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Kaguyahime à l’Opéra de Paris : vers le néoclassique

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Paris. Palais Garnier. 3-I-2013. Kaguyahime, ballet en deux actes. Chorégraphie : Jiří Kylián. Scénographie et lumières: Michael Simon. Musique : Maki Ishii. Costumes : Ferial Simon, Joke Visser. Avec : Alice Renavand, Kaguyahime ; Hervé Moreau : le Mikado ; et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Kodō, gagaku et ensemble de percussions invité, direction : Michael de Roo.

Créé en 2010 à l’Opéra de Paris, la reprise du ballet inspiré du conte japonais de la princesse lunaire Kaguyahime fait suite à l’annonce du successeur de l’actuelle directrice de la danse, Brigitte Lefèvre, qui sera à la fin de la saison 2013-2014 Benjamin Millepied. Après une série de Don Quichotte qui laisse perplexe, la nomination d’une figure de la danse néoclassique outre-Atlantique présage d’une certaine manière l’orientation que la compagnie va connaître dans les saisons à venir.

Avec ce ballet de créé en 1988, la compagnie laisse éclater la veine dans laquelle se trouve le compromis entre le si baroque et si national Noureev et le contemporéanisme à tout crin de chorégraphes un peu trop sérieux, et dans lequel il semblerait que les personnalités des membres de la troupe peuvent s’épanouir assez légitimement, en étant aimé et du public et de la direction de l’Opéra.

En effet, il semble que toute la compagnie dansant sur scène (une autre partie de la troupe présentant des œuvres bien françaises sur le sixième continent) trouve un peu plus de plaisir à donner une œuvre où, sur un canevas narratif onirique, chacun des participants est doté d’une réelle personnalité. Même les villageois(es) ont leur moment d’exaltation de joie (dans la troisième scène de la première partie), quand les éléments semblent comme se déchaîner dans le combat dans la scène suivante. Désormais à Garnier (quand la création était à Bastille), le ballet s’arme d’une consistance plus resserrée, où chaque espace bénéficie d’une place suffisante où le vide n’est pas. Lunaire et aride, la composition musicale inspire une clairement dans son élément, ailleurs, impavide et étrangère aux autres. La grande puissance expressive des instruments japonais trouve son pendant dans la grande sérénité des instrumentistes qui font aussi, en un sens, partie de la scénographie.

Reprise illuminant d’une pâle solitude une saison bien morne, et dont l’avenir laisse douter de l’éclaircie des jours qui brillent.

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Paris. Palais Garnier. 3-I-2013. Kaguyahime, ballet en deux actes. Chorégraphie : Jiří Kylián. Scénographie et lumières: Michael Simon. Musique : Maki Ishii. Costumes : Ferial Simon, Joke Visser. Avec : Alice Renavand, Kaguyahime ; Hervé Moreau : le Mikado ; et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Kodō, gagaku et ensemble de percussions invité, direction : Michael de Roo.

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