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Schubertiades à l’auditorium : de beaux moments musicaux…

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Dijon. Auditorium. 24-I-2010. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n°19 en ré majeur D. 850 ; Trio n°2 en mi bémol majeur op. 100 D. 929. Alain Planès, piano, David Grimal, violon et François Salque, violoncelle.

Festival Schubert à Dijon

Une richissime idée que celle des Schubertiades à Dijon ! En effet, le programme de cette année offrait «10 concerts, 10 rencontres». Des conférenciers venaient compléter ces quatre journées consacrées à Schubert (les 16, 22, 23 et 24 janvier) dont , Jacques Drillon, auteur de Schubert et l’infini (Actes Sud) ou encore le musicologue strasbourgeois spécialiste de Schubert auteur de plusieurs ouvrages sur ce compositeur, Xavier Hascher. Le public a pu se délecter à l’écoute d’œuvres comme Le Voyage d’Hiver, Le Chant du cygne, des pièces pour piano seul à l’instar des Impromptus op. 90 ou op. posthume 142, de sonates ou encore des pièces de musique de chambre comme les trios ou encore le Quintette pour deux violoncelles et la Sonate pour arpeggione… En effet, divers artistes de renom ont défilé sur scène, comme , , , , … et bien sûr , violoniste bien connu du public de l’auditorium puisqu’il est en résidence à Dijon.

C’est d’ailleurs qui donnait la réplique à et dans le célèbre Trio op. 100 en mi bémol majeur. Dès les premières notes de l’Allegro initial, le public est transporté par la magie dynamisante des trois compères. Comme dans l’Allegro moderato du dernier mouvement, la fougue des instrumentistes communique une fougue électrisante. Le lyrisme en tant que tel n’est pas le maître mot de leur interprétation. Aucun débordement, aucun effet accentué. Les thèmes sont chantés, mais on avance à grands pas, parfois même avec une respiration limitée. Rien à voir avec une autre très belle version enregistrée, elle : celle de , Roland Pidoux et Jean-Claude Pennetier (Harmonia Mundi). Ici, le tempo est plus rapide, donnant parfois l’impression d’une course effrénée. Dans le deuxième mouvement, Andante con moto immortalisé à jamais grâce au film Barry Lindon de Stanley Kubrick, les trois complices dynamisent également leur discours : l’aspect douloureux est comme entravé par une énergie vitale qui permet d’avancer malgré tout. Et bien sûr, l’aspect Scherzando du troisième mouvement est parfaitement rendu, de même que le côté dansant, le tout dans un caractère volontaire affirmé. Pendant l’ensemble de l’œuvre, les instrumentistes s’écoutent, se répondent, s’accompagnent avec une précision indéniable. Le seul bémol s’il en est : le piano ouvert en entier qui couvre parfois les magnifiques pianissimos du violoncelle. Pour le reste, l’équilibre entre les instruments a été bien évalué. Et les artistes inspirés de bien transmettre la musicalité à leur public. La fin de ce concert a donc été saluée par une apothéose d’applaudissements pour une salle à moitié remplie (le théâtre n’aurait-il pas été plus intimiste, et donc plus adapté à ce festival ?). Un très beau moment musical, donc ! Ce qui ne fut pas le cas, il faut le dire, dans la première partie où interprétait seul la Sonate n°19 en ré majeur D. 850 de Schubert. En effet, outre le fait que le pianiste ne joue pas par cœur – ce qui n’empêche pas de montrer de la sensibilité comme l’a prouvé éloquemment par exemple dans un autre concert –le texte n’est pas toujours propre, la pédale noie les traits qui perdent, forcément, de leur clarté, les différences d’atmosphères ne ressortent pas assez. En un mot, un moment à oublier, visiblement par manque de travail de l’instrumentiste. Dommage !

Il n’empêche qu’on ne peut que féliciter la programmation dijonnaise de ce genre d’événement festivalier et souhaiter que cela se reproduise à l’avenir. Encore de beaux moments musicaux en perspective !

Crédit photographique : photo © DR

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Dijon. Auditorium. 24-I-2010. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n°19 en ré majeur D. 850 ; Trio n°2 en mi bémol majeur op. 100 D. 929. Alain Planès, piano, David Grimal, violon et François Salque, violoncelle.

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