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Cadmus et Hermione par le tandem Lazar/Dumestre, magie à l’état pur !

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Luxembourg. Grand Théâtre. 2-IV-2009. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Cadmus et Hermione, Tragédie lyrique mise en musique en un prologue et cinq actes, sur un poème de Philippe Quinault. Mise en scène : Benjamin Lazar. Chorégraphie : Gudrun Skamletz. Collaboration à la mise en scène : Louise Moaty. Scénographie : Adeline Caron. Costumes : Alain Blanchot. Lumières : Christophe Naillet. Maquillages : Mathilde Benmoussa. Peintures : Antoine Fontaine. Avec : André Morsch, Cadmus ; Claire Lefilliâtre, Hermione ; Arnaud Marzorati, Arbas/Pan ; Jean-François Lombard, Nourrice/Dieu champêtre ; Angélique Noldus, Charite/Mélisse ; Arnaud Richard, Draco/Mars ; Camille Poul, l’Amour/Pales ; David Ghilardi, Le Soleil/Premier Prince Tyrien ; Geoffroy Buffière : Le Grand Sacrificateur/Jupiter ; Romain Champion, Premier Africain/l’Envie ; Vincent Vantyghem, Second Prince Tyrien ; Luanda Siqueira, Junon/Aglante ; Eugénie Warnier, Pallas ; Anthony Lopapa, Second Africain ; Jan Jerœn Bredelwold, Echion ; Elodie Fonnard, l’Hymen ; Brigitte Pelote, Vénus. Danseurs, Chœur et Orchestre du Poème Harmonique (chef de chœur : Daniel Bargier). Direction : Vincent Dumestre.

Après Paris, après Aix-en-Provence, c’est au tour du Grand Théâtre de Luxembourg d’accueillir la merveilleuse mise en scène de Benjamin Lazar pour la tragédie lyrique de Lully et Quinault Cadmus et Hermione.

Rendons tout d’abord grâce à toute l’équipe du Poème Harmonique d’avoir permis au grand public de découvrir cette superbe partition de Lully, une des premières tragédies lyriques françaises à avoir été montée pour le public parisien. Si cet opéra, inspiré des Métamorphoses d’Ovide, n’a pas encore la puissance dramatique des grands ouvrages plus tardifs (Amadis, Armide…), il semble néanmoins assurer une sorte de jonction entre la tragédie lyrique et les comédies-ballets écrites en collaboration avec de Molière. (Rappelons d’ailleurs que c’est avec leur mise en scène du Bourgeois gentilhomme, autre spectacle magique à être resté présent dans les mémoires, que et avaient démarré leur fructueuse collaboration…). On trouvera en effet de nombreux parallèles structurels entre Cadmus et Hermione et le canevas dramatique des ouvrages du grand dramaturge…

On a déjà dit dans ces pages la beauté sidérante du spectacle. Que rajouter encore sur la douceur lumineuse des éclairages à la bougie, sur la somptuosité des costumes, sur la grâce de la chorégraphie, sur la poésie ineffable de la gestuelle, surtout au moment des apparitions des acrobates descendus des cintres. Tant de beauté plastique donne ainsi vie à un langage musical qui n’est pas encore, à ce stade de la carrière de Lully, entièrement dénué de raideur. C’est d’ailleurs cette impossible synthèse entre profusion et rigueur qui semble marquer au mieux le travail des acteurs et des musiciens, tant le spectacle et sa réalisation musicale attestent un contrôle permanent dans ce qui pourrait passer pour un constant vent de folie.

Les interprètes sont tous remarquables dans leur souci de faire vivre une langue plus chantante que jamais, rendue encore plus vivante par l’effort de tous de restituer la prononciation d’époque. Merci donc à toute l’équipe (on ne citera aucun nom, car rarement le mot «équipe» n’aura eu à ce point tout son sens !) pour ce travail qui fait à la fois œuvre de découverte musicale, d’archéologie scénique et théâtrale, tout en procurant à l’auditeur et au spectateur une sensation de plaisir à l’état pur…

Crédit photographique : photo ©

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Luxembourg. Grand Théâtre. 2-IV-2009. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Cadmus et Hermione, Tragédie lyrique mise en musique en un prologue et cinq actes, sur un poème de Philippe Quinault. Mise en scène : Benjamin Lazar. Chorégraphie : Gudrun Skamletz. Collaboration à la mise en scène : Louise Moaty. Scénographie : Adeline Caron. Costumes : Alain Blanchot. Lumières : Christophe Naillet. Maquillages : Mathilde Benmoussa. Peintures : Antoine Fontaine. Avec : André Morsch, Cadmus ; Claire Lefilliâtre, Hermione ; Arnaud Marzorati, Arbas/Pan ; Jean-François Lombard, Nourrice/Dieu champêtre ; Angélique Noldus, Charite/Mélisse ; Arnaud Richard, Draco/Mars ; Camille Poul, l’Amour/Pales ; David Ghilardi, Le Soleil/Premier Prince Tyrien ; Geoffroy Buffière : Le Grand Sacrificateur/Jupiter ; Romain Champion, Premier Africain/l’Envie ; Vincent Vantyghem, Second Prince Tyrien ; Luanda Siqueira, Junon/Aglante ; Eugénie Warnier, Pallas ; Anthony Lopapa, Second Africain ; Jan Jerœn Bredelwold, Echion ; Elodie Fonnard, l’Hymen ; Brigitte Pelote, Vénus. Danseurs, Chœur et Orchestre du Poème Harmonique (chef de chœur : Daniel Bargier). Direction : Vincent Dumestre.

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