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La Bayadère par le Ballet de Novossibirsk : Namasté

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Paris. Théâtre du Châtelet. 20-VII-2010. Dans le cadre des Etés de la Danse. Ballet de Novossibirsk : La Bayadère, sur un livret de Marius Petipa et Sergueï Khoudekov. Chorégraphie : Marius Petipa (1877). Musique : Ludwig Minkus. Décors : David Monavardisachvili. Costumes : Alexandre Vassiliev. Lumières : Vladimir Loukasevitch. Avec : Diana Vishneva, artiste invitée du Mariinski de Saint-Petersbourg, Nikiya ; Igor Zelensky, Solor ; Anastasia Kolegova, Gamzatti, les solistes et le Ballet du Théâtre Académique d’Opéra et de Ballet de Novossibirsk. Orchestre national d’Île de France, direction : Andreï Danilov (Novossibirsk)

Cette production de La Bayadère par le a obtenu le Golden Mask en 2008. Si elle n’a pas la splendeur et la munificence de la version de l’Opéra national de Paris, elle est néanmoins de très bonne tenue.

On n’écrira jamais assez le charme des toiles peintes, qui ont pourtant disparu de nombreuses productions occidentales. Si le décor du premier acte, planté dans une jungle luxuriante, fait davantage penser à Angkor qu’au sud de l’Inde, les costumes féminins des bayadères, comme ceux des hindous, sont bel et bien d’inspiration indienne. Soieries chatoyantes et saris drapés donnent une vision fidèle de ce drame qui relate les amours contrariées du guerrier Solor et de la danseuse sacrée Nikiya, éliminée par sa rivale Gamzatti, la fille du Rajah Dougmanta. , qui interprète le rôle titre le soir de la première, est très féminine et offre une superbe ligne. Face à elle, en bleu turquoise, – par ailleurs directeur du – ressemble à un prince des films de .

Après ce premier tableau d’exposition, dont la narration est très fluide, le second tableau du premier acte, qui se déroule dans le palais du Rajah, fait se succéder les danses exotiques des suivantes et des bayadères. Danse et pantomine se mêlent, faisant rapidement avancer le récit, jusqu’à l’acmé dramatique de la dispute entre les deux rivales. Fine et altière, qui incarne Gamzatti, revendique un fort caractère, qui met en valeur l’expressivité de sa partenaire.

Les fiançailles de Gamzatti et de Solor enchaînent à vive allure la danse des éventails, avec un bel ensemble, puis la danse des perroquets, avant de laisser la place à Semyon Velichka pour une Idole Dorée manquant de précision dans ses réceptions et à la souriante et espiègle Elena Lytkina, pour une danse «Manou» vive et très enlevée. Si la danse indienne qui suit est menée tambour battant par Konstantin Alexentsey, ses deux comparses ne sont pas à l’unisson dans ce qui ressemble presque à du french cancan !

Morceau de bravoure de cette version de La Bayadère, le Grand Pas d’action entre Solor et Gamzatti est quelque peu précipité, entre les demi-solistes aux épaulements mal maîtrisés, la petite batterie dynamique et les fouettés virtuoses d’ dans le final. La fin de l’acte deux, où se joue le drame – Gamzatti faisant empoisonner Nityia par un serpent dissimulé dans une corbeille – donne lieu à une poignante et sensuelle interprétation de la Bayadère, qui se fait tour à tour dramatique, enjôleuse et déchaînée.

Au début du troisième acte, le rêve de Solor, endormi par les vapeurs de l’opium, lui apparaît de manière fort peu vraisemblable et donne lieu à une transition hasardeuse vers un impressionnant tableau du Royaume des Ombres, expressif et émouvant. Dans cet acte très sobre et d’une grande beauté, Solor se sent revigoré et enchaîne les sauts avec ampleur et légèreté. Face à lui, Nikiya, fière et le regard haut, nous gratifie de ses superbes bras et de ses jambes interminables, de sa taille fine et souple. Etonnante, est capable de danser plusieurs registres, du plus codé au plus sensuel. Elle incarne une magnifique Bayadère, tout droit venue de Saint-Petersbourg. A l’exception d’Anastasia Kolegova, il est dommage que les solistes du Ballet de Novossibirsk choisies pour cette première aient été d’un moins bon niveau, et aient relâché la nécessaire exigence de précision dans les pieds et les bras que l’on est en droit d’attendre dans une œuvre du répertoire. La fatigue de cette épuisant séjour parisien, peut-être ?

Crédit photographique : Semyon Velichka (L’Idole dorée) © DR

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Paris. Théâtre du Châtelet. 20-VII-2010. Dans le cadre des Etés de la Danse. Ballet de Novossibirsk : La Bayadère, sur un livret de Marius Petipa et Sergueï Khoudekov. Chorégraphie : Marius Petipa (1877). Musique : Ludwig Minkus. Décors : David Monavardisachvili. Costumes : Alexandre Vassiliev. Lumières : Vladimir Loukasevitch. Avec : Diana Vishneva, artiste invitée du Mariinski de Saint-Petersbourg, Nikiya ; Igor Zelensky, Solor ; Anastasia Kolegova, Gamzatti, les solistes et le Ballet du Théâtre Académique d’Opéra et de Ballet de Novossibirsk. Orchestre national d’Île de France, direction : Andreï Danilov (Novossibirsk)

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