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Musiques danoises pour les ballets de Bournonville

Aller + loin, Danse , Dossiers

Dossier inédit que « La série des Danois » qui met en lumière des musiciens souvent méconnus du public français. Rédiger par notre spécialiste de la musique nord-européenne, cette série d’articles va de découverte en découverte. Pour accéder au dossier : La série des Danois

Les chorégraphies proposées aux spectateurs du 19e siècle provoquaient bien souvent un authentique ravissement dont les louanges revenaient presque systématiquement aux danseurs et danseuses, sans oublier le maître de ballet. Le rôle du compositeur demeurait dans une relative discrétion. Un peu comme aujourd’hui lorsque après avoir regardé un film on est souvent bien embarrassé pour décrire la musique qui l’accompagnait (et parfois son rôle, incontournable). Cela n’ôte en rien l’importance cruciale de l’accompagnement musical qui toutefois n’enregistre pas autant de commentaires que les autres acteurs de ces spectacles. Bournonville que nous allons présenter dans le chapitre suivant s’assura néanmoins du concours des plus notables compositeurs de son époque, des créateurs danois de premier plan, qui en dépit des réserves avancées offrirent de belles partitions aux spectacles dansés d’. Si leur réputation posthume intéresse en général d’autres volets de leur catalogue respectif leurs esthétiques ne s’en éloignent pas sensiblement et s’inscrivent dans le style majoritaire utilisé pendant cet Age d’or de la musique danoise, une période faste pour l’ensemble de la culture danoise dominée par un romantisme de qualité hérité des meilleurs apports germaniques classiques et romantiques. Ce sont ces compositeurs que nous allons présenter laissant à d’autres le soin de développer les aspects techniques de la danse et du travail chorégraphique.

Toutes ces partitions n’auraient pas vu le jour sans la stimulation exercée des années durant par , authentique architecte de ces spectacles qui firent sa gloire mais aussi celle des ballets danois et des danseurs qui atteignirent un très haut niveau de réalisation artistique dont l’impact retentit sur une bonne partie de l’Europe.

Auguste Bournonville naquit à Copenhague le 21 août 1805. Son père, Antoine Bournonville (1760-1843) descendait d’une famille française où l’on comptait plusieurs acteurs. C’est à Lyon que ce dernier nait et c’est à Vienne que plus tard il se forme auprès de Georges Noverre (1727-1810), le grand réformateur de la danse. Après avoir travaillé un temps à Stockholm il se fixe à Copenhague en 1792 au Théâtre royal de la ville, avant de succéder en 1816 à Vincenzo Galeotti (1733-1816) comme maître de ballet. Galeotti avait été maître de ballet et chorégraphe principal du Ballet royal danois de 1775 à 1816.

Très tôt Auguste est attiré par le ballet et sa formation première provient du Théâtre royal danois où il reçoit l’enseignement de l’Italien Vincenzo Galeotti et de son père. Son premier contrat avec le Ballet du Théâtre royal comme étudiant est signé en 1811.

Sa première apparition sur scène date du 2 octobre 1813, année de la naissance de Richard Wagner et de Giuseppe Verdi, dans le modeste rôle d’un roi viking dans l’œuvre de Galeotti, Lagherta, premier ballet reposant sur un thème nordique. Sa carrière est lancée et il se fait remarquer dans d’autres rôles dansés, par ses lectures nombreuses, par son apprentissage du français, par son travail sur le violon et ses capacités de chanteur avec sa voix de  soprano, il étudie aussi la déclamation avec des acteurs confirmés.

Encore élève danseur dans les ballets de Galeotti  il danse sur de la musique de Claus Schall. En 1816 Galeotti meurt et Antoine Bournonville, son père, le remplace en tant que directeur.

Ses débuts d’acteur se situent en 1919 dans Le Petit berger (The Little Shepherd Boy) d’après le littérateur danois Adam Oehlenschläger. Son premier séjour d’étude à Paris, accompagné par son père, date de 1820 tandis que ses débuts à Copenhague comme apprenti au Théâtre royal se produisent dans un divertissement chorégraphique de son père (1821).
En 1824 il est admis à l’école de danse de l’Opéra de Paris sous l’autorité du fameux Auguste Vestris (1760-1842) et dans le même temps il reçoit les précieux conseils du non moins réputé Pierre Gardel (1758-1840). Lors de l’achèvement de ses études on le déclare apte à danser à l’Opéra où il est intégré parmi les solistes. Il y exerce son art entre 1824 et 1829 et danse en compagnie de la célèbre Marie Taglioni (1804-1884) au sein du Ballet de l’Opéra de Paris. Ses débuts véritables à Paris ont lieu en  1926 dans le pas de trois du ballet Nina ou la Folle par amour de Louis Milon. Engagé comme doublure, cette position ne convient pas à ses ambitions,  ce qui le conduit à rentrer à Copenhague en 1829 en tant que maître de ballet au Théâtre royal. On l’apprécie également comme danseur invité dans ce même établissement.

Sa carrière de danseur va durer une bonne vingtaine d’années. On a dit qu’elle commence dans Ninon ou la Folle par amour à l’Opéra de Paris ; elle s’achèvera  avec ses adieux au Théâtre royal de Copenhague en 1848 (il a 43 ans) dans le rôle-titre de son propre ballet Waldemar.

Bournonville se maria (1830), eut sept enfants et vécut semble-t-il une vie de famille heureuse en dépit d’une activité publique extrêmement active.  C’est à cette époque que son engagement officiel au Théâtre royal se concrétisa pour longtemps (1830-1848) comme danseur soliste, maître de ballet et professeur de danse à la Cour royale. Un contrat de sept ans fit suite à celui-ci  comme maître de ballet et metteur en scène de spectacles lyriques. Après deux années passées à Vienne (1854-1856), il signe à Copenhague pour cinq ans encore. Puis il est nommé directeur artistique du Théâtre royal de Stockholm en 1861 et revient encore dans sa ville natale où il travaille par intermittence entre 1865 et 1877.

Sa dernière prestation à Paris comme danseur se déroule en 1834 (il est accompagné de son élève surdouée de 14 ans, Lucile Grahn, promise à une très brillante carrière) dans le ballet de Jean Aumer La Somnambule. Il assiste à l’exécution de La Sylphide chorégraphiée par  Filippe Taglioni.

Après ses débuts à Copenhague (cf. infra) il est engagé comme invité au Théâtre royal de Stockholm (1839) puis au Théâtre de Christiania d’Oslo l’année suivante.

En 1841 il s’exile pendant six mois pour avoir interpelé le roi lors d’une représentation. Il part à Paris et en Italie et se produit à Milan et Naples. Il en ramène de nombreuses idées pour son prochain ballet Napoli  qui sera créé en 1842, année où il met en scène un premier opéra : les Noces de Figaro de Mozart.

En 1847 il est invité à danser à Stockholm, il visite Paris, publie le premier volume de ses mémoires (Ma vie au théâtre).

Il revient  au Théâtre royal de Copenhague avec un contrat de sept ans comme directeur artistique pour les ballets et metteur en scène pour les opéras. Après plusieurs créations à Copenhague (cf. infra) il est chorégraphe invité à Vienne (au Théâtre  Kärnthnethor) en 1854. L’année suivante il y présente des versions révisées d’Abdallah et de Napoli.

En 1856 il renouvelle pour cinq années son contrat à Copenhague tout en apparaissant sur invitation à Stockholm (1857 et 1858) puis accepte un engagement en 1861 au Théâtre royal de Stockholm pour trois saisons comme directeur artistique.

A partir de 1868 il sera engagé ponctuellement à Copenhague au cours des huit années suivantes.

Bournonville réalise en 1870 la mise en scène et la chorégraphie, pour la première fois au Danemark, de l’opéra Lohengrin de Richard Wagner.

Il assure la mise en scène des Maîtres chanteurs de Nuremberg du même  Wagner, à Copenhague en 1872. Et ce sera au tour de  Tannhäuser en 1875. Tout cela en collaboration avec le grand défenseur de la musique de Richard Wagner que fut son compatriote .

Lorsqu’il visite la Russie (Saint-Pétersbourg et Moscou) il rencontre le danseur et chorégraphe français Marius Petipa (1818-1910). Puis il se rend à Vienne, Venise, Milan, Florence, Rome, Naples et Paris. Nous sommes en 1874 et l’artiste va bientôt fêter ses 70 ans.

En 1877 Bournonville se retire comme directeur artistique du Ballet  royal danois. Il se rend au Théâtre royal pour la dernière fois le 28 novembre 1879 pour y regarder les débuts du maître de ballet  Hans Beck (1861-1952), futur directeur artistique des lieux pour les ballets.

Après une brillante carrière, Auguste Bournonville s’éteint le 30 novembre 1879 dans la rue en se rendant à son domicile après avoir quitté l’église.

Son immense talent et sa longévité lui permirent de former plusieurs générations de danseurs et dix directeurs de théâtre, brillante carrière durant laquelle il fut au service de trois rois.

Sa réputation extra-scandinave ne s’imposera véritablement qu’après la Seconde Guerre mondiale.

Bournonville possédait un esprit très musical et dans le cadre de son travail de chorégraphe savait parfaitement ce qu’il voulait pour permettre aux danseurs d’exprimer ses conceptions. Ainsi, une fois en orbite sur sa lancée créatrice voulut-il choisir des compositeurs pour chaque ballet, voire souvent pour chaque partie de ballet, réquisitionnant s’il le fallait plusieurs musiciens pour une même œuvre. Par la précision de ses conceptions il sut stimuler ses musiciens qui furent souvent amenés à produire de belles partitions. Il laisse le souvenir d’un directeur autoritaire pour ne pas dire dictatorial. Ses ballets les plus notables reposent sur des musiques originales confiées à plusieurs de ses contemporains. L’union de la danse et de la musique revêtait une grande importance à ses yeux, d’où cette attention précise à apparier avec intelligence les deux pans majeurs de son travail de chorégraphe. La musique sachant véhiculer les émotions, les passions, la sensualité et soulever la danse. Lors de son séjour parisien, Bournonville était allé écouter les symphonies de Beethoven sous la direction de Habeneck.

Le Ballet royal du Danemark fut l’instrument qui permit à Bournonville de concrétiser ses principaux projets. Ses origines se situent en 1748 dans le cadre des activités du Théâtre royal de la capitale danoise. A ses débuts on ne comptait que trois danseurs mais l’arrivée de l’Italien Vincenzo Galeotti en 1775 stimula le développement de l’institution avec la programmation d’une cinquantaine d’œuvres (drames dansés, ballets pantomimes, ballets d’action) jusqu’en 1816. Lagertha (1801) est considéré comme le premier ballet préromantique proposé à la scène danoise. L’arrivée d’Auguste Bournonville conduira à la naissance d’un style chorégraphique original et pérenne. Sous son impulsion la compagnie de ballet allait acquérir une expertise reconnue de par le monde et de nos jours encore largement fêtée avec des ballets présentés sur de nombreuses scènes du monde entier. On lui doit indiscutablement l’introduction du romantisme au Danemark dans un mixte d’influences européennes larges et danoises en particulier. Après le départ du chorégraphe en 1877 la trajectoire de la compagnie n’était pas condamnée, mais c’est là une autre histoire. On précisera qu’en 1979 le chorégraphe Henning Kronstam lancera un Festival Bournonville pour le centenaire de son décès. En 1992 un nouveau volet de ce festival emmené par le directeur Franck Andersen relança l’attention sur l’école de danse danoise notamment en ressuscitant des œuvres totalement oubliées comme Abdallah et La Chanson de Thrym. Le même Andersen en 2005 n’oubliera pas de rappeler artistiquement  le bicentenaire de la naissance d’Auguste Bournonville.

