Banniere-ClefsResmu-ok

L’esprit libre de Mozart

La Scène, Spectacles divers

Grenoble. MC2. 16-XI-2006. Mozart Short Cuts d’après Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Spectacle conçu par Laurence Equilbey et Macha Makeïeff. Mise en scène : Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps. Décors et costumes : Macha Makeïeff. Lumières : Dominique Bruguière. Conseillère scénographe : Cécile Degos. Direction technique : Daniel Eudes. Avec : Ditte Andersen, Sandrina ; Kamila Benhamza, Zaïde ; Hilde Haraldsen Sveen, La Comtesse Arminda/Aspasia ; Robert Getchell, Gomatz/Le Podestat ; Tuomas Katajala, le Comte ; Angélique Noldus, Ramira ; Konstantin Wolff, Osmin ; Robert Horn, comédien, Le Majordome. Batzdorfer Hofkapelle, conception musicale et direction : Laurence Equilbey.

Mozart short cuts

Après Paris (voir l’article de Michèle Tosi) et Caen, Mozart Short Cuts a enchanté la MC2 de Grenoble. Salle comble pour cette production qui a déjà conquis le public parisien. La qualité des choix artistiques et des prestations vocales a déjà été évoquée sur ce site, et s’est vue confirmée ce 16 novembre à Grenoble. Inutile donc de développer outre mesure sur l’enchantement vocal, l’énergie et la précision instrumentales, sous la baguette de . Evoquons plutôt la fantaisie, l’humour, l’énergie de la mise en scène de ce spectacle. D’aucuns estiment que pour rendre hommage à un maître du passé, il faut se préserver des anachronismes et des digressions presque insolentes. Il est vrai que certaines mises en scène d’opéra qui prennent le parti de placer les personnages dans un contexte actuel ne présentent que peu d’intérêt. Cependant, d’autres ont largement prouvé que l’essentiel, finalement, n’était pas les choix de costumes et de décors, mais plutôt leur cohérence dans une démarche artistique globale. De plus, il ne s’agit pas ici d’un opéra, mais bien d’une création originale à partir d’extraits d’opéras de jeunesse de Mozart. Si l’aventure peut surprendre, voire choquer les puristes, elle n’en reste pas moins un magnifique hommage au compositeur, et surtout laisse la porte ouverte à bien des libertés de mise en scène. Ainsi, le décor représente un hôtel dans le style des années soixante – formes, couleurs et lumières à l’appui. De même, les airs fredonnés par les protagonistes en coulisse, ou lorsqu’ils s’attellent à l’entretien de l’hôtel, ne sont pas de Mozart ; les pas de danse esquissés sont tout ce qu’il y a de plus actuel, plus exactement des plus folklorique ou caractéristique des années 60-70. Il y a ces fenêtres rondes sur lesquelles s’assoient les deux amoureux lorsqu’ils chantent leur duo, scène qui n’est pas sans rappeler Grease ; il y a ce personnage androgyne – la mezzo-soprano , magnifique – qui se glisse sur la scène armé d’un revolver tel les meilleurs James Bond. Du personnel de service qui époussette en harmonie avec les rythmes et mélodies de l’orchestre, à la couverture de survie qui recouvre le corps du Comte (Tuomas Katajala) agonisant, toutes les fantaisies sont permises. Et si la lecture de ce compte-rendu pourrait faire craindre une mise en scène utilisant la musique de Mozart comme simple prétexte à un amusement théâtral, il n’en est rien : on en ressort avec la sensation d’avoir entendu une musique magistralement mais simplement interprétée, dans le plus pur esprit enjoué de l’époque. Magnifique hommage, dont on ressort léger.

Crédit photographique : © Cité de la Musique, Paris

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.