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Aïda entre terre et ciel …

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Dijon, Auditorium. 05-XII-2008. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Aïda, opéra en quatre actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni d’après un canevas français de Camille du Locle sur une intrigue d’Auguste-Edouard Mariette. Mise en scène : Eric Perez ; Assistant de la mise en scène : Damien Lefèvre ; Lumières : Joël Fabing ; Costumes : Jean-Michel Angays. Avec : Manon Feubel, Aida ; Nora Gubisch, Amnéris ; Stefan Louw, Radamès ; Mikael Babajanyan, Amonasro ; Alain Herriau, le roi d’Egypte ; Jérôme Varnier, Ramfis ; Linda Durier, la grande prêtresse ; Christophe Hudeley, le messager. Chœur de l’Opéra National de Montpellier et Orchestre et chœur de l’Opéra de Dijon, direction : Alain Altinoglu.

Ce qui frappe d’emblée le spectateur dans la version dijonnaise d’Aïda donnée vendredi soir, c’est assurément les chaudes couleurs du décor, par ailleurs minimaliste (seules quelques statues très tendance «sarcophages» ou une allusion à un champ…) : tous les tons de jaune auxquels s’ajoutent le blanc et le noir ainsi qu’un bleu rassurant. A ces tonalités de jaunes, il faut ajouter les très esthétiques jeux d’ombres et de lumières de Joël Fabing qui rapprochent parfois certaines scènes de frises égyptiennes antiques. Mais si la référence à l’Egypte était inévitable (comme en témoignent également les costumes sobres de ), la mise en scène d’ s’est également référée à des icônes chrétiennes, la plus belle étant peut-être le caveau dans lequel Aïda et Radamès vont trouver la mort et par là-même, se rejoindre : comme dans un tableau, les deux personnages s’élèvent progressivement de la scène, mis en relief par une irradiante lumière, laissant une Amnéris meurtrie à terre, dans la pénombre. L’élévation et la réunion des âmes par-delà la mort est ici aussi évidente et symbolique qu’émouvante et très belle.

Le jeu demandé aux chanteurs reste dans l’ensemble assez statique, pour une émotion indéniable. L’intériorité était en effet sûrement une constante dans la mise en scène, même si des personnages arrivaient parfois à simuler une danse, à l’instar de , ravissante et émouvante Amnéris à la voix touchante, qui a su faire passer le déchirement intérieur de la fille de Pharaon, rongée par l’amour et la jalousie qui finira d’ailleurs par la perdre. Ses gestes à l’acte I faisaient penser à l’animation d’une frise égyptienne. Stefan Louw, lui, s’est bien imposé dans le rôle de Radamès, à la fois martial et tendre. De même, la voix et la prestance de dans le rôle d’Amonasro ont su convaincre le public.

incarnait un roi d’Egypte avec beaucoup de prestance physique, avec une voix pleine de finesse qui manquait toutefois un peu de puissance. L’interprétation du rôle-titre par n’a pu que faire l’unanimité : une technique vocale impressionnante (Ah ! Ce la aigu attaqué pianissimo…) avec une voix à la fois profonde et touchante, à l’instar du caractère de l’héroïne de Verdi. Une présence indéniable et un rôle assurément taillé sur mesure. Le reste du plateau complétait très bien les rôles importants et les chœurs n’ont pas manqué leur effet, que ce soit dans les passages forte et imposants ou dans les coulisses dans une nuance plus piano… Sans oublier évidemment les célébrissimes trompettes à la fin du deuxième acte, dont on peut regretter cependant quelques dérapages dus sûrement au stress d’être séparées de leurs petits camarades d’orchestre : les six trompettes étaient en effet présentées en deux parties, l’une à droite de la scène, l’autre à gauche, dans les loges. Une spatialisation tout à fait adéquate…

La direction vive et alerte d’, chef invité de l’Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon, a su donner une dimension supplémentaire à l’orchestre de l’Opéra de Dijon qui s’est montré énergique et investi. De très beaux effets pour de très belles pages et, au final… une très belle soirée !

Crédit photographique : © Gilles

Abegg

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Dijon, Auditorium. 05-XII-2008. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Aïda, opéra en quatre actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni d’après un canevas français de Camille du Locle sur une intrigue d’Auguste-Edouard Mariette. Mise en scène : Eric Perez ; Assistant de la mise en scène : Damien Lefèvre ; Lumières : Joël Fabing ; Costumes : Jean-Michel Angays. Avec : Manon Feubel, Aida ; Nora Gubisch, Amnéris ; Stefan Louw, Radamès ; Mikael Babajanyan, Amonasro ; Alain Herriau, le roi d’Egypte ; Jérôme Varnier, Ramfis ; Linda Durier, la grande prêtresse ; Christophe Hudeley, le messager. Chœur de l’Opéra National de Montpellier et Orchestre et chœur de l’Opéra de Dijon, direction : Alain Altinoglu.

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