Bournonville  trouva une partie de son inspiration dans les textes d’Adam Oehlenschläger (tragédies inspirées par le Grand Nord), Bernhard Severin Ingemann (romans historiques), Johan Ludvig Heiberg (vaudevilles). Des mythes du Grand Nord il tirera : La Valkyrie  et Le Mariage de Thrym. Ses contacts avec les autres pays stimuleront son travail. L’Italie dans Napoli, l’Espagne dans Toreadoren, la Hongrie dans I Karpatherne, la France dans Conservatoriet. Il évoque le sculpteur Thorvaldsen dans Fête à Albano, les légendes médiévales dans Folkesang.

 

Principaux ballets de Bournonville et leurs parures musicales

Bon nombre, une douzaine en fait,  des 52 ballets de son cru, figure encore au répertoire du Théâtre royal de Copenhague. Il porte pratiquement à lui seul l’Age d’or du ballet danois autour du milieu du 19e siècle. On le considère à juste titre comme l’une des principales personnalités de son époque aux côtés de l’écrivain (1805-1875) et du sculpteur Bertel Thorvaldsen (1770-1844).

A son retour de Paris en 1829 il utilise la musique du compositeur français Ferdinand Hérold (1791-1833)  de 1827 pour La Somnambule (dont le sujet sera repris par Bellini dans son opéra éponyme créé en 1831) pour une version chorégraphique personnelle.

En 1829 toujours, le jeune Auguste Bournonville tout juste âgé de 24 ans présente au public de la capitale danoise pas moins de trois manifestations : un divertissement, un ballet et une pantomime ! Les œuvres suivantes  marquent ses vrais  débuts chorégraphiques.

Nous sommes conscients que cette énumération s’apparente quelque peu à un catalogue, mais il nous semble que les données fournies pourront servir de point de départ à ceux qui souhaiteront explorer davantage cet art sublime du corps.

Le divertissement Gratiernes Hyldning (Hommage to the Graces/ Hommage à l’élégance) s’appuie sur une musique provenant de trois sources distinctes puisque l’on peut y entendre des partitions du Napolitain  Michele Enrico Carafa (à qui l’on doit aussi L’Orgie, 1831), de l’Autrichien Wenzel Robert von Gallemberg (auteur de Brezilia, 1835) et Fernando Sor, compositeur catalan alors âgé de 53 ans, connu aussi pour son célèbre ballet Cendrillon de 1822 et bien sûr pour ses pièces pour guitare). La création se déroule au Théâtre royal de Copenhague le 1er septembre 1829.

Le ballet intitulé Søvngængersken (The Night Shadow/ La Somnambule) en trois actes d’après un ballet de Jean  Aumer (1774-1833) utilise une musique de Ferdinand Hérold. A Copenhague, c’est une chorégraphie de Bournonville qui est dansée au Théâtre royal en création le 21 septembre 1829.

Enfin, la pantomime en un acte Soldat og Bonde (Soldat et Paysan/Soldier and Peasant) fait appel au compositeur et arrangeur danois  Philip Ludvig Keck né en 1790  et marque ses débuts chorégraphiques le 13 octobre 1829.

Sur une musique de Ludvig Zinck les danseurs proposent La Princesse Isabella d’après J.L. Heibert le 29 octobre 1829 dans le même lieu que précédemment.

Bournonville écrit la chorégraphie avec Poul Funck pour un opéra en 5 actes du Français  Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871) composé en 1828 d’après Scribe et Delavigne : Den Stumme I Portici (La Muette de Portici), dans une adaptation de l’écrivain danois Johan Ludvig Heiberg. L’accompagnement musical est confié à Ludvig. Zinck et la création se déroule au Théâtre royal de la capitale danoise le 27 mai 1830.

Quelques mois plus tard, en 1830,  deux autres chorégraphies voient le jour. Deux ballets pantomimes, Hertugen af Vendômes Pager (Les Pages du Duc de Vendôme) en 2 actes d’après Jean Aumer (1774-1833) sur une musique du tchèque Adalbert  Gyrowetz  (1763-1850) composée en 1820 joué au Théâtre royal le 3 septembre 1830 et Paul og Virginie (Paul et Virginie) en 3 actes dansés sur  des notes  de Rodolphe  Kreutzer, compositeur français né en 1766 et décédé en 1831. Paul et Virginie fut créé le 12 juin 1806. Son opéra-comique du même nom avait été présenté à Paris en janvier 1791 dans une chorégraphie initiale de Gardel. La version danoise telle que proposée au Théâtre royal est datée du 29 octobre 1830.

Le Mariage de Victor (Victor’s Wedding ou The Ancestral House). Il s’agit d’une suite à “Soldat et Paysan” ; en danois : Fortsættelse of “Soldat og Bonde”, en un acte sur la musique déjà annoncée de P.L. Keck en 1831. Création : 23 avril 1831 au Théâtre royal.

Le même compositeur et arrangeur P.L. Keck produit la musique pour le ballet romantique en trois actes Faust d’après Goethe (œuvre ayant inspiré tant de compositeurs) élaboré en 1832 et présenté au Théâtre royal le 25 avril 1832. Il semble que ce soit Ferdinand Hoppe qui a créé la danse.  Travail oublié aujourd’hui.

Le ballet idyllique  en un acte Veteranen, eller det Gjæstfrie Tag (Le Vétéran, ou la maison accueillante/The Veteran, or the Hospitable House) de 1833 utilise une musique de L. Zinck et voit le jour au Théâtre royal le 29 janvier 1833. La même année c’est au tour du ballet tragique en cinq actes, auparavant conçu par Vincenzo Galeotti,  Roméo et Juliette (Romeo og Giulietta) de voir le jour dans le même endroit  (2 avril) avec en soutien, et pour la première fois avec une musique due à la plume de Claus Schall.

L’année suivante sur une musique  du violoniste et compositeur de ballets français Louis-Luc Loiseau de Persuis (1769-1818) vient un ballet pantomime en deux actes nommé Nina, eller den Vanvittige af Kærlighed (Nina, ou la Folle par amour) d’après le texte de Nicolas M. d’Alayrac qui lors de sa création en 1831 avait rencontré un fort succès (presque 200 représentations à Paris). La version originale est du Français Louis J. Milon (1765-1849) et l’arrangement de Bournonville fut présenté au Théâtre royal le 30 septembre 1834.

L’année de son trentième anniversaire (1835) Bournonville propose à son public danois deux ballets dansés sur des musiques de son compatriote Johan F. Frøhlich. Un ballet dit idyllique en un seul acte  (créé au Théâtre royal le 6 mars 1835) Tyrolerne (Les Tyroliens/The Tyroleans) (avec des pages de Rossini) et un ballet pantomime romantique en cinq actes intitulé Valdemar dansé toujours dans le même théâtre de la capitale le 28 octobre 1835.

Yelva, L’Orpheline rousse, drame en deux parties de Scribe, de Villeneuse et Desvergers reçoit la musique de Paul Diderich Muth-Rasmussen (1806-1855) ; il est dansé au Théâtre royal le 9 juin 1835.

L’œuvre suivante a beaucoup fait pour asseoir la réputation danoise et internationale de Bournonville : Sylfiden (La Sylphide), le fameux ballet romantique en deux actes dont la musique avait été confiée au très jeune Herman Løvenskiold. Nous sommes en 1836. La Sylphide, inspirée de Philippe Taglioni, reçoit la nouvelle musique de ce jeune créateur de talent  plein de promesses et constitue un splendide exemple de chorégraphie directement inspirée par la France. Il donne au rôle masculin principal, James, que Bournonville dansa lui-même, une magnifique occasion de briller tandis que son élève Lucile Grahn assure le rôle-titre.

L’inspiration principale provient donc du ballet éponyme de Filippo Taglioni  proposé à l’Opéra de Paris le 12 mars 1832 sur un livret d’Adolphe Nourrit, lui-même inspiré par le conte Trilby ou le lutin d’Argail  (1822) de Charles Nodier sur une musique du compositeur français  Jean-Madeleine Schneitzhoeffer. Les principaux protagonistes du ballet étant Marie Taglioni, Joseph Mazilier et Lise Noblet. Le succès est immense et durable. Quatre années plus tard Bournonville propose à Copenhague sa propre version dansée avec une musique nouvelle confiée, donc à . La création danoise se déroule au Théâtre royal le 28 novembre 1836.

Résumé de l’histoire : James, un jeune Ecossais est aimé par une sylphide qu’il est le seul à voir. Mais James est fiancé et le jour de son mariage la sylphide vole l’alliance et s’enfuit dans la forêt. James rencontre alors une vieille sorcière, Magde,  qui souhaite se venger d’un ancien différend. Elle lui offre le voile, empoisonné, destiné à capturer la sylphide, lequel en définitive lui fait perdre ses ailes et sa vie. James, bouleversé aperçoit au  loin son ancienne fiancée qui se marie avec son rival. Il s’effondre terrassé.

Le choix du  baron opéré par Bournonville s’avère très judicieux. Sa musique participe largement au succès de l’entreprise danoise, les espoirs qu’on lui porte quant à son avenir sont immenses mais en vérité sa partition pour La Sylphide sera et restera sa principale réalisation aux yeux de la postérité. La musique qu’il propose ne manque pas de belles tournures mélodiques et de qualités expressives dramatiques efficaces. Ses capacités « descriptives » se marient merveilleusement au déroulement de l’histoire. Son écoute couplée au ballet lui-même fait merveille aujourd’hui encore et la beauté de la musique s’impose avec ses variations d’intensité, de rythmes et de dramatisme mélodique. Danse et musique contribuent fortement à l’irruption du ballet romantique. Les danseuses y acquièrent une importance accrue, auparavant étouffée par la prééminence des danseurs.

Le baron fournit une des plus belles musiques de ballet de toute la carrière de Bournonville avec ses nombreux numéros : une Ouverture suivie de 7 numéros pour l’acte I et 8 pour l’acte II. Le déroulé de l’argument débouche directement sur la succession des parties musicales, fort bien conçue, où un large éventail de traits musicaux continue de ravir les auditeurs depuis la création et pratiquement sans discontinuer jusqu’à nos jours. L’atmosphère tour à tour festive, lyrique et dramatique vit et impressionne avec les nombreux numéros variés qui sans audace mais avec une grande efficacité servent les rebondissements de cette histoire où la réalité et la magie entretiennent de complexes relations, où l’amour et la haine se côtoient intimement, où les caractères humains s’exposent dans leur immuable authenticité. L’ensemble dure environ 70 minutes et demeure hautement représentatif du meilleur aspect  musical dédié à ce ballet sérieux des plus typiques du compositeur et du chorégraphe.

Le chorégraphe fait preuve d’une assiduité au travail assez étonnante avec dès 1837 un nouveau ballet pantomime reposant sur des arrangements de L. Zinck. Il s’agit d’une pièce en trois actes baptisée Don Quixote ved Camachos Bryllup (Don Quichotte au Mariage de Camache, de Cervantès/Don Quixote at Camachos’s Wedding) et créée au Théâtre royal le 24 février 1837.

1838 voit la création de deux chorégraphies. Herthas Hoffer (L’Offrande d’Herta/Hertha’s Offering), un divertissement allégorique avec une musique arrangée par Frøhlich (création au Théâtre royal le 29 janvier 1838) et Fantasiens ø eller fra Kinas Kyst (L’Ile de rêve/Isle of Phantasy), ballet romantique en deux actes et un tableau final requérant des musiques empruntées à divers compositeurs : J.F. Bredal, J.P.E. Hartmann, Ed. Helsted, H. Løvenskjiold, H.S. Paulli, L. Zinck (création du 28 octobre 1838 au Théâtre royal).

Festen i Albano ((Fête à Albano/The Festival in Albano), ballet idyllique de 1839 en un acte utilise une fois encore des pages réussies  de J.F. Frøhlich. Création au Théâtre royal le 28 octobre 1839.

On retrouve la  musique de ce  dernier mais également des pages dues à (avec aussi  des arrangements réalisés par ces deux musiciens) dans le prologue pantomime en un acte qu’est Fædrelandets Muser (Les Muses de la Patrie/National Muses) le 20 mars 1840 au Théâtre royal 1840.

