnol, italien Zones : 0. Durée : 136 minutes.

 
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