Classique Lucia écossaise

La Scène, Opéra, Opéras

Montpellier. Opéra Comédie. 31-V-2006. Gaetano Donizetti (1756-1791) : Lucia di Lammermoor, opéra en 3 actes sur un livret de Salvatore Cammarano. Mise en scène : Nicolas Joël. Décors : Ezio Frigerio. Costumes : Franca Squarciapino. Lumières : Vinicio Cheli. Avec : Laura Aikin, Lucia ; Bülent Bezdüz, Edgardo ; Domenico Balzani, Enrico  ; Mikhaïl Kasakov, Raimondo ; Patricio Saxton, Arturo ; Raphaël Brémard, Normanno ; Christine Tocci, Alisa. Chœur et chœur supplémentaires de l’Opéra National de Montpellier (chef de chœur : Noëlle Geny) Orchestre National de Montpellier, direction : Enrique Mazzola.

Lucia di Lammermoor

L’Opéra de Montpellier conclut sa saison avec une production du Capitole de Toulouse d’un des grands classiques du répertoire belcantiste, l’histoire sombre et désespérée de Lucia di Lammermoor. Mariée contre son gré avec un allié de son frère, elle poignarde son époux dans la nuit avant de sombrer dans la déraison, folie prétexte aux virtuosités vocales.

Lors de la première l’orchestre et les chœurs suivent le même mouvement, font craindre le pire avant de se racheter promptement : l’ouverture désordonnée pour le premier, l’entrée tonitruante pour les seconds sont suivis de prestations intéressantes. L’orchestre donne à entendre des parties de cordes raffinées, la direction est correcte dans l’ensemble.

A défaut d’être exceptionnelle la distribution reste fort convenable. est une honorable Lucia, égarée et hallucinée, au bel canto plutôt sobre et à l’aigu sans reproche. Le duo Lucia / Alisa du premier acte est particulièrement abouti et ce grâce à la présence de dans le rôle d’Alisa. En effet, cette chanteuse que l’on a pu admirer dans Cyrano de Bergerac il y a peu incarne l’élégance, à tous les niveaux. Elégance du chant bien sûr, mais également superbe prestance scénique chez cette mezzo qui a aussi bénéficié d’une formation de comédienne. On s’en aperçoit aisément : son chant irréprochable s’appuie sur un sensible jeu d’actrice. Après son duo avec Lucia elle rejoint les chœurs où subitement on ne voit et n’entend plus qu’elle. Rien d’étonnant pour qui connaît la précision et la beauté de son chant. Domenico Balzani est un très solide Enrico. Ni la projection, ni le phrasé et l’éclat du timbre ne lui font défaut. Bülent Bezdüz est un amant malheureux éploré à souhait, un peu monocorde mais émouvant et juste. Après un suicide bien mélodramatique et peu crédible, – la lame lui effleure le pourpoint et surtout pas de sang -, il meurt en pleine forme vocale… Les chanteurs dans leur ensemble semblent d’ailleurs dans une forme éblouissante tant le volume sonore est important ! et quand les chœurs s’y mettent… mais c’est une technique qui fonctionne : terminez un air en hurlant et vous déclenchez des applaudissements immédiats !

Malgré cette petite réserve, la production toulousaine est de bonne facture. Le spectacle conventionnel ne révolutionne ni l’interprétation belcantiste ni la scénographie mais assure une belle soirée, correctement servie par les chanteurs. La mise en scène de Nicolas Joël est classique et élégante, elle s’inscrit dans un travail d’ensemble avec costumes et décors somptueux, qui, loin des hasardeuses transpositions contemporaines, évoquent une Ecosse gothique un rien stylisée et irréelle. Juste ce qu’il faut en somme.

Crédit photographique : © Marc Ginot/Opéra National de Montpellier

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