La même année, c’est à son contemporain et compatriote  le compositeur Edvard Helsted qu’il fait appel pour accompagner son ballet idyllique en deux actes Toreadoren (Le Toréador/The Toreador) au Théâtre royal le 27 novembre 1840. Bien plus tard, en 1929,  une nouvelle instrumentation de F. Hemme (1871-1961) viendra enrichir la partition.

Autre grande et franche réussite, Napoli, le pêcheur et sa femme (Napoli, eller Fiskeren og Hans Brud /Naples, or the Fischerman and His bride), ballet romantique (en trois actes) de 1842 sur des musiques de H.S. Paulli, E. Helsted, N.W. Gade et H.C. Lumbye. Création à Copenhague au Théâtre royal, le 29 mars 1842.

Napoli est encore donné de nos jours, soit dans son intégralité soit le seul troisième acte très animé et joyeux avec sa pétulante tarentelle et son finale, un galop enlevé, confié au très populaire Hans Christian  Lumbye.

La genèse de Napoli mérite d’être rappelée. Lors d’une représentation au Théâtre royal du ballet Le Toréador une cabale vient chahuter la prestation de Bournonville. Après que ce dernier se soit adressé directement au roi afin de savoir s’il souhaitait que la représentation continue ou s’arrête, il tombe en disgrâce et est renvoyé sans solde pour une durée de six mois. Comme tant d’artistes scandinaves il se rend en Italie et déguste avec gourmandise l’exubérance de la vie italienne, notamment à Naples où il reste plusieurs semaines. Les tableaux du quotidien ou des festivités le marquent profondément ; il saura les restituer dans son ballet Napoli, son chef-d’œuvre typique du romantisme danois, néanmoins imprégné d’optimisme. Le succès lors de la création confirma l’impact sur la société danoise de l’époque. De nombreuses représentations continuèrent à régaler le public puisque entre 1842 et 2011 on ne compte pas moins de 856 représentations au Théâtre royal danois !

Thème de Napoli : c’est l’histoire de Teresina, une jeune italienne qui tombe amoureuse du pêcheur Gennaro. Après diverses péripéties on assiste au mariage des amoureux.

Les couleurs de l’Italie, son soleil, son mouvement permanent, son dynamisme imprègnent ce ballet plein de vie et de bonne humeur.

C’est à pas moins de quatre créateurs de musique que Bournonville confia la musique de Napoli,  leur insufflant avec suffisamment d’indications l’atmosphère vécue qu’il voulait restituer pour son œuvre chorégraphique majeure : Edvard Helsted et pour les premier et troisième actes, pour le second.  Ce dernier y développe une mélodie populaire de l’époque, La Mélancolie, composée par le violoniste virtuose François Henri Prume et que l’on retrouve dans l’épisode de la Grotte bleue.

Ainsi perçoit-on, imaginées ou restituées,  des mélodies proches du bel canto, des airs folkloriques traditionnels et des danses de type tarentelle. Dans l’acte I on entend des arias du Barbier de Séville de Rossini mais aussi la mélodie populaire Te voglio ben assai ; dans les deux premiers actes on retrouve l’hymne latin O Santissima. Ce n’est que plus tard qu’il fera appel à pour écrire le Galop final.

Napoli brille par sa joie de vivre sous le chaud soleil de l’Italie en dépit d’une histoire d’amour triangulaire comme il se doit mais finalement fort sympathique, le tout soutenu par cent minutes de musique réparties sur trois actes comportant une introduction et respectivement 6, 9 et 4 numéros de longueurs inégales pour lesquels les compositeurs fournissent des musiques entraînantes, parfois étourdissantes et frivoles, souvent superficielles et agiles, voire également à l’occasion, mais assez brièvement,  solennelles et tristes.

On a pu critiquer la longueur des pantomimes des premier et second actes regrettant que la danse n’apparaisse vraiment que dans le dernier acte. Est-il pertinent de comparer la musique aux apports plus homogènes d’un Tchaïkovski ou d’un Glazounov ? Ce n’est pas impossible mais la grande réussite de Bournonville n’est-elle pas d’avoir su mêler toutes ces sources au profit d’un tableau très réussi de la vie idyllique et insouciante d’une société idéalisée de Naples.

On a donné à Paris (Palais Garnier) en 1976 le Divertissement de l’acte III de Napoli.

La présentation d’une nouvelle version de Napoli par les chorégraphes Sorella Englund et pour la saison 2011-2012 en appelle à la compositrice danoise Louise Alenius (née en 1978).

En 1842, Polacca Guerriera (Polka militaire), Pas de deux, musique de H.C. Lumbye est un travail destiné à l’ouverture du nouveau Théâtre de la Cour en cette même année sous forme d’un divertissement pour deux femmes et deux hommes, aujourd’hui dansé par un seul couple. Cette œuvre introduit la polka au Danemark et propose des rythmes militaires de Lumbye. La polka était devenue une des grandes danses à la mode au cours des années 1800. La première  a lieu au Théâtre de la Cour de Copenhague (Hofteater) le 1er novembre 1842. Cette page dure un peu moins de trois minutes et fut écrite la même année que le Galop-Final que proposa également Lumbye pour le célèbre ballet Napoli. Le déroulement musical s’effectue sans heurt ni dérangement pour nos oreilles contemporaines mais l’on peut supposer qu’à celles des auditeurs des années 1840 elle constituait immanquablement un attrait nouveau.

Erik Menveds Barndom (L’Enfance d’Erik Menved/ The Childhood of Erik Menved ) est un ballet romantique en quatre actes de 1843 sous-tendu par une musique de Frøhlich dont la première remonte au 12 janvier 1843 au Théâtre royal.

L’année 1844, le presque quarantenaire danseur-chorégraphe, offre à son public trois spectacles. Bellman, eller Polskdansen paa Grønalund (Bellman, ou la danse à Grønalund), repose sur des textes et airs du Suédois Carl Mikael Bellman (1740-1795), Fredmans Epistlar, au Théâtre royal le 3 juin 1844.

Et le 23 octobre, apparaît un vaudeville-ballet en un acte avec des musiques originales ou arrangées par H.S. Paulli intitulé  En Børnefest (Réunion d’enfants/Children’s Party).

Enfin, Hamburger Dans. Pas de deux. Musique de H.C. Lumbye.

La Lithuanienne, divertissement. Création à Copenhague en 1844. Bournonville la présenta à Stockholm après que le danseur français Lefèbre l’ait donné à Copenhague. Plus tard,   fit revivre la danse en l’intégrant en 1949 dans son  Salute for August Bournonville.

Kirsten Piil, eller To Midsommerfester (Kirsten Pill, or Two Mid-Summer Festivals), ballet romantique en trois actes (1845) et musique de E. Helsted. Proposé pour la première fois le 26 février 1845 au Théâtre royal.

Autre ballet romantique de 1845, Rafael, en six tableaux  sur une musique de J.F. Frøhlich. Au programme du Théâtre royal le 30 mai 1845.

Un ballet en deux actes intitulé Den Nye Penelope, eller Foraarsfesten i Athenen (La Nouvelle Pénélope, ou Fête de printemps à Athènes/The New Penelope, or Spring Festival in Athens) de 1847 est monté sur une musique de H. Løvenskiold et présenté au public de Copenhague le 26 janvier 1847 (Théâtre royal).

En cette même année 1847, le 20 septembre,  surgit le ballet en un acte de Bournonville Den Hvide Rose, eller Sommeren i Bretagne (La Rose blanche, ou l’été en Bretagne/The White Rose, or Summer in Brittany) avec encore une fois une musique et des arrangements de H.S. Paulli (Théâtre royal).

De la même année on trouve Maritana, musique de danse romantique avec une musique de Lumbye composée pour un ballet présenté au Théâtre d’Elsinore, le 16 décembre 1846, nommé : Divertissement en forme de scène de carnaval (1847). Sur l’affiche de la première on put lire : Maritana (danse espagnole bohémienne) chorégraphié pour l’occasion par Bournonville.

La soliste danse sur deux épisodes d’une saveur espagnole : d’abord un Boléro et ensuite un Jaleo, les deux composés par Lumbye et achevés le 13 décembre 1846. Les danses populaires  espagnoles connaissaient alors en Europe une réelle popularité. Deux des principaux danseurs espagnols se rendirent au Théâtre royal de Copenhague en 1840, Mariono Cambruni et Dolores Serral. Leurs danses lascives causèrent une forte sensation. La représentation fut un succès, lequel encouragea Bournonville à utiliser la musique de Lumbye pour un divertissement plus large et ample, quelques mois plus tard, le 15 avril 1847 à Copenhague (Théâtre royal). Avec un nouveau titre : Maritana, Divertissement sous forme d’une scène de carnaval. Cette version contient une Valse introductive et un Galop final en plus de la musique connue du Boléro et du Jaleo. La musique de l’épisode de valse en appelle à des extraits sélectionnés de valses de Lumbye intitulées Les Souvenirs de Paris (créés à Tivoli le 21 mai 1845). Le galop final est aussi une réutilisation de son fameux et populaire Champagne Galop (à l’origine composée pour le deuxième anniversaire de Tivoli, le 15 août 1845).

Gamle Minder, eller En Laterna Magica, ballet en un acte avec une musique d’ Edvard Helsted voit le jour au Théâtre royal le 18 décembre 1848.

N’oublions pas pour cette même année, où l’Europe vit des mouvements révolutionnaires, la comédie romantique en 5 actes de Hans Peter Holst (1811-1893) Lykkens Hjul eller Des Sidste Tallotteri-Kollektør, dansée par Bournonville, musique de Henrik Rung (1807-1871), vue au Théâtre royal le 26 mars 1848.

Le Conservatoire, ou un mariage par publicité (Conservatory, or A Marriage by Advertisement /Konservatoriet, eller Et Avisfrieri) est un ballet vaudeville en deux actes de 1849 avec une musique de H.S. Paulli (arrangement et composition). On lui accole à présent le titre d’Ecole de Danse (Danseskolen/ The Dancing School). Bournonville y utilise ses propres souvenirs de ses années d’études à Paris. Titre complet : Le Conservatoire or A proposal of marriage through the Newspaper/ Le Conservatoire, ou une proposition de mariage par le biais d’un quotidien.

Donné pour la première fois par le ballet royal danois de Copenhague le 6 mai 1849 dans l’enceinte du Théâtre royal.

L’Ecole de danse de l’acte I fut créé comme divertissement indépendant le 24 octobre 1941 dans une mise en scène d’ et Valborg Borchsenius.

L’action se situe dans un studio de danse au Conservatoire de Paris où le chorégraphe avait étudié dans les années 1820 (acte I). Monsieur Dufour dans l’acte II, un inspecteur du conservatoire, écrit un communiqué matrimonial dans un journal mais finit par se marier avec sa gouvernante, Mademoiselle Bonjour.

Conservatoire  lance la carrière de prima ballerina de Juliette Price. L’histoire et ses rebondissements permettent à Bournonville d’introduire différentes sortes de danses de divertissement dont certaines basées sur des mélodies bien connues. La musique revient à Holger Simon Paulli, elle  se propose d’évoquer le Paris des années 1820 et 1830. Le ballet commence avec la version orchestrée de Paulli de la valse de concert de Carl Maria von Weber : Invitation à la danse. Plus loin, le même Paulli utilise la Grande valse brillante en mi bémol de Chopin ainsi que l’aria Nel cor più non mi sento de l’opéra de Paisiello titré La Molinara. Le divertissement de l’acte I (pas d’école) s’appuie sur divers emprunts musicaux et le bien connu,   pas de trois, s’approprie presque tout le Concerto pour violon n°7, op. 9, de 1800, de Pierre Rode (1744-1830), concerto souvent utilisé comme pièce d’examen pour les jeunes violonistes à l’époque où Bournonville vivait à Paris et étudiait avec Vestris.

Bournonville ajoutera au Finale en 1849 une pièce de Lumbye intitulée originellement : Telegraf-Galop datant de 1844. Conservatoire fut créé  au Théâtre royal le 6 mai 1849.

