Concours, La Scène, Musique symphonique

Deuxième Concours International de Chef d’Orchestre Evgeny Svetlanov, concert des lauréats

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Montpellier. Opéra Berlioz / Le Corum. 15-V-2010. Evgeny Svetlanov (1929-2002) : Tableaux d’Espagne. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 54. Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur op. 36. Aldo Ciccolini, piano. Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon. Daniel Cohen, Christoph Altstaedt, Andris Poga, direction

C’est dans un Corum absolument comble que s’est tenu le concert de Gala de la deuxième édition du Concours International de Direction d’Orchestre . Pour ceux qui n’avaient pas assisté aux épreuves éliminatoires, ce fut l’occasion d’entendre successivement les lauréats désignés par un jury prestigieux, présidé par Vladimir Ashkenazy. Deux œuvres majeures du répertoire et une composition du mythique chef d’orchestre russe pour trois personnalités à part entière qui, à n’en pas douter, seront très vite à l’affiche des plus grandes salles du monde. Sur les 354 «videos» de candidature, seulement 18 ont été sélectionnés pour prendre part aux épreuves de qualification le 10 mai dernier. Deux diplômes de «lauréat» furent également décernés à l’Américain Robert Trevino et au Vénézuélien .

Premier à s’élancer sur scène, Daniel Cohen, 3e du concours, nous offre une prestation élégante et appliquée des Tableaux d’Espagne. Composés par Maestro Svetlanov lui-même, ils résonnent par moment comme une bande originale d’un classique cinématographique, riches en couleurs, imprégnés de senteurs évoquant la péninsule Ibérique. Très à l’aise dans ce répertoire, il s’impose avec sobriété et trouve avec fluidité des climats expressifs et chatoyants notamment dans la première partie de la pièce. Son sens aiguisé du détail n’a semble- t- il pas échappé à Barenboïm ou à Boulez qui l’ont pris sous leurs coupes depuis déjà quelque temps.

Avec ses quatre-vingt cinq printemps, a quelque peu volé la vedette au chef allemand, , deuxième du podium dans un Concerto de Schumann qui s’annonçait sur le papier passionnant. La beauté digitale du jeu du pianiste et le geste technique sont toujours là, ponctués de part et d’autre par de belles envolées poétiques. S’il ne parvient plus à suivre les tempi les plus rapides, prend bizarrement le pas sur un orchestre parfois hésitant et effacé. La vive allure du thème initial se heurte à des ralentis très marqués côté clavier ce qui perturbe terriblement le jeune chef. L’Allegro Affectuoso, envisagé dans une expression «féminine», manqua d’emblée de respiration et ce n’est qu’après la cadence qu’Altstaedt reprend les choses en main. Le deuxième mouvement, bien plus dans le ton, mit tout le monde d’accord sur le choix du tempo mais ces mêmes soucis d’unité se retrouvèrent à nouveau dans le final avec des cordes pianissimi qui font quasiment du «sur place».

Vainqueur incontesté du concours, la prestation du Letton fut étonnante. Il réalise un tour de force avec la difficile Symphonie n°4 de Tchaïkovski. Est-ce dû à ses origines baltes mais plus d’une fois nous pensons à Paavo Järvi en retrouvant par moment certaines caractéristiques de jeu de l’illustre chef notamment son engagement physique total et une maîtrise architecturale de premier plan. Avec une gestuelle ample et fluide, il sait tirer une magnifique sonorité d’un Orchestre National de Montpellier probablement «épuisé» après une semaine éprouvante. Seul petit bémol, un manque de «couleur» dans les passages plus expressifs. A la place de cette rondeur de son et d’un tempo relativement lent, on aurait, par exemple, attendu plus de lyrisme ainsi que de légèreté dans le deuxième mouvement. A l’arrivé cela enlève de la fraîcheur à une partition et la prive de son caractère éminemment joyeux.

Crédit photographique : © Riga Professional Symphonic Band

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Montpellier. Opéra Berlioz / Le Corum. 15-V-2010. Evgeny Svetlanov (1929-2002) : Tableaux d’Espagne. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 54. Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur op. 36. Aldo Ciccolini, piano. Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon. Daniel Cohen, Christoph Altstaedt, Andris Poga, direction

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