Banniere-ClefsResmu-ok

Michel Plasson et l’amour de l’opéra français

À emporter, CD, Opéra

Michel Plasson et l’opéra français. Georges Bizet (1838-1875) : Carmen, opéra en quatre actes sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy d’après Prosper Mérimée : Angela Gheorghiu, Roberto Alagna, Inva Mula, Thomas Hampson) ; Les Pêcheurs de perles, opéra en 3 actes sur un livret d’Eugène Cormont et Michel Carré : Barbara Hendricks, John Aller, Gino Quilico. Léo Delilbes (1836-1891) : Lakmé, opéra en 3 actes sur un livret d’Edmond Gondinet et Philippe Gille : Natalie Dessay, Gregory Kunde, José Van Dam.Charles Gounod (1818-1893) : Faust, opéra en 5 actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré d’après Gœthe : Cheryl Studer, Richard Leech, José Van Dam ; Mireille, opéra en 5 actes sur un livret de Michel Carré d’après Frédéric Mistral : Mirella Freni, Alain Vanzo, José Van Dam ; Roméo et Juliette, opéra en 5 actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier : (I) Alfredo Kraus, Gatherine Malfitano, José Van Dam ; (II) Roberto Alagna, Angela Gheorghiu, José Van Dam, Simon Keenlyside. Albéric Magnard (1865-1914) : Gercœur, tragédie lyrique en 3 actes sur un livret du compositeur : Hildegard Behrens, José Van Dam. Jules Massenet (1842-1912) : Don Quichotte, comédie héroïque en 5 actes sur un livret d’Henri Cain d’après Jacques Le Lorrain : Teresa Berganza, José Van Dam, Alain Fondary ; Hérodiade, opéra en 4 actes sur un livret de Paul Milliet et Henri Grémont : Cheryl Studer, Nadine Denize, Ben Heppner, Thomas Hampson, José Van Dam ; Manon, opéra-comique en 5 actes sur un livret d’Henri Meilhac et Philippe Gille d’après le roman de l’abbé Prévost : Ileana Cotrubas, Alfredo Kraus, Gino Quilico, José Van Dam. Jacques Offenbach (1819-1880) : La Belle Hélène, opéra-bouffe en 3 actes sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy : Jessye Norman, John Aller, Charles Burles, Gabriel Bacquier ; Orphée aux enfers, opéra-féerie en 4 actes sur un livret d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy : Mady Mesplé, Michel Trempont, Charles Burles, Michel Sénéchal ; La Périchole, opéra-bouffe en 3 actes sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy : Teresa Berganza, José Carreras, Gabriel Bacquier ; La Vie Parisienne, opéra-bouffe en 4 actes sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy : Régine Crespin, Mady Mesplé, Michel Sénéchal, Michel Trempont. Albert Roussel (1869-1937) Padmâvatî, opéra-ballet en 2 actes ; poème de Louis Laloy : Marilyn Horne, Nicolaï Gedda, José Van Dam. Orchestre national du Capitole de Toulouse, direction Michel Plasson. Coffret de 38 CD EMI 5099963636321 code barre 1 099963 636321. Enregistrements 1976-2002 à la Halle aux grains de Toulouse. Notice de 70 pages en français et anglais.

 

Espéré après une première publication symphonique majeure en 2010, EMI vient de nous restituer en un coffret de 38 CD l’essentiel des opéras français enregistrés par avec l’orchestre et le chœur du Capitole entre 1976 et 2002.

Quelle aubaine ! Au moment où EMI risque d’être avalé avec son fabuleux catalogue par le monstre Universal, voici cette boîte recelant la quintessence de l’opéra  français, défendue envers et contre tout pendant près de quatre décennies par et Son orchestre du Capitole, dont il fit l’un des meilleurs de France. C’est un beau pied de nez, peut-être déjà nostalgique, à la standardisation culturelle d’une mondialisation, qui nous engloutit déjà.

Ces quinze opéras constituent un legs artistique incomparable, fruit d’une collaboration exceptionnelle entre un chef, une phalange dont il a façonné le son pendant plus de trois décennies, un chœur, la crème des chanteurs lyriques sur plusieurs générations et un label, qui pouvait alors s’enorgueillir d’une véritable politique artistique. On comprend moins la politique actuelle dudit label, qui rééditait il y a deux mois, en version économique, l’unique mais magique Gercœur de Magnard.

Le voyage commence par le dernier opus de la série, cette mémorable Carmen avec le couple de légende et , que l’on retrouve dans Roméo et Juliette de Gounod, le seul opéra doublé de la série où deux générations de chanteurs mythiques se succèdent à dix ans d’écart. En 1984, on trouve les  sublimes , Catherine Malfitano et , qui conservera son emploi de Frère Laurent dans la version de 1995 avec le couple précédemment cité.

Les incontournables opéras-bouffe d’Offenbach Orphée aux enfers, La Belle Hélène, La Périchole et La Vie parisienne ont renouvelé l’approche de ces ouvrages légers, alors méprisés des grands chefs, avec le coup de génie de confier les quatre rôles principaux aux plus grandes voix de l’époque : en Hélène, Mady Mesplé en Eurydice, en  Périchole et en Metella de La Vie Parisienne. On craignait que ces enregistrements n’aient quelque peu vieilli après les Gardiner et autres Minkowski, mais il n’en est rien tant les rôles sont habités et l’orchestre somptueux et incandescent.

On y trouve les plus classiques et néanmoins rares Pêcheurs de perles de Bizet, Faust et Mireille (qui n’intéressait personne en 1979) de Gounod, Lakmé de Delibes ou Manon de Massenet.

Pendant ces trois décennies, Michel Plasson s’est attaché à défendre avec passion ce répertoire qu’outre quelques ouvrages ressassés, on entendait peu ailleurs. C’est ainsi que cette boîte vaut surtout par des raretés, superbement interprétées qui n’encombrent ni nos scènes nationales, ni les bacs des disquaires comme Hérodiade ou Don Quichotte de Massenet, mais surtout Guercœur d’ ou Padmavatî d’.

Avec un orchestre somptueux aux sonorités ciselées, les distributions sont superlatives et l’on retrouve les plus belles voix de la période qui ont fait le bonheur des scènes toulousaine et internationales : , , Mady Mesplé, , , , , Jessie Norman Nicolaï Gedda, , , ,

On regrette toutefois un certain manque de soin éditorial, qui nous prive évidemment des livrets, mais surtout des synopsis de chaque ouvrage avec un unique texte de présentation général de Michel Parouty, heureusement traduit en anglais. La notice nous détaille heureusement les plages de chaque disque avec la distribution de chaque ouvrage assortie du visuel de l’enregistrement original. Mais quelques pages de plus présentant au moins le synopsis des opéras, voire un CD bonus avec les livrets auraient été les bienvenus dans une publication de cette nature.

On peut aussi regretter qu’EMI ne soit pas allé tout à fait au bout de l’aventure en proposant à Michel Plasson d’enregistrer Les Troyens, Pélléas et Mélissande ou Le Dialogue des Carmélites, qu’il dirigeait si bien dans la fosse toulousaine et ailleurs.

Ces réserves mineures posées, il va de soi que cette boîte est hautement recommandable et se doit de figurer dans la discothèque de tout honnête homme, qui ne posséderait pas encore ces opéras.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.