Le ballet complet en deux actes fut donné par le Ballet royal danois de 1849 à 1934 avant de disparaître du répertoire. Sans doute fut-il considéré comme démodé. Le chorégraphe Harald Lander en 1842 en extrait « L’Ecole de danse» (pas d’école) sous forme d’un divertissement en un acte. Musique composite donc comme se cela se pratiquait couramment à l’époque. En 1995 la version complète en deux actes revint au répertoire. On la donna à Paris (Palais Garnier) en 1980.

La musique des deux actes dure environ 63 minutes et se compose de 29 numéros allant de 2 mn à 7 mn. L’introduction reprend un thème fort connu et bien instrumenté quoiqu’écrit de manière fort académique. L’enchaînement des sections offre une belle et attrayante variété de thèmes et de rythmes, une diversité bienvenue faisant alterner de tendres andante et de toniques allegro et créant de belles structures dansantes pour le pas de six,  allegretto (n° 5)  et du pas de trois,  andante sostenuto (n° 7). Le numéro 16 s’appuie sur la Grande Valse Brillante de Chopin (3’30). La partie de violon solo (n° 17) élabore peu à peu un rythme dansant qui passe ensuite (n° 18) sur un développement orchestral discrètement conventionnel. Le morceau final (n° 19) apporte la joie et la détente comme l’impose pratiquement la loi du genre, du moins à cette époque de l’histoire du ballet européen.

La musique dans son ensemble ne démérite pas en dépit d’une certaine rigidité tout à fait dans la tonalité de ce qui se faisait autour de la période de l’Age d’or de la culture danoise.

En 1850 et 1851 nous relevons les créations suivantes au Théâtre royal de Copenhague, haut lieu de l’histoire du ballet danois. D’abord Psyché, ballet en un acte d’Auguste Bournonville sur une musique et des arrangements de Edouard Helsted en création le 7 mai 1850 et De Vimostraaelige, divertissement sur une musique de Lumbye vue en création le 3 février 1850. Encore, Kærligheds Spaadomme, Tyroler-Scene og Dands, divertissement agrémenté d’une musique de Paulli créé le 4 novembre 1851.

Le 4 avril 1851, création à Copenhague (Théâtre royal) d’un  nouveau ballet burlesque (romantique) en trois actes avec la collaboration de Holger Simon Paulli (arrangements et compositions) : Fête à Bruges, ou les Trois cadeaux (Kermessen i Brügge, eller De tre Gaver /The Kermesse in Bruges or The Three Gifts). L’histoire raconte qu’au 17e siècle, lors d’une foire d’église, trois frères –Adrian, Geert et Carelis – reçoivent des dons magiques de l’alchimiste Mirewelt.  Les deux aînés abandonnent leurs amoureuses et partent faire fortune à travers le monde. Après leurs échecs, ils rentrent chez eux et découvrent que le troisième frère, avec son luth magique, a su être heureux. Il  les sauvera de la mort. L’aventure s’achève dans une atmosphère dansante et joyeuse.

Holger Simon Paulli compose et arrange la musique en s’emparant sans vergogne de la musique d’autres compositeurs tout en y ajoutant des notes de son cru datant de sa jeunesse. Pour illustrer un passage mettant en scène Carelis et Eleonore, il retraite La Romanesca, un air de danse du 17e siècle joué ici par la viole de gambe. Des sections assez longues de la scène dansée du marché de l’acte I  proviennent de passages du Comte Ory, l’opéra-comique de Rossini (1828), scène où l’on entend également des notes prélevées chez Paulli lui-même, proposées initialement pour un autre ballet de Bournonville : La Rose blanche. D’autres scènes utilisent des passages issus de l’opéra Zampa de Hérold et du final de l’opéra de Rossini L’assedio di Corinto (Le Siège de Corinthe).  L’apport original de Paulli pour ce ballet peut être entendu dans diverses danses, tel ce pas de deux pour Eleonore et Carelis dans l’acte I, de même que le galop final qui donne un bon aperçu de l’art de Paulli.

La partition dure environ 75 minutes et se divise en 17 numéros. Après une Introduction (5’) au début martial mais se poursuivant par une section apaisée voire songeuse avec au loin le tintement discret des cloches, s’enchaîne une série de numéros avec des musiques destinées aux pas de deux, aux danseurs  solistes (femme et homme alternent), deux parties convoquent six danseuses (n° 19 et 23)… La musique s’avère solide, décidée, variée mais comme pour les autres ballets présentés dans cet article, ne présente pas de traits hautement individualisés. On peut supposer que les partitions devaient impérativement servir une  chorégraphie peu aisément renouvelable et qu’à ce titre leur stabilité stylistique ne pouvait que servir les intentions du maître de ballet. En dépit de cette réserve générale le déroulement orchestral ne manque pas de panache mais aussi de retenue faisant se succéder des sections douces (n° 6 avec violon soliste, pour une danseuse seule, évoquant un peu la manière d’un Franz  Berwald) et d’autres plus enlevées mais dénuées de brutalité  (n° 7, Coda ; n° 8, la grande danse circulaire).  Musique tourbillonnante et très réussie dans le court  n°4 enchainé sans pause  avec le suivant (avant le n° 5). Les numéros de l’acte II font la part belle aux solos alternés des danseurs féminins et masculins.

Le savoir-faire de H.S. Paulli s’impose comme allant de soi. L’essentiel dans ces musiques pour les  ballets romantiques étant de conférer un sentiment de courtoisie et de raffinement, de participer à la création d’une ambiance festive ou dramatique, virtuose ou non,  subtile ou  plutôt populaire en fonction de l’histoire leur donnant son support.

En 1852, c’est au tour de Zulma eller Krystalpaladset, ballet en trois actes créé au Théâtre royal le 14 avril 1852 avec un nouvel accompagnement musical de Paulli.

Création au Théâtre royal de Copenhague le 4 mars 1853 de Brudefærden i Hardanger (Mariage en Hardanger/The Wedding in Hardanger), ballet en deux actes, sur des arrangements et des musiques originales de Paulli (d’après des mélodies nationales).

Les célèbres Johan Peter Emilius Hartmann et Niels Gade composent la musique de Et folkesagn, en français Une légende populaire (A Folk Tale),  le fameux ballet en trois actes de 1854, créé  le 20 mars  de cette année même dans la capitale danoise (au Théâtre royal).  Le premier compositeur se charge de l’acte II, le second des actes I et III.

Un mot de l’action qui se déroule  au Moyen Age dans une grotte souterraine habitée par des trolls. Là, Hilda la fille kidnappée du châtelain se rend compte qu’en réalité elle appartient au monde des vivants. Bournonville confia : « La plus complète et la meilleure de toutes mes œuvres chorégraphiques. »

Gade composa pour les scènes de la forêt de hêtres (actes I et III). Hartmann lui fournit la musique vaguement de type Grand Nord pour  les burlesques trolls de l’acte II. L’acte I comprend notamment : la musique fraîche de la chasse, des mélodies de type   ballade populaire, le menuet à la dignité noble, le quadrille paysan et la danse de la jeune elfe. L’orchestration de Gade nous renseigne sur l’évidente influence de Mendelssohn et en particulier celle du Rêve d’une nuit d’été.

La musique de Hartmann dans l’acte II s’appuie sur un idiome bien découpé avec une réelle tension rythmique et un climat sombre. Le solo de Hilda est construit sur un boléro élégant et un galop festif pour les trolls enivrés.

Dans l’acte III, la scène finale requiert les traits d’une polonaise bohémienne suivie d’une Valse nuptiale, œuvre bien connue de Gade, qualifiée de bagatelle mais de nos jours jouée lors de presque tous les mariages danois.

El Folksagn dure environ 99 minutes, de même longueur que Napoli, avec une Introduction et 5 numéros pour l’acte I,  8 numéros (n° 6 à 13) pour l’acte II et 17 sections pour le dernier acte (n° 14 à 20). Une fois encore les musiques sont en général de courte durée allant de 1 minute à 10 minutes et adoptent globalement un climat à la fois plus populaire et posé, plus solennel et grave, sans toutefois abandonner totalement la souplesse et l’agrément attendus lors de tels spectacles de divertissement. Au service d’un public privilégié aux commandes politiques et financières du pays, (A Folk Tale),  les spectacles de divertissement par définition se devaient d’apporter une bienvenue détente et un souhaité délassement. Ce rapport social tranché rend compte en partie du type de considération un peu condescendant dont bénéficiaient lointainement les artistes.

Après la mort de Bournonville le ballet connut une belle existence grâce à l’appui de Hans Beck (1894), Gustav Uhlendorff (1922), Kaj Smith (1931), Harald Lander et Valborg Borschsenius (1941), Niels-Bjørn Larsen et Gerda Smith (1952), Hans Branaa et Kirsten Ralov (1969), Kirsten Ralov (1977 et 1979), Frank Andersen et Anne Marie Schlüter (1991). On signalera des ajouts de musique de Nicolaj Hansen (1855-1932), de Ludvig Gade (1823-1897)  pour un enregistrement du 26 décembre 1897 au Folketeatret.

Du 23 septembre 1855 au Théâtre royal date la création de Matrosens Hjemkomst, un divertissement.

La Ventana. Création à Copenhague le 6 octobre   1856 d’une version élargie de ce ballet-divertissement paré de la musique de , gloire incontestée du Danemark dont le style qui amalgame la valse, la sérénade, la danse et l’élégance, infiltre l’ensemble de la scène I. Egalement des passages caractérisés par plus ou moins de lascivité espagnole (rythme de valse syncopé, utilisation de la flûte et de castagnettes).

Ultérieurement, C.V. Holm composa et arrangea la scène 2 pour le ballet avec sa couleur locale espagnole dans le classique pas de trois notamment.

Dans le final retour d’une séguedille  élégante.

La partition telle qu’enregistrée sous la direction de Peter Ernst Lassen se compose d’une douzaine de numéros. L’écriture en est délicate, modérément rythmée, non sans rappeler avec délicatesse, l’atmosphère de l’Espagne dans la Sérénade (Danse espagnole) ou encore dans l’élégant  n° 4 baptisé Seguidilla, molto moderato (avec successivement ses arpèges à la guitare, son solo de hautbois, son orchestration fine et apaisée, ses arpèges de harpe et soudain son entraînant mouvement confié à l’ensemble de l’orchestre qui fait entendre à plusieurs reprises une courte cellule rythmique dansante plus loin développée avec plus d’ardeur et de rythme). De même le pas de trois, Allegro-Adagio (n° 3) délivre-t-il une musique d’abord recueillie et aérienne évoluant vers une douceur encore plus légère et délicate. Le rythme appuyé de la valse apparaît dans le premier et court solo de femme, lui-même relayé par une brève section réservée au danseur avec son climat quelque peu plus viril (tout est relatif) s’effaçant bientôt pour un second solo féminin très entraînant où la trompette et les cordes dialoguent sans animosité aucune au seul profit de la danse. S’enchaînent rapidement et sans transition (sur cet enregistrement) deux brèves sections notées Boléro entourant un court Jaleo. L’ensemble dure une vingtaine de minutes, chaque section dure entre une et trois minutes.

Création de la version en une scène : Théâtre de la Cour, Copenhague, 19 juin 1854. La version avec deux scènes fut créée au Théâtre royal de Copenhague, le 6 octobre 1856.

Abdallah, eller Gazellen fra Bassora est présenté en création par le Ballet du Théâtre royal de Copenhague le 28 mars  1855. Sous-titre  La Gazelle de Basra/The Gazelle of Basra. Ballet en trois actes

L’action se déroule en Iraq où le pauvre fabriquant de chaussures Abdallah est engagé avec Irma, la fille des voisins dont la mère Tatima est opposée à cette union. La paix relative du village est détruite par le renversement du cheik Ismaël et par les soldats cruels du sultan à la recherche du cheik maintenant fugitif. Ismaël se cache dans la maison d’Abdallah. Les soldats évitent de la rechercher dans la demeure de la fascinante danseuse Irma.

