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Maurice Béjart célébré par l’Opéra de Paris

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Paris, Opéra Bastille. 11-XII-2008. Hommage à Maurice Béjart. Chorégraphies : Maurice Béjart (1927-2007). Serait-ce la mort ? (1970) Musique : Richard Strauss (Quatre derniers Lieder), avec : Nicolas Le Riche, l’homme ; Delphine Moussin, la mort ; Dorothée Gilbert, la jeune fille ; Clairemarie Osta, l’expérience ; Emilie Cozette, la sophistiquée. L’Oiseau de feu (1970) Musique : Igor Stravinsky, avec : Mathieu Ganio, l’Oiseau de feu ; Sébastien Bertaud, l’Oiseau phénix. Le Sacre du printemps (1959) Musique : Igor Stravinsky, avec : Audric Bezard, l’élu ; Stéphanie Romberg, l’élue. Danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris. Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction musicale : Vello Pähn.

Un an après la mort du chorégraphe, l’Opéra national de Paris lui rend hommage dans ce programme en trois ballets, emblématiques de la symbolique béjartienne.

Serait-ce la mort ? créé en 1970 par le Ballet du XXe siècle, mais entré au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris neuf années plus tard, n’est pas une œuvre majeure de , mais elle permet de mettre en valeur cinq très beaux interprètes. A commencer par Nicolas Leriche, prodigieux d’intensité, rappelant par son côté félin et sauvage le Noureev des grands jours. Quatre des femmes qu’il a connu dans sa vie environnent cet homme au seuil de la mort. La jeune fille, incarnée par , offre une transparence juvénile et discrète. L’expérience, dansée par , est une compagne bienveillante et sereine. Emilie Cozette, qui endosse l’habit de la sophistiquée, domine ses camarades d’une présence généreuse. Sans doute la plus béjartienne de toutes, , en blanc, incarne la mort, exhibant sa plastique parfaite avec une grande pureté de lignes, jusqu’au baiser final qui entraîne sa proie vers l’au-delà.

Entouré de jeunes danseurs, est excellent, brillantissime, dans L’Oiseau de feu. Très féminin, fluide et léger, il incarne cependant un volatile auquel manque un brin de folie et de passion. Trop sage ? Sauf lorsque l’animal à l’agonie se consume avant de transmettre son énergie à chacun de ses congénères. L’oiseau Phénix, incarné par , renaît alors de ses cendres dans un puissant déploiement de la symbolique béjartienne. Mais l’extrême jeunesse de la troupe et l’orgueil enthousiaste de lors des saluts donne à ce ballet de presque quarante ans un air de fraîcheur.

Dans Le Sacre du printemps, qui clôt cette soirée d’hommage, le travail du corps de ballet masculin n’est pas encore suffisamment abouti. On y déplore une certaine hétérogénéité, un manque de précision dans les ensembles et les tempi. A nouveau, le caractère juvénile de la troupe emporte dans son élan, malgré les maladresses ou les approximations. Après la désignation de l’élu, surprenant Audric Bezard, le groupe de jeunes gens gagne en intensité donnant sa pleine puissance, tendre et inquiète. Plus impressionnant encore est le corps de ballet féminin, troupe de jeunes vierges fières et effarouchées vêtues de chair. La rencontre finale entre hommes et femmes est toujours d’une grande efficacité, portée par la musique de Stravinsky.

Un peu lasse, l’élue, dansée par , manque d’ampleur et de tenue dans son solo final et ne maîtrise pas suffisamment ses ports de bras. Face à elle, l’élu tend ses muscles comme un bœuf. Leur empoignade finale, surtout dans les portés, a particulièrement besoin d’être répétée. De même que toute la troupe doit revoir ses tempi, où l’on constate du flottement jusque dans les saluts !

Alors que Béjart fait aujourd’hui partie des classiques, la nouvelle génération d’interprètes issue des rangs du doit encore s’emparer de ce répertoire, pour parvenir à le faire sien.

Crédit photographique : Mathieu Ganio dans L’Oiseau de feu ; Emilie Cozette et dans Serait-ce la mort ? © Laurent Philippe

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Paris, Opéra Bastille. 11-XII-2008. Hommage à Maurice Béjart. Chorégraphies : Maurice Béjart (1927-2007). Serait-ce la mort ? (1970) Musique : Richard Strauss (Quatre derniers Lieder), avec : Nicolas Le Riche, l’homme ; Delphine Moussin, la mort ; Dorothée Gilbert, la jeune fille ; Clairemarie Osta, l’expérience ; Emilie Cozette, la sophistiquée. L’Oiseau de feu (1970) Musique : Igor Stravinsky, avec : Mathieu Ganio, l’Oiseau de feu ; Sébastien Bertaud, l’Oiseau phénix. Le Sacre du printemps (1959) Musique : Igor Stravinsky, avec : Audric Bezard, l’élu ; Stéphanie Romberg, l’élue. Danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris. Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction musicale : Vello Pähn.

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