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Bulles de champagne

La Scène, Opéra, Opéras

Avignon. Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse. 20-II-3010. Johann Strauss Père (1804-1849) et Fils (1825-1899) : Valses de Vienne, opérette en 2 actes et 6 tableaux sur un livret de Mouëzy-Eon et Jean Marietti, couplets de Max Eddy, arrangements d’Eugène Cools. Mise en scène : Jacques Duparc. Décors et costumes : Henry Delannoy. Chorégraphie : Eric Belaud. Lumières : Noël Lemaître. Etudes musicales : Elisabeth Brusselle. Avec : Pauline Courtin, Rési ; Catherine Dune, Comtesse Olga ; Caroline Clin, Pépi ; Wiebke Nolting, Mali ; Marie Simoneau, Tini ; Julie Mauchamp, Franzi ; Catherine Bentejac, la cliente. Mathieu Abelli, Strauss junior ; Philippe Ermelier, Ebeseder ; Raphaël Brémard, Léopold ; Jean-Claude Calon, Prince Gogol ; René Camoin, Strauss père ; Jacques Duparc, Wessely ; Ludovic Crombé, Dreschler ; Jean-François Baron, Dommayer ; Xavier Seince, Le client.
Chœurs de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse(chef de chœur : Aurore Marchand). Ballet de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse (direction : Eric Belaud). Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence (direction : Didier Benetti).

Valses de Vienne

On retrouve dans cette affiche des noms d’autres productions de l’opéra-Théâtre d’Avignon : le chef Didier Benetti a déjà dirigé, et Jacques Duparc déjà mis en scène, l’Auberge du Cheval Blanc et le Chanteur de Mexico ; Eric Belaud a déjà chorégraphié, outre le Chanteur, le Pays du Sourire et la Belle Hélène ; Noël Lemaître a déjà caressé de ses lumières, outre le Chanteur, le Nouvel An 2009 et Les Contes d’Hoffman. Quant aux solistes, le Chanteur a déjà accueilli, en rôle-titre, ; le Chanteur et Véronique, et ; l‘Auberge, elle, (également dans Les Contes d’Hoffmann), Ludovic Crombé et Jean-Claude Calon ; la Belle Hélène, Philippe Ermelier.

C’est dire si l’on se sent en pays de connaissance, comme en famille. L’occasion de partager une bouteille de champagne… Et puisque tous les airs entendus sur scène nous sont familiers, la fête est complète. Les bulles pétillent, on se sent un peu étourdis, et, quelque léger et agréable que soit l’instant présent, il n’est pas certain que le souvenir en demeure impérissable.

Et pourtant si ! Resteront assurément dans nos mémoires le joli timbre cristallin de la délicieuse (Rési), la palette chaleureuse et la virile prestance de (Strauss fils), la réussite de (comtesse Olga) dans le rôle d’excentrique auquel elle est cantonnée, l’ir-ré-sis-ti-ble Jean-Claude Calon (un Prince Gogol désopilant), le jubilatoire (Léopold, nouveau Trissotin), et René Camoin (Strauss père), sociétaire de la Comédie-Française, que nous avons applaudi bien des fois dans des pièces en costume-perruque du Festival de théâtre d’Avignon. Oui, tous ces talents, et les valses étourdissantes, sauveront définitivement cette œuvre de l’indigence du livret, simple prétexte pour réunir les plus belles pages viennoises des Strauss père et fils, et recette assurée pour le programmateur.

Et aussi, soyons honnêtes, sous l’apparente légèreté de l’ensemble, nous nous serons émus de cette douloureuse quête d’identité d’un fils face à l’écrasante célébrité de son père, les deux acteurs assumant une charge émotionnelle toute en sobriété et en élégante retenue.

Et surtout, surtout, surtout, restera, dans un tourbillon à trois temps, cet intemporel «Danube bleu», que Mathieu Abelli ne se lasse pas de reprendre et de reprendre encore, et de faire encore pétiller et de nous faire savourer jusqu’à la dernière bulle !

Crédit photographique : © Cédric Delestrade/ACM-Studio DR

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