Paulli, violoniste, chef d’orchestre, répétiteur au Théâtre royal danois est engagé dans cette entreprise par Bournonville. Les esquisses de la partition remontent à 1848, c’est la première partition originale  complète de Paulli pour un ballet. Les musiques destinées aux danses sont intéressantes et répondent aux volontés de Bournonville proposant par exemple une belle page lyrique correspondant à la pastorale sentimentale de la première rencontre d’Abdallah avec Irma. On la retrouvera comme signal de l’amour des deux personnages. Une très discrète coloration orientalisante  et des  réminiscences de la Vienne de Strauss expliquent que la musique de Paulli fut bien reçue  à cette époque à Vienne.

Le 23 novembre 1856 au Théâtre royal, le ballet divertissement Den Alvorlige Pige apparaît animé par une musique de A.F. Lincke (1819-1874).

Du 4 mars 1857, au Théâtre royal, date le ballet en trois actes I Karpatherme avec une musique de Paulli.

La dernière production originale de Bournonville est un ballet en un acte titré Fête des fleurs à Genzano (Blomsterfesten i Genzano /The Flower Festival in Genzano) élaboré en 1858 et présenté à Copenhague (Théâtre royal) le 19 décembre de la même année. Il fut donné entièrement par le Ballet royal danois jusqu’en 1929 puis fut retiré du répertoire. Il réapparaîtra en 1949 sous l’ère d’ Harald Lander, mais auparavant  le pas de deux avait été donné séparément par plusieurs ensembles de danse. On le considère comme d’un des ballets les plus achevés de Bournonville.

L’œuvre repose sur l’engouement de nombreux artistes danois pour l’Italie et le texte s’appuie sur un conte contenu dans les Impressions de Voyage d’Alexandre Dumas. L’histoire est celle de  deux amoureux de la vie, Rosa et Paolo.

La musique est confiée au tandem danois : Edvard Helsted et Holger Simon Paulli.

Il en existe au disque un enregistrement de 9’ fait de  six courtes sections. Une introduction : Andante. Allegretto, débutée avec grâce et retenue par le violon solo  accompagné des cordes sages s’engage bientôt sur deux longs airs successifs nettement plus entraînants  et surtout sentimentaux, est suivie d’un pas de deux (andante non troppo lento) bien dessiné. Suit une alternance de danses solistes confiées tour à tour  au danseur soliste masculin et féminin que l’on imagine se mouvant avec aisance et grâce au son des musiques sautillantes tout à fait conformes à l’esprit du temps.

Une deuxième version sera créée au Théâtre royal le 1er janvier 1875.

Le pas de deux devint une pièce très populaire du répertoire des compagnies de ballet classique dans le monde entier. Ses origines remontent en réalité à Napoli de 1842 pour le ballet destiné au Théâtre Karnthnerthor de Vienne et s’appuie en vérité, ce que l’on a longtemps ignoré, sur la musique du compositeur autrichien Matthias Strebinger (1807-1874). Bournonville avait ajouté alors de la musique pour laquelle Paulli adapta la musique de Strebinger. L’entrée du pas de deux s’ouvre avec un épisode confié au violon solo, suivie par une polka. Suit une série de variations sur une valse prise dans une partition du Français Adolphe Adam (1803-1856).

Cette œuvre sera donnée à Paris, au Palais Garnier,  par le Ballet Royal du Danemark en 1964.

Précision : pendant des années la paternité de la page indiquée fut attribuée à Helsted et Paulli car leurs signatures figuraient sur la partition. Un musicologue a établi que le fameux pas de deux revenait en réalité à ce Strebinger (et d’ailleurs incorporé  à Napoli : pas de deux de l’acte III dans la production de 1856 à Vienne). Il s’agit donc d’une re-création basée sur une œuvre antérieure comme la coutume du temps l’acceptait,  de même que l’on opérait de larges emprunts ; également fréquentes les fortes influences provenant de musiques issues d’autres zones du continent européen et finement intégrées dans les ballets danois au point d’en revêtir quasiment les habits nationaux.

Le pas de deux commence par un épisode au violon solo suivi d’une section proche de la polka. Atmosphère plus sensuelle dans l’adagio lequel est continué par une valse chaloupée.

Fjeldtven, eller Tyve aar, un ballet pantomime en trois tableaux (en 1865-66, ballet en deux actes) avec une musique de August Winding (1835-1899) et Emil Hansen, créé au Théâtre royal le 13 mai 1859.

Loin du Danemark, ou un bal costumé à bord (Fjernt fra Danmark eller Et Costumebal ombord/Far from Denmark, or A Costume Ball on Board), un ballet vaudeville en deux actes  datant des années 1860-1862, fait appel à des partitions de Joseph Glæser avec des passages dus à A.E. Lincke (Finale) et H.C. Lumbye (ce dernier compose la Danse guerrière indienne/Indiansk Krigsdans)… Donné en première à Copenhague au Théâtre royal le 20 avril 1860.

Loin du Danemark  en dépit de sa tonalité danoise ne connut pas la popularité de La Sylphide ni de La Kermesse à Bruges.

Selon Bournonville lui-même la danse de Louis Moreau Gottschalk (1829-1869) intitulée Le Bananier (pour piano) intervient  dans l’acte I. Avec ce point de départ le jeune Joseph Glaeser s’engagea à la tâche de  composer et d’arranger la partition de ce ballet. La tonalité nationale du ballet est accentuée par l’emploi de plusieurs mélodies familières, des chants patriotiques, des airs de marins. On y reconnait le Det er yndigt de H.E. Kroyer et le Vift stolt på Codans bøolge de Rudolf  Bay, des musiques plus ou moins proches du cœur des danois mais aussi des danses espagnoles (boléro et fandango) tandis que des numéros de danse de caractère constituent souvent des emprunts, notamment à H.C. Lumbye.

La partition enregistrée pour Danacord  par l’Orchestre symphonique d’Aalborg se compose de 7 sections pour le premier acte et 12 numéros pour le second (durée totale : 67’). Le compositeur choisit de fournir des danses aux lointaines inspirations suivantes en correspondance avec le titre du ballet : Bolero, Danse esquimau, Danse chinoise, Fandango, Danse indienne, Danse anglaise. Le Galop final (n° 23) conclut énergiquement cette bonne partition dont les diverses provenances ne nuisent pas à l’unité de l’ensemble.

Valkyrien,  ballet en trois actes donné à Copenhague au Théâtre royal le 13 septembre  1861, nous ramène à l’époque viking. Le vaillant Viking part en expédition vers la Sicile. Sa compagne Svava (sa Valkyrie) l’accompagne. Le dieu Odin accepte qu’ils soient réunis après la mort. La musique aux effets percutants réussis revient au fameux  J.P.E. Hartmann. Plus tard, deux autres compositeurs ajouteront leur musique : Elof Nielsen (1898-1970) et Emil Reesen (1887-1864).

Pontemolle (Et Kunstergilde i Rom), un ballet vaudeville en deux tableaux datant de 1866 sur des musiques composées par W. Holm (tableau 1) et A.F. Lincke (tableau 2), régale les spectateurs lors de la première présentation du 11 avril 1866.

Trubaduren, autre ballet divertissement, s’appuie sur des musiques de Verdi (Zigeunerdans), Lumbye (Galop) et des musiques populaires espagnoles (anonymes) lors d’une création datée du 25 janvier 1867 au Théâtre royal.

Suivent en 1868, Singjængersken et Thrymskviden,  ce dernier marquant une nouvelle collaboration avec l’ami J.P.E. Hartmann autour de cette interprétation d’un vieux poème nordique de l’Edda aux accents fantastiques. Bournonville y donne le meilleur de lui-même parfaitement secondé dans ses intentions par la musique de Hartmann, l’un et l’autre inspirés par la mythologie nordique. Lors d’un banquet du dieu de la mer, Ægir, réunissant diverses divinités, le roi des géants nommé Thrym demande en mariage la belle Freja. Plus tard, Thor se rend aux enfers où il extermine Thrym et les habitants des enfers… Immense succès de ce ballet illustrant un mythe venant du Grand Nord lors de la création au Théâtre royal.

Cort Adeler I Venedig (ballet en trois actes et un épilogue) sur des notes de Peter Heise est joué le 14 janvier 1870 au Théâtre royal et Et Eventyr i Billeden (ballet en trois actes) sur des lignées de W. Holm est donné le 26 décembre 1871. L’année précédente Skandinavisk Quadrille, un ballet divertissement repose sur des musiques et des arrangements de Lumbye lors d’une création intervenue le 6 février 1870.

Première à Copenhague au Théâtre royal  le 19 février 1871 de Les Chasseurs du Roi dans l’île d’Amagar  (Livjægerne paa Amager/The king’s Volunteers on Amager), épisode de 1808,  ballet vaudeville en un acte, musique et arrangements de Vilhelm Holm, E. Du Puy, Mozart et H.C. Lumbye.

Argument : l’œuvre fait référence à un épisode réel de l’histoire du Danemark plutôt difficile à suivre. Cette association fut constituée après la bataille de Copenhague remportée par les Anglais sous le commandement de l’amiral Nelson en 1801. Cette unité militaire  résulte d’ un sursaut de patriotisme pour se défendre contre de  nouvelles attaques… Elle est stationnée à Amager, au Nord de Copenhague.

Cette  partition musicale (durée : une heure environ) fut annoncée comme médiocre, faite de bric et de broc, où l’on rencontre des marches militaires et flonflons d’orchestre de brasserie. La pantomime domine  et la danse moins représentée semble surtout folklorisante.

La musique de Holm s’appuie sur des mélodies du compositeur français Edouard Du Puy (1770-1822), qui avait travaillé au Danemark au début du 19e siècle comme maître de concert et qui fut lui-même influencé par l’opéra de  Mozart, Don Giovanni. Holm  était  un membre de l’orchestre du Théâtre royal qui avait captivé le public danois  Don Giovanni ; lui-même avait composé un opéra-ballet Jeunesse et Folie (Youth and Folly) dont plusieurs mélodies ont été réutilisées pour Les Volontaires du roi. A Holm revient la musique pour plusieurs passages dansés dont un pastiche vivant du quadrille à la  Holberg, Lumbye quant à lui composa une fois encore le fringant galop du finale (Final galop til « Livjægerne paa Amager ») (n° 16, 3’).

L’œuvre fut reconstituée par Anne-Marie Vessel-Schlutter.

La partie orchestrale  propose 19  sections qui en fait correspondent à 16 numéros (durée de l’ensemble : 48’ environ). Une fois encore  se succèdent les sections traditionnelles incontournables dans la présentation des ballets classico-romantiques danois.

En 1873 est donné Mandarinens Døtte, ballet divertissement avec une musique de W. Holm au Théâtre royal le 23 avril 1873.

Citons encore « Farvel til det gamle, theater », le 1er juin 1874 (au Théâtre royal) et Weyses Minde, Efterspil med Tableauer af August Bournonville avec des musiques de Weyse et Holm en création le 5 mars 1874 au Théâtre royal. Et encore Arcona, ballet en quatre actes sur une musique de Hartmann en création au Théâtre royal le 7 mai 1878 et Fra det forrige aarhundrede , ballet divertissement avec musique et arrangement de W. Holm,  le 31 octobre 1875 encore une fois au Théâtre royal.

La première du dernier ballet de Bournonville, De la Sibérie à Moscou (Fra Sibirien til Moskov/From Siberia to Moscow) se déroule à Copenhague au Théâtre royal le 7 décembre  1876. Avec une musique de C.C. Møller (1823-1893).

Jokeydans (The Jockey Dans), divertissement. La musique de danse, typique de l’époque, revient à C.C. Møller, comme partie d’un divertissement plus large.. Il s’agit d’une page tirée du dernier ballet en deux actes de Bournonville De la Sibérie à Moscou (1876). Le ballet fut créé au Théâtre royal de Copenhague le 7 décembre 1876. Cette danse de trois minutes, Jokeydans,  invite à la fête et à la danse, à la bonne humeur également, avec des relents très marqués de Carl Maria von Weber.

Den Tapre Landsoldat, suite en cinq mouvements d’après Minde de Peter Faber, musique de C.C. Møller créé au Folketeater le 10 mars 1878.

