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Anne-Catherine Gillet, magnifique Juliette à Tours

La Scène, Opéra, Opéras

Tours. Grand Théâtre. 27-I-2013. Charles Gounod (1818-1893) : Roméo et Juliette, opéra en 5 actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Mise en scène : Paul-Emile Fourny. Décors : Emmanuelle Favre. Costumes : Dominique Burté. Lumières : Jacques Chatelet. Avec : Florian Laconi, Roméo ; Anne-Catherine Gillet, Juliette ; Marie Lenormand, Stephano ; Doris Lamprecht, Gertrude ; Jérôme Varnier, Frère Laurent ; Marcel Vanaud, Capulet ; Christophe Berry, Tybalt ; Ronan Nédélec, Mercutio ; Jean-Philippe Biojout, Duc de Vérone. Chœurs de l’Opéra de Tours (direction : Emmanuel Trenque), Orchestre Symphonique Région Centre Tours, direction : Jean-Yves Ossonce.

L’un des principaux attraits de cette nouvelle production tourangelle de Roméo et Juliette était la prise de rôle en Juliette d’. Depuis ses premiers pas dans la troupe de l’Opéra Royal de Wallonie à la fin des années 90, la soprano belge a en effet construit sa carrière avec une grande sagesse et un succès certain. Après une entrée en scène légèrement tendue, elle nous impressionne au fil des actes tant par sa virtuosité qui lui permet une valse cristalline et sublime, que par sa délicate musicalité et sa science des demi-teintes. Elle partage avec l’ensemble de ses partenaires une diction de qualité et ne recherche jamais l’effet ; au contraire, elle nous séduit par son naturel et sa sincérité, et l’on croit de bout en bout à son personnage. Il n’y a aucun doute : s’inscrit d’entrée parmi les meilleures Juliette de sa génération.

ne manque pas d’atouts : le timbre séduit, l’aigu est fier et le répertoire français de demi-caractère lui va comme un gant. C’est sans aucun doute un très bon Roméo mais face à une telle partenaire, son interprétation assez démonstrative et légèrement avare de nuances, pâlit quelque peu. Ce n’est pas un hasard si les moments où il consent avec succès à alléger sa voix sont les duos avec Juliette. A l’exception d’un , appelé à remplacer et dont le métier ne parvient plus à compenser l’usure des moyens, les seconds rôles donnent satisfaction avec mention à Jérôme Varnier en Frère Laurent.

Nous savons les affinités de et de sa phalange avec le répertoire français. Elles sont confirmées ici dans une lecture brillante mais attentive aux chanteurs. Une nouvelle fois, nous sommes impressionnés par la précision rythmique du chef, et nous succombons à la sensualité de l’accompagnement d’Ange adorable. Les chœurs, parfaitement disciplinés, ne sont pas en reste, et apportent leur écot à une matinée très réussie sur le plan musical.

La mise en scène de nous apporte en effet moins de satisfactions. Son auteur a du métier, c’est incontestable, et son travail reste lisible et décent. Pour autant, nous n’y trouvons rien de saillant, quelques tentatives de stylisation tombant à plat à l’image du ralenti cinématographique de la marche nuptiale où d’une inutile distance entre les deux protagonistes au cours du cinquième acte. Qu’importe ! Comme Roméo, nous n’avions d’yeux que pour Juliette.

Crédit photographique : (Juliette) (Roméo) (Gertrude) © François Berthon

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