1984, roman futuriste, opéra passéiste

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Lorin Maazel (né en 1930) : 1984. Mise en scène : Robert Lepage ; décors : Carl Fillion ; costumes : Yasmina Giguère ; lumières : Michel Beaulieu ; chorégraphie : Sylvain Emard. Avec : Simon Keenlyside, Winston Smith ; Nancy Gustafson, Julia ; Richard Margison, O’Brien ; Diana Damrau, la professeur de gymnastique / la femme ivre ; Lawrence Brownlee, Syme ; Jeremy White, Parsons ; Graeme Danby, Charrington ; Mary Lloyd-Davies, la femme prolétaire ; Johnnie Fiori, le chanteur des rues ; Jeremy Irons, la voix du télécran. The Demon Barbers : Stephen Douse, Rupert Jennings, Antony Scales, Jeremy Birchall. Cardinal Vaughan Memorial School boy choir, New London children’s choir, Royal Opera Chorus (chef de chœur : Renato Balsadonna), Orchestre du Royal Opera House, direction : Lorin Maazel. Réalisation : Brian Large. 2 DVD Decca 074 3289. Code barre : 44007-43289. Enregistré à Covent Garden en mai 2005. Notice quadrilingue (anglais, français, allemand, italien). Sous-titres : anglais, français, allemand, italien, espagnol. Format image : NTSC 16 : 9. Format son : Stereo & 5. 1. Toutes zones. Bonus : Lorin Maazel analyse son opéra. Durée : 147’.

 

Opéra à grand spectacle, 1984 d’après George Orwell de est avant tout l’œuvre d’un chef d’orchestre. La partition est très riche, opulente. L’orchestration est somptueuse et brillante. L’écriture vocale toujours très respectueuse de l’instrument. Le tout ressemble à Stravinsky mélangé avec Britten, Berg, Mahler, Puccini et Ravel. Le répertoire de donc en tant que chef d’orchestre. Or il officie ici en tant que compositeur, une sorte de retour aux premières amours de sa longue carrière. Autant dire que le style de Maazel compositeur n’a rien de personnel. Le génial directeur d’orchestre n’est pas un créateur de génie. Sa musique ressemble trop à celle de ses illustres prédécesseurs, défaut prévisible de la part d’un jeune compositeur de 75 ans. Mais 1984 est la musique d’un praticien hors pair, d’un technicien parfait de l’orchestre, qui connait toutes les ficelles du métier.

Le spectacle est redoutablement efficace. Très bien écrite pour les voix, la partition, bien que très commune et prévisible, porte un certain souffle épique rehaussé par la mise en scène impressionnante de . L’argument est bien sur simplifié et réduit pour n’en garder que l’essentiel. Les incarnations des personnages sont crédibles, quasiment taillés sur mesure pour chaque chanteur. Le plateau est exceptionnel, mais Lawrence Brownlee bien que doté d’un rôle secondaire emporte l’adhésion dans son unique air. et Nancy Gustafson forment un couple touchant de révoltés. Le paragraphe du travail à la chaîne de la réécriture de l’histoire en « novlangue » est très bien rendu. Chaque scène est séparée par l’image et la voix de Big Brother, tenue par Jeremy Irons, scandant ses slogans démagogues à sa propre gloire. Tout était réuni pour faire une création marquante, sauf la partition…

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