Mindets Krans for Danmarks store digter, suite en quatre tableaux d’après Oehlenschläger (pour le centième anniversaire de sa naissance) avec des arrangements de C.C. Møller, créé le 14 novembre 1879 au Folketeater.

Guillaume Tell, divertissement. Après le William Tell de Rossini créé à Paris en 1829 on assista à la première exécution à Copenhague en 1842 sur une chorégraphie du français François Lefèbre. En 1873 l’opéra reçut une nouvelle lecture de Bournonville (mise en scène et chorégraphie). Bournonville connaissait et admirait Rossini et sa musique ; il le rencontra dans la capitale française. Ce dernier lui aurait conseillé d’abandonner la chorégraphie au profit la chanson !

On distingue trois périodes dans la carrière chorégraphique de Bournonville.

Une première s’étendant sur une douzaine d’années, de 1829 à 1841, où se manifeste essentiellement l’influence française. Les ballets qu’il monte sont surtout des répliques ou des adaptations de ballets vus à Paris. On pense à cet égard à La Somnambule, Les Pages du Duc de Vendôme, Nina ou la Folle par amour, La Sylphide. Dans le même temps il crée des œuvres personnelles, parfois inspirées par la littérature de l’époque.

Une seconde va de 1842 à 1855 et s’éloigne sensiblement du monde de la danse française dans son acception romantique. Si sa manière amoindrit la virtuosité et les passions dramatiques, elle privilégie les descriptions réalistes et la joie des coutumes observées lors de ses propres expériences, notamment lors de ses voyages à l’étranger. Parmi les ballets et les divertissements qui l’illustrent, on notera : Napoli ou le Pêcheur et sa femme, La Kermesse à Bruges, Une Légende populaire.

La troisième période créatrice (qui s’étend jusqu’au début des années 1860) s’appuie sur la période précédente à laquelle il ajoute plus de virtuosité et adopte des éléments viennois. La Fête des fleurs à Genzano en est un exemple représentatif.

Chacune des périodes de sa vie créatrice fut marquée par un réel enthousiasme et une implication sincère, tout cela bien sûr s’accompagnait d’un caractère bien trempé. Bien que non Danois il sut absorber et finir par représenter un certain nationalisme danois bien dans l’air du temps tout en restant très attentif aux évènements complexes qui se déroulaient en France et ailleurs dans le monde. Son humanisme à titre personnel et dans la réalisation de ses chorégraphies constitue une marque distinctive de sa personnalité.

 

 

 

Courte présentation des musiciens danois ayant composé pour les ballets de Bournonville

Ivar Bredal (1800-1864)

Altiste (1817-1849) il joue au sein de la Chapelle royale à partir de 1835. Maître de chœur (1849-1863) au Théâtre royal. Sans formation pour la composition il écrit néanmoins pour son instrument et se lança dans la musique destinée au théâtre et à l’opéra.

 

Johannes Frederich  Fröhlich (1806-1860)

Compositeur danois élève de Claus Schall et de Friedrich Kuhlau, il travaille au Théâtre royal à partir de 1827 où il devient principal chef en 1836. Il est le co-fondateur de la Société de musique de Copenhague et son premier directeur.

Fröhlich va remplacer Schall en tant que compositeur-maison de Bournonville. Sa musique la plus connue est sans doute la marche écrite pour le final du ballet Erik Menveds Barndom (L’Enfance du roi Erik Menved). L’arrangement qu’il en fit lui-même connut et connait encore de nombreuses exécutions à travers le Danemark sous le titre : Riberhusmarchen (La Marche du château de Riberhus/The Riberhus Castle March).

Le style classique des premières œuvres de Frøhlich sous l’impulsion de Bournonville va évoluer vers une expression plus romantique, plus colorée.

On lui doit la musique des ballets suivants : Valdemar (1835), Erik Menveds Barndom (1843), Rafaello (1845) et aussi Les Tyroliens (1835), Festen i Albano (1839)…

Lui aussi de descendance germanique  fut compositeur bien sûr mais également violoniste et chef d’orchestre. Engagé au Théâtre royal dès 1821 comme violoniste d’orchestre tout en travaillant avec Claus Schall, il se produisit parfois en soliste et plus souvent dans le quatuor à cordes. Il devint maître de chœur au théâtre en 1827. Il effectua des tournées en Allemagne, Paris et Italie en 1829-1831. Il remplaça son maître en 1834 en partageant son poste  avec deux autres chefs, Ivar Bredal et Peter Funck. Plus tard, il  dirigera seul toutes les  représentations d’opéras. Directeur de la société musicale Musikforening de sa fondation en 1836 jusqu’en 1841. A son retour d’Italie en 1838 il écrivit la musique pour des ballets de Bournonville, mais malade il dut démissionner. Sa musique est redevable des styles de F. Kuhlau, C.E.F. Weyse, G. Rossini et W.A. Mozart.

Il laisse une Symphonie en mi bémol mineur,  op. 33, de la musique de chambre, des œuvres chorales, des pièces pour violon et piano ainsi qu’un Concerto pour violon.

La musique qu’il livre pour les ballets de Bournonville donne les bases de la tradition du ballet danois. Il est sûrement un précurseur de Niels Gade et de JPE Hartmann. On ne citera que sa musique pour les ballets suivants : Nina,  Tyrolerne, Valdemar, Festen i Albano, Fædrelandets, Erik Mendevs Barndom, Rafael, Hertas Offer

 

Niels Gade (1817-1890)

Figure majeure de la musique danoise du 19e siècle Niels Gade a laissé un grand nombre de partitions de premier plan largement inspirées par ce qui se faisait de plus moderne en Allemagne. Son protecteur puis ami Felix Mendelssohn a contribué à fixer son esthétique. Si on lui a reproché de ne plus s’éloigner d’un style rendu immobile avec le temps il fut longtemps considéré comme le moderniste le plus saillant de son pays. Et de fait un certain nombre de ses compositions méritent les éloges et le souvenir. On pense à cet égard à la Symphonies n°4 en si bémol majeur de 1850 (son cycle symphonique en comprend 8 et il refuse par respect pour Beethoven d’en produire une neuvième), à la Fantaisie de printemps (Frühlings-Fantasi) pour solistes, piano et orchestre (1852), hymne romantique très réussi, à la populaire  Fille du roi des Elfes (Elverskud), ballade d’après une légende danoise pour solistes, chœurs et orchestre (1853) qui connut plusieurs exécutions en Scandinavie et des réductions pour le piano diffusées au Danemark, Allemagne, Angleterre et France.

Ce violoniste, organiste, pédagogue, puissant  directeur de la Société musicale de Copenhague est associé à Bournonville avec sa participation pour Et Folkesagn.

 

Joseph Glæser (1798-1861)

Compositeur et organiste, il laisse un certain nombre de partitions dont la musique destinée à Loin du Danemark (Fjernt fra Danmark) en 1860 mais aussi  des duos, des hymnes, un oratorio (1858), des pièces pour piano pour 2 ou 4 mains…

D’origine bohémienne, il est d’abord choriste à Dresde puis étudie au Conservatoire de Prague à partir de 1813 avant de gagner Vienne en 1817 où pendant une douzaine d’années il approvisionne en musique trois des théâtres populaires de la ville, sans succès apparent, avec  environ quatre-vingt  farces, parodies et pantomimes. On le retrouve à Berlin en 1830 où il propose de meilleures productions  qui enregistrent beaucoup plus de jugements favorables : Aurora, Die Brautschau auf Kronstein, Andrea, Der Adlers Horst. Wagner dirigera cette dernière œuvre à Magdeburg. En 1842 Glæser s’installe à Copenhague et est nommé chef d’orchestre de la Cour en 1845. De cette période on retient trois partitions majeures : les opéras Bryllupet vet Como-søen (Mariage au lac de Côme/The wedding by Lake Como) de 1849,  Nøkken (L’Esprit des eaux/The water-spirit) de 1853 et Den forgyldte svane (Le Cygne d’or/The Golden Swan) de 1854. Les deux premiers opéras s’appuient sur des livrets de .

 

Robert Emil Hansen (1860-1926)

Violoncelliste et compositeur de musiques de ballet, il laisse néanmoins deux symphonies (1880, 1892), un Concerto pour violoncelle (1881), un Trio avec piano (1882), un Concerto pour piano (1885), un Quatuor à cordes, un quintette avec piano….

 

Johan Peter Emilius Hartmann (1805-1900)

Hartmann, issu d’une grande famille de musiciens d’origine germanique va dominer l’ensemble de la vie musicale danoise pendant de nombreuses décennies. A côté de son gendre Niels Gade, disciple et ami de Mendelssohn,  il composa une musique solide influencée à la fois par les mythes du Grand Nord mais aussi et peut-être surtout par la musique allemande de son temps. Il fut l’ami de Hans Christian Andersen, Auguste Bournonville et fréquenta les plus grandes personnalités artistiques de son temps.

Dans sa jeunesse il apprit le piano, l’orgue, le violon et la théorie avec son père le fameux August Wilhelm Hartmann  avant de lui succéder comme organiste à Garnisonkirke de Copenhague, tout en faisant son droit. Il travaillera longtemps comme juriste dans l’administration s’activant comme musicien saillant. Il compose, enseigne, joue, dirige, voyage à l’étranger (Autriche, Suisse, Allemagne, France en 1836), il fait la connaissance de Marschner, Cherubini, Chopin, Rossini, Paer, Spohr, Spontini mais aussi rencontre Clara Wieck, Franz Berwald, Robert  Schumann, Felix  Mendelssohn et Franz Liszt.

Pour Bournonville, il compose de la musique pour  La Valkyrie et celle de  l’acte II d’Une légende populaire, La Légende de Thrym (ou le Mariage de Thrym).

La Valkyrie fut un des plus grands succès de l’histoire du ballet danois.

 

Peter Arnold Heise (1830-1879)

Compositeur danois majeur on se souvient modérément de son opéra Drot og Marsk (Le Roi et le Maréchal) et surtout de ses nombreuses chansons à succès écrites dès l’âge de 19 ans souvent inspirées par des chants populaires qu’il recueillit parmi le peuple. Il étudia avec Niels Gade qui marqua sa manière et enseigna à son tour (et joua de l’orgue) à l’Académie Sorø de 1857 à 1865. Il mit en musique le poème de Hans Christian Andersen Jutland entre deux mers, d’autres de Shakespeare… On note encore plusieurs quatuors à cordes (6), un trio avec piano, un Quintette avec piano en fa majeur (1869)…

Edvard Helsted (1816-1900)

Né à Copenhague et mort à Frederiksborg, il doit être distingué de deux autres Helsted, également musiciens,  auxquels il est apparenté, son frère Carl (1918-1904)  et son père Gustav (1857-1924).

Il composa pour le ballet les musiques de Toreador, Kirsten Pils, Vieux souvenirs, Psyché, La Fête des fleurs à Genzano. Il participa à la partition accolée à Napoli aux côtés de plusieurs collègues danois : Holger Simon Paulli, Niels Gade et Hans Christian Lumbye.

Enseignant le piano et compositeur il fut l’élève de Schall  (violon) et travailla comme violoniste à la Chapelle royale  puis comme directeur (1837-1884).

En 1863 il devient directeur pour tous les vaudevilles et les ballets du Théâtre royal. En 1869 il obtient un poste de professeur dans le nouveau conservatoire de Copenhague.

Il laisse encore des musiques de scène et des chansons.

 

Ferdinand Theodor Hemme, né à Copenhague en 1871, il y devient  kapelmeister. Il décède en 1961.

Entres autres réalisations, on signalera la musique pour Kong Oedipus d’après Sophocle donnée au Théâtre royal de Copenhague le 12 mars 1922 ; la musique pour Les Trois sœurs, drame en quatre actes d’après Tchekov, arrangements musicaux de  E. Nogaetz  et F. Hemme, créé au Théâtre royal le 10 janvier 1928, la danse revenant à Arne Melchert (1916-1963) ; la musique pour le Roi Henri IV, drame historique en 5 actes d’après Shakespeare, musique due à des anonymes anglais et à Hemme, donné en création au Théâtre royal le 22 septembre 1877.

