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La Bayadère : tout ce que qui est connu

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Paris. Palais Garnier. 20-V-2010. Ludwig Minkus (1826-1917) : La Bayadère, ballet en trois actes. Chorégraphie et mise en scène : Rudolf Noureev, d’après Marius Petipa. Décors : Ezio Frigerio ; Costumes : Franca Squarciapino. Lumières : Vinicio Cheli. Avec : Aurélie Dupont, Nikiya ; Nicolas Le Riche, Solor ; Dorothée Gilbert, Gamzatti ; Alessio Carbone, l’Idole Dorée ; Sabrina Mallem, Muriel Zusperreguy, Sarah Kora Dayanova, Trois Ombres ; Mathilde Froustey, Danse Manou ; Alexandre Gasse, le Fakir ; Richard Wilk, le Grand Brahmane ; et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre Colonne, direction : Kevin Rhodes.

Comme il est surprenant de constater que l’amateur de ballet en revienne toujours à ses premières amours et à ses Etoiles dont il ne pensait plus forcément les voir ensemble, et comme à chaque fois renouvelées, la joie et le surprise des retrouvailles, et malgré tout, du temps qui passe. Cela est flagrant sur cette reprise de La Bayadère, au Palais Garnier, alors que le ballet a vécu pas mal de reprises sur la scène de Bastille. On y retrouve Mlle Dupont, qui décidément parvient à créer depuis quelques saisons une émotion qui est assez éloignée de celle qu’elle créait auparavant. Désormais, au-delà même de son art de la liaison et de la coordination entre ses bras et ses jambes (et ce n’est vraiment pas si fréquent à l’Opéra), se révèlent une chaleur et une décontraction dans ses évolutions, et ce n’est pas sans insouciance qu’elle offre des équilibres sans fin et quand bien même la rigueur de l’en-dehors peine à être tenu, une nouvelle ouverture réflexive se fait jour. Pareillement, , alors qu’il est à un âge auquel, après tant de loyaux services, il pourrait, s’il le désirait, s’abstenir de danser de si exigeants et épuisants rôles. Il n’en est rien. Il y a toujours une flamme vivante et un entrain issus d’une jeunesse qui semble éternelle. On pardonne moins le manque de propreté des préparations, surtout que par ailleurs, il n’y a pas d’exploits techniques véritables (à l’échelle de ce que nombres de danseurs étrangers sont capables de démontrer). En revanche, il est un partenaire de premier ordre, capable de s’accommoder de toutes les difficultés des pas de deux. Mlle Gilbert est, quant à elle, absolument foudroyante. On ne peut que tarir d’éloges cette facilité technique, sa grande cohérence dans la construction du personnage, et, chose nouvelle, une pantomime très riche. En cela, la confrontation entre Nikiya et Gamzatti à la fin du premier acte est anthologique. Et même si l’on peut déplorer la disparition de l’insolence des premières années, devant tant d’impétuosité, la différence avec le rôle de Nikiya dont elle doit assurer la prise de rôle dans cette série n’en sera que d’autant plus captivante.

Toutefois, il est peu compréhensible de ne pas voir Mlle Froustey dans un des rôles principaux, et elle doit écoper d’une ravissante, mais courte danse Manou (et bien en-deçà de ses capacités), ainsi que Mlle Dayanova (qui est d’un mœlleux que l’on attribuerait volontiers à l’Ecole Russe), dont la stagnation au sein du Corps de Ballet reste énigmatique. , dans une approche terrienne de la divinité qu’il incarne, est d’une vaillance qui force le respect. Le Corps de Ballet est, en dépit de nombreuses nouvelles recrues, d’une grande homogénéité et l’Acte des Ombres prouve le talent des répétiteurs. Malgré cela, l’ n’est sans provoquer quelques crispations, et nuit aux moments qui seraient sinon extatiques. Une distribution exemplaire pour un ballet qui retrouve son écrin d’origine : une reprise dont finalement il reste bien des choses à découvrir.

Crédit photographique : ,  ; Corps de Ballet © Sébastien Mathé/ Opéra National de Paris

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Paris. Palais Garnier. 20-V-2010. Ludwig Minkus (1826-1917) : La Bayadère, ballet en trois actes. Chorégraphie et mise en scène : Rudolf Noureev, d’après Marius Petipa. Décors : Ezio Frigerio ; Costumes : Franca Squarciapino. Lumières : Vinicio Cheli. Avec : Aurélie Dupont, Nikiya ; Nicolas Le Riche, Solor ; Dorothée Gilbert, Gamzatti ; Alessio Carbone, l’Idole Dorée ; Sabrina Mallem, Muriel Zusperreguy, Sarah Kora Dayanova, Trois Ombres ; Mathilde Froustey, Danse Manou ; Alexandre Gasse, le Fakir ; Richard Wilk, le Grand Brahmane ; et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre Colonne, direction : Kevin Rhodes.

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