 

Vilhelm Christian Holm (1820-1886)

Il pratique l’alto après avoir étudié le violon avec Wexschall à l’école de violon de la Chapelle royale.  Il en joue au sein de la Chapelle royale de 1847 à sa mort. Il aime jouer de lamusique de chambre. Membre actif de la Société de musique de chambre de Copenhague. En 1869 il succède à Edvard Helsted en tant que chef d’orchestre pour les ballets et vaudevilles donnés au Théâtre royal.

Compositeur danois dont la modeste postérité survit à travers ses compositions destinées aux ballets.

On lui doit les musiques des ballets suivants : La Ventana  (1856), Fjernt fra Danmark (1860), Ponte molle (1866), Livjægerne paa Amager (1871), Et Æventyr i Billeder (1871), Mandarinens Døtre (1873), Weyses Minde (1874), Fra det forrige Aarhundrede (1875).

 

Philip  Ludvig  Keck, musicien danois d’origine allemande né à Hanovre en 1790, est musicien à l’Orchestre du Théâtre royal de Copenhague. Il décède en 1848. Il participe pour les ballets de Bournonville (création et arrangements) aux productions suivantes : Faust, Soldat et Paysan, Mariage de Victor.

On ne trouve pratiquement aucune information le concernant. Quelques partitions de lui circulent comme les Trois Pièces pour flûte et guitare.

 

Andreas Frederik  Lincke (1819-1874). Musicien militaire danois, il joue du hautbois et devient compositeur et chef d’orchestre. Il joue également de la clarinette et se fait apprécier comme violoniste  jouant pour l’Orchestre de Tivoli de Copenhague de H.C. Lumbye, avant de le remplacer comme chef d’orchestre. On lui connaît de nombreuses œuvres pour cuivres dont des musiques de chasse. Il devient président du Théâtre de la Cour en 1855-1856, puis il dirige la musique au Casino et à l’Alhambra. Il meurt à Copenhague la même année que Lumbye.

Sa notoriété fut sans doute éclipsée par celle de Lumbye. Ses marches et musiques de danse connaissent une belle diffusion au Danemark et en Allemagne. Il laisse des partitions pour le ballet. On citera sa musique pour La Fille sérieuse (1856), le Final de Loin du Danemark (1860), Ponte Molle (1866) en collaboration avec William Christian Holm. Mais encore une trentaine de marches et de danses…

 

Herman Severin Løvenskiold (1815-1870)

Après une enfance passée en Norvège (son père y tient un important poste d’industriel) la famille s’installe au Danemark où le garçon est destiné à une carrière militaire. Mais ses talents de musicien modifient ces projets surtout après qu’il eut été encouragé par deux grands maîtres de l’époque, Weyse et Kuhlau.

Après la mort de Kuhlau en 1832 il étudie à l’Académie de musique Siboni où il a pour enseignants J.P.E. Hartmann pour la théorie et le premier violon de l’Orchestre royal Frederik Wexschall.

Très rapidement Bournonville le repère et lui propose de composer la musique destinée à son ballet, La Sylphide, qui connaîtra une merveilleuse destinée. Ensuite (1838) Løvenskiold entreprend un voyage d’étude à Vienne et à Leipzig grâce à une aide royale. C’est là qu’il rencontre Felix Mendelssohn et Robert Schumann. Il séjourne aussi à Saint-Pétersbourg. Il s’installe à Copenhague en 1842 comme musicien de chambre du roi. En 1851, il est nommé organiste de la Cour (à l’église du Palais de Christianborg). S’il compose plusieurs musiques pour des singspiels, des pièces de théâtre, des ballets il ne retrouve pas le succès de La Sylphide. Il laisse aussi des pièces pour piano et de la musique de chambre. Son niveau dans l’échelle sociale, son aisance matérielle et un recul sur lui-même et son art rendent compte d’un certain manque d’implication dans l’acte créateur et partant  d’une insuffisance d’impériosité au moment de composer.

 

Hans Christian Lumbye (1810-1874)

Bournonville décèdera en 1879 cinq ans après H.C. Lumbye  qui aura inondé Copenhague des plus entraînantes musiques de danse et de divertissement de sa génération. Trompettiste et créateur de musique légère  il connaît une gloire durable dans son pays. L’influence provenant de la musique viennoise amène ses contemporains à le surnommer « le Strauss de l’Europe du Nord ». Il fonde d’abord un orchestre, puis prend la tête de l’orchestre des Jardins de Tivoli à Copenhague récemment créés par le riche Carstensen. Il en sera le directeur musical de 1843 à 1872. Celui qui aura commencé sa carrière en jouant au sein d’un orchestre militaire (comme plus tard et Johan Svendsen) avant de fonder sa propre formation  en 1839 aura entraîné par la joie dansante toute une société plus ou moins aisée. Il aura composé plus de 400 opus avec principalement des pièces de danse comme des valses, galops, polkas, marches et autres musiques de circonstances. Il fut contacté par Bournonville en 1842 et s’engagea dans la composition de plusieurs partitions notamment un galop devenu très populaire pour le final du ballet Napoli. Les deux hommes nouèrent des relations amicales durables. Il écrira également le populaire Salut à Auguste Bournonville pour orchestre publié en 1869.

Sa participation au travail de Bournonville se résume à : Polka militaire, Loin du Danemark, La Ventana, Le Corps des volontaires du roi à Amagar (galop final).

Il compose encore pour Bournonville une pièce pour piano-forte de 1849 nommée Rosenborg Polka Mazurka, la Eugenie-Walzer (1854) qui sera incluse dans le divertissement La Ventana créé au Théâtre royal de Copenhague le 19 juin 1954. Toujours à l’intention de Bournonville et dans le cadre de représentations données dans la salle de spectacle Casino de Copenhague, on lui doit : El Capriccio. Jaleo (1859) pour les sœurs (Søstrene Healey) Christine et Agnes Healey le 1er décembre 1858 et Polketta. Pas de Deux (Polka  et Polka Mazurka) de 1859, en arrangement pour les mêmes artistes pour Bournonville à Casino le 31 octobre 1858. Aussi un Galop militaire (1859) arrangement pour Bournonville et les sœurs Healey. Idem pour Tarentelle Napolitana (1859) et Fiskepigerne. Hornpipe og reel (Casino le 21 novembre 1858).

 

Carl Christian Møller (1823-1893)

Compositeur il commence sa carrière dans l’enfance comme musicien d’artillerie avant de devenir membre de l’orchestre de Lumbye lors de sa création. Sa carrière connaît une coupure lors de la Guerre de l’Isted de 1849 à laquelle il participe.

Devenu chef en1854, il donne des concerts et joue dans plusieurs théâtres. Les dix-huit dernières années de sa vie le voient à la tête d’une formation orchestrale de Tivoli.

S’il a beaucoup composé (plus de 300 œuvres), on retiendra Bagatelles pour orchestre à cordes, op. 268, Russisk Stormmarsch, Aarhus Filling Line (du moins la coda), des musiques de danse, de ballet, de théâtre, des pièces orchestrales… toutes oubliées.

En compagnie de ses collègues A.F. Lincke, H.C. Lumbye, Th. Oldehaver, il écrit Entree-Marsch en 1854 pour une lithographie avec scène de danse.

 

Paul Diderich Muth-Rasmusen (1806-1853), organiste danois né à Kolding.

 

Holger Simon Paulli (1810-1891)

Seul ou en collaboration avec d’autres compositeurs, il écrivit la musique pour une dizaine de chorégraphies de Bournonville. La Tarentelle de Napoli, bien que rarement reliée à son auteur, est un morceau très célèbre et populaire souvent resservi dans un cadre différent du ballet.

Ce fut Paulli, violoniste, directeur, compositeur et chef d’orchestre renommé, qui le premier fit découvrir à ses compatriotes des œuvres majeures de Richard Wagner (Lohengrin en 1870,  Les Maîtres chanteurs en  1872 et Tannhäuser en 1875). La mise en scène et les chorégraphies étaient confiées à Auguste Bournonville.

Sa postérité repose principalement sur ses musiques composées pour le ballet. De sa collaboration (une dizaine de partitions) avec  Bournonville on lui doit notamment les musiques de : Conservatoire, La Kermesse à Bruges et Abdallah, Fête des fleurs à Genzano.

Après des études de violon auprès de Claus Schall et F.T. Wexschall, il entre à l’âge de 12 ans dans l’orchestre de la Cour de Copenhague.

Il dirige les répétitions de musique de ballet de l’Orchestre de la Chapelle royale à partir de 1835 puis succède à Wexschall comme premier chef en 1849.

Il en devient le premier violon solo (1849-1863) puis premier chef (1863-1883). De 1863 à 1883 il dirige l’Orchestre de la Chapelle royale et devient responsable de toutes les représentations d’opéra. C’est ainsi qu’il introduit au Danemark des œuvres de Verdi et Wagner.

Aux côtés de Gade et Hartmann il cofonde le Conservatoire de musique de la capitale en 1866. Il en est le directeur adjoint.

Il laisse deux singspiels dont  Lodsen (Le Pilote), créé à Copenhague en 1851, des musiques de ballet donc, des pièces pour violon, des mélodies, une ouverture de concert.

 

Emil Reesen (1887-1964)

Pianiste, chef d’orchestre  et compositeur  (opéras, ballets, films), il appartient à la génération suivante et figure dans ce chapitre par sa participation signalée supra.

 

Henrik Rung. Né à Copenhague en 1807, il décède en 1871 après une carrière de chef d’orchestre et de maître de chant.

 

Claus Schall (1757-1835)

Lorsque Vincenzo Galeotti devint le chorégraphe du Théâtre royal de Copenhague, il découvrit un jeune membre de la formation orchestrale, Claus Schall, et pressentit ses potentialités pour écrire de la musique de ballet en dépit des critiques de Kuhlau qui se plaignait de la faiblesse de ses connaissances en matière de composition. Cette méfiance ne l’empêcha point d’être nommé officiellement compositeur pour la danse à la Cour danoise et d’établir les bases (avec le travail de Galeotti) de l’œuvre à venir de Bournonville. Ce compositeur de ballets (de 1775 à 1835) exerça une influence majeure sur la musique de ballet.  Pendant des décennies sa musique fut régulièrement jouée pour illustrer des ballets, des musiques chorégraphiques où son nom n’apparaissait pas, des opéras, des comédies lyriques, des intermèdes dansés. Danseur à ses débuts, répétiteur de ballet, violoniste à la Chapelle royale en 1786, maître de concert, il succède à Kunzen en 1817 dans les domaines de l’opéra et du ballet. Bien que compositeur autodidacte, il parvient à élaborer de belles mélodies et à briller  avec une instrumentation réputée pour son harmonie et ses multiples aspects. D’ailleurs, Bournonville, plus tard, avança que la musique de ballet de Schall était riche des traits suivants : « force et passion, grâce et sauvagerie, fraîcheur et plénitude. » Son manque d’aisance et de réussite ont été soulignées en ce qui concerne les grandes formes. Il écrivit la plupart des 49 ballets de Galeotti.

Il dirigea en première danoise l’ouverture de Freischutz de Weber en 1820 (il est alors directeur musical pour les opéras).

Dans sa jeunesse, Bournonville avait découvert les musiques écrites par Schall pour les ballets de Galeotti et en avait été imprégné.

Plusieurs tournées européennes précédèrent son retour comme violoniste à l’opéra en 1792. Compositeur du Ballet royal en 1795 et directeur musical de l’opéra  entre 1818 et 1834. Son catalogue propose encore : 6 singspiels sur des livrets danois, une vingtaine de ballets (Annette og Lubin, 1797 ; Lagherta, 1801 ; Ines de Castro, 1804 ; Rolf Blaaskjæg, 1808 ; Romeo et Juliette, 1811 ; Macbeth, 1816 ; Arminda, 1821…), des œuvres pour orchestre, de la  musique de chambre, des mélodies.

 

August Winding (1835-1899)

Pianiste et compositeur danois, il fut un élève de Niels Gade et sera nommé professeur au Conservatoire de Copenhague en 1867. Il en assurera la direction de 1891 à sa mort. Il laisse une symphonie, une Ouverture nordique, un concerto pour piano, un sextuor à cordes, un quatuor avec piano, des pièces pour piano, des lieder. Winding jouit d’une certaine réputation dans le monde artistique danois de son temps. Il fréquenta intimement avec lequel il voyagea en Italie en 1869. Gendre de J.P.E. Hartmann et beau-frère de Gade, il fut aussi critique musical.

 

Hardenack Otto Conrad Zinck (1746-1832)

Compositeur germano-danois, dès l’âge de 5 ans il se produit devant le roi Frederick V de Danemark,  à 12 ans son père lui enseigne le violon, la flûte et le piano, il fréquente l’école de latin de Husum en Allemagne, se rend à Hambourg à 21 ans où il chante dans un chœur d’église. C’est sous l’expertise de Carl Philipp Emanuel Bach, qu’il vénère, qu’il étudie la musique et le chant. Toujours à Hambourg il se mêle à la vie musicale de la ville, joue de la flûte et compose des pièces pour cet instrument. Il y donne des concerts par souscriptions (1774-1776) avant de continuer sa carrière à Ludwigslust  dans le Mecklenbourg-Schwerin. En septembre 1786 il se rend (avec sa femme, soprano) à Copenhague et joue devant la Cour et le Théâtre royal. L’année suivante il est embauché comme accompagnateur à la Chapelle royale (il a aussi pour mission d’enseigner le chant au théâtre). Il collabore et remplace aussi à l’occasion le chef J.A.P. Schulz. Nommé organiste de l’église du saint Sauveur de 1789 à 1801.  Organiste de la Cour de 1807 à sa mort. Carrière de pédagogue au collège de Blaagaard en 1791, il met sur pied plusieurs chœurs et officie comme acteur de la vie musicale danoise bien que totalement oublié de nos jours. Il publie des mélodies, des pièces pour voix et piano et meurt à Copenhague à l’âge de 74 ans. Il est l’arrière-grand-père du musicien d’église et contemporain de , Thomas Laub.

Une grande partie de sa carrière se déroule au Théâtre royal (pendant plus de 50 ans). Il y entre comme étudiant en 1790, comme souffleur en 1802, maître de chant de 1806 à 1842.

Son catalogue est riche d’environ 70 productions pour le Théâtre royal. Les plus renommées étaient des vaudevilles sur des textes de l’auteur  Johan Ludvig Heiberg (1791-1860).

 

De nombreuses collaborations musicales… pour quel(s) style(s) ?

On l’aura sans doute  perçu, à la lecture de ce qui précède, qualifier esthétiquement les musiques commandées par Auguste Bournonville à ses compatriotes génère de grandes difficultés de discrimination d’une partition à l’autre. En effet, du temps de Bournonville la musique danoise connut un grand essor de renouvellement  et une cristallisation autour de critères nouveaux que l’histoire a classé dans une grande rubrique générique : l’Age d’or de la musique danoise. Cette «modernisation »  est venue détrôner les productions de la génération précédente. La plupart des musiciens évoqués étaient de naissance germanique ou très récemment intégrés dans la communauté nationale  danoise ; ils ont véhiculé de nombreux ingrédients responsables d’innombrables avancées et réussites provenant de la musique sérieuse continentale. Un certain nombre de paramètres sociétaux les ont accueillis, absorbés et souvent métamorphosés avec pour résultante l’élaboration d’un courant musical relativement uniforme marqué par une certaine libération de conventions passées de type classique et préromantique. Une plus franche aisance thématique (courtes cellules aussi bien que longues lignes mélodiques) se manifeste généralement. Sur le plan harmonique il existe également quelques affranchissements bienvenus que de nombreuses oreilles contemporaines apprécièrent mais on restait quand même encore loin des audaces si récentes du dernier Beethoven. Les temps étaient favorables à l’expression d’une rythmique très variée mais d’amplitude circonscrite que dépasseront quelques décennies plus tard la majorité des créateurs ambitieux et non passéistes. Enfin, ces musiques de ballet utilisèrent, à l’instar de ce que l’on trouvait dans d’autres genres, une palette très élargie  d’expressions, de sentiments, de climats, de descriptions… Les compositeurs danois ayant collaboré avec Bournonville servaient un art chorégraphique sinon fixé ou figé, du moins bien déterminé et par conséquent proposaient à leur tour des partitions compatibles avec les desiderata du danseur et chorégraphe. Ainsi est-il rapidement évident à leur écoute successive que toutes ces musiques s’expriment dans des limites esthétiques très circonscrites. Cette constatation n’ôte rien à la valeur intrinsèque de chaque opus orchestral mais en explique les similitudes voire les franches ressemblances et proximités. Il est certain que ces musiques délivrent le maximum d’intérêt lorsqu’elles sont couplées à la danse. Musiques de l’Age d’or danois et  ballet romantique danois ont terriblement besoin l’un de l’autre et offrent le meilleur de leurs potentialités dans leur accouplement artistique au service du plaisir du spectateur-auditeur danois certes, mais sûrement aussi de n’importe quelle origine occidentale.

 

De quelques enregistrements de musiques danoises pour les ballets de Bournonville

Il nous faut d’abord signaler la passionnante réalisation due au label danois Danacord. Un précieux coffret de 9 CD enregistrés au cours des années 2000-2002 et  intitulé : Musikken til Bournonvilles Balleter/Musique pour les ballets de Bournonville. Références : DACOCD 631-639, code barre : 5 709499 631393. L’Orchestre symphonique d’Aalborg placé sous la baguette de Peter Ernst Lassen défend avec une belle implication et un bon goût appréciable tout ou partie de neuf des ballets du maître danois.

Véritable somme, on y découvrira les ouvrage suivants : La Sylphide ; Napoli ; Le Conservatoire ;  Kermeesen i Brügge ; Et Folkesagn ; La Ventana ; Pas de deux du Festivals des fleurs à Genzano ; Loin du Danemark ; Les Volontaires du roi à Amager.

Chez CPO nous disposons de la musique complète du ballet La Sylphide avec la musique de Løvenskiold dans une version de référence. Le Sinfonietta de la Radio danoise sous la baguette d’Harry Damgaard excelle dans cet enregistrement réalisé à la Radio nationale du 2 au 4 janvier 1997. CPO 999 520-2. Durée : 59’08.

Le même label réussit encore dans la gravure d’Et Folkesagn (musique de Gade et de Hartmann) avec les mêmes protagonistes que précédemment. Enregistrement réalisé dans la salle de concert de la Radio danoise les 8-10 août 1995. 2 CD CPO 999 426-2. Durée : 51’05 et 45’54.

L’indispensable série des œuvres orchestrales complètes de Hans Christian Lumbye avec l’Orchestre symphonique de Tivoli placés sous les directions de David Riddell et Giordano Bellincampi enregistrée par Marco polo dans les années  1997 -2003 propose la Valse de la Sylphide (vol. 9, réf. : 8.225264), l’Amager Polka n° 2 et le Galop final (vol.3, réf. : 8.225122), Salute to August Bournonville (vol.1, réf. : 8.223743), Polacca guerriera         , Pas de deux (vol. 10, réf. : 8.225265) , Galop final du ballet Napoli (vol. 11, réf. : 8.225266).

L’Orchestre symphonique national de la Radio danoise dirigé par Gennady Rozhdestvensky offre une sélection de pièces célèbres dont le Galop final de Napoli et le Galop final de Livjægerne på Amager sur un CD  Chandos CHAN 9209 enregistré en 1993. Ces deux partitions se retrouvent aussi sur un enregistrement Unicorn-Kanchana  (DKP9089) de 1989 intitulé « The Strauss of the North » avec l’Orchestre symphonique d’Odense dirigé par Peter Guth. Et encore sur un enregistrement Danacord (DACOCD 503) gravé en 1940-1942 par Thomas Jensen et  l’orchestre de Tivoli.

 

Sélection de deux DVD pour illustrer chorégraphies (et musiques) de Bournonville : Napoli et La Sylphide

On recommandera une version majeure de La Sylphide proposée par Warner Music Vision (50-51011-2322-2-0), Clef ResMusica (lire notre critique), qui magnifie la chorégraphie laissée par Bournonville et la musique d’Herman Løvenskiold. Dans une production originale de Hans Brenaa, nous découvrons la mise en scène de Henning Kronstam et d’Arlette Weinreich. La Sylphide est dansée par l’irréprochable et James par l’excellent . On soulignera la performance d’actrice de la sorcière interprétée par Sorella Englund. Les danseurs du Ballet royal danois, l’Orchestre royal danois et son chef Poul Jørgensen s’associent pour accoucher d’une version de choix que tout amateur du ballet romantique se doit de posséder et de re-visionner pour sa fraîcheur, sa spontanéité et la qualité de tous les intervenants. Ballet filmé au Théâtre royal de Copenhague en octobre 1988.  Durée : 62 minutes.

Au dramatisme romantique de La Sylphide on opposera Napoli pour sa joie de vivre, sa spontanéité, ses scènes de la vie populaire sous le soleil de l’Italie et peut-être la sensualité de ses habitants. On retrouve tout cela dans une version de référence organisée par le Théâtre royal de Copenhague, l’Orchestre royal danois (et son chef Peter Ernst Lassen) dans la mise en scène de Kirsten Ralov. Gennaro est dansé par Arne Villumsen, Veronica par Mona Jensen, Teresina par Linda Hindberg… DVD Warner Music Vision (2564-63477-2) d’une durée de 97 minutes, enregistrement de 1986. Lire la critique du DVD.

 

Sources écrites succinctes

On trouvera de nombreuses données écrites et iconographiques sur le site bournonville.com

CARON, Jean-Luc. Grands symphonistes nordiques méconnus. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen (A.F.C.N.) n° 8, 1991. En rapport avec notre sujet des entrées concernant : Niels Gade  et J.P.E. Hartmann.

CARON, Jean-Luc. Niels Gade. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen (A.F.C.N.) n° 17, 1997.

CARON, Jean-Luc. Hans Christian Lumbye (1810-1874) : Le Johan Strauss du Nord. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen (A.F.C.N.) n° 29-32, 2002, p. 180-197.

CARON, Jean-Luc. Les Musiciens danois de l’Age d’Or. Un survol. Etude mise en ligne sur ResMusica.com (La Série des Danois n° 5) le 30 avril 2009.

CARON, Jean-Luc. J.P.E. Hartmann : La Petite Christine, opéra romantique danois. Etude mise en ligne sur Resmusica.com (La série des Danois n° 12) le 29 août 2011.

CARON, Jean-Luc. La Sylphide, musique de ballet du Danois H.S. Løvenskiold (La Série des Danois n° 15). Etude mise en ligne sur ResMusica.com le 20 août 2011.

CELENZA, Anna Harwell. The Early Works of Niels W. Gade. In search of the poetic. Ashgate. 2001.

FOG, Dan. Lumbye-Katalog. Det Kongelige Bibliotek. Museum Tusculanums Forlag. 1995.

JÜRGENSEN, Kund Arne. Are the music and choregraphy for « The Flower Festival » Pas de deux by Paulli and Bournonville ?

LAUNAY, Denise. Bournonville. Une famille de musiciens français. New Grove Dictionary of Music and Musicians. Edited by Stanley Sadie. MacMillan Publishers Limited. 1980.

LUNN, Sven (sous la direction de). La vie musicale au Danemark. Publié par la commission permanente des expositions à la maison du Danemark. Copenhague, 1962.

VERCHALY, A. Ballet. In Dictionnaire de la musique. Marc Honegger. Bordas. 1976.

Napoli. Ballet royal du Danemark. Divers auteurs. Opéra national de Paris. Saison 2011-2012.

Pour davantage de références nous renvoyons aux bibliographies présentes dans les articles sus-référencés.

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