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Tours : l’Aiglon royal

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Tours. Grand Théâtre. 17-IV-2013. Arthur Honegger (1892-1955) & Jacques Ibert (1890-1962) : L’Aiglon, drame musical en 5 actes sur un livret de Henri Cain d’après la pièce d’Edmond Rostand. Mise en scène : Renée Auphan d’après la production de Patrice Caurier et Moshe Leiser. Décors : Christian Fenouillat. Costumes : Agostino Cavalca. Lumières : Christophe Forey. Avec : Carine Séchaye, Duc de Reichstadt ; Marc Barrard, Flambeau ; Franco Pomponi, Metternich ; Benoit Capt, Marmont ; Florian Cafiero, l’attaché militaire français ; Chloé Chaume, Thérèse de Lorget ; Marie Karall, Marie-Louise ; Ronan Nédélec, Prokesch-Osten. Chœurs de l’Opéra de Tours (direction : Emmanuel Trenque), Orchestre Symphonique Région Centre Tours, direction : Jean-Yves Ossonce.

En 2004, , alors directrice de l’Opéra de Marseille, avait remis à l’affiche L’Aiglon de Honegger et Ibert dans une remarquable mise en scène de et , qui n’avait malheureusement pas connu de reprises jusqu’à cette année.

Les Opéras de Lausanne et de Tours ont eu l’excellente idée de s’associer pour donner une nouvelle vie à ce spectacle, en assurant désormais la régie. On ne sait que louer, du goût parfait des décors et des costumes, de la qualité des lumières qui contribuent à donner à chaque scène sa juste atmosphère, ou d’une direction d’acteurs minutieuse qui permet de caractériser jusqu’aux personnages secondaires. Les scènes de genre sont traitées avec tact et imagination, qu’il s’agisse du bal masqué dans le parc de Schönbrunn ou de l’hallucinante vision dans la plaine de Wagram. Cette production ne connaît aucune baisse de tension jusqu’à son poignant épilogue.

Succéder dans cette production à l’incandescente Alexia Cousin et à l’exemplaire représentait un défi pour les deux principaux protagonistes ; il a été brillamment relevé. En effet, le succès de cette soirée repose beaucoup sur l’extraordinaire engagement dramatique et vocal de . Portant remarquablement le travesti, elle parvient à traduire tous les émois du jeune prince et chante avec une énergie qui balaie toute réticence. Il ne fait aucun doute que le rôle de l’Aiglon marquera profondément sa jeune carrière. , qui a troqué l’habit de Metternich pour celui de Flambeau, s’inscrit au même niveau avec une voix à pleine maturité et une composition profondément humaine, et tous deux possèdent une diction exemplaire.

Nous sommes plus réservés en ce qui concerne : les moyens vocaux sont incontestables mais le style laisse à désirer et le personnage évoque plus sûrement un traître de vaudeville qu’un aristocrate autrichien. Les seconds plans, confiés pour la plupart à des membres du chœur et à de jeunes chanteurs en début de carrière, sont globalement satisfaisants avec mention au Marmont de Benoît Capt, pour l’intégrité vocale comme pour la subtilité de l’interprétation.

Grand promoteur du répertoire français, rend justice avec une parfaite précision à cette partition à quatre mains qui exige autant d’élégance dans sa suite de valses que d’énergie dans les points d’orgue.
Sous sa baguette, l’Orchestre Symphonique Région Centre-Tours se montre sous son meilleur visage, tant par sa discipline exemplaire que par sa richesse sonore, tout comme les chœurs intervenant en coulisses. Cette production restera incontestablement comme l’un des évènements de cette saison lyrique.

 

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Tours. Grand Théâtre. 17-IV-2013. Arthur Honegger (1892-1955) & Jacques Ibert (1890-1962) : L’Aiglon, drame musical en 5 actes sur un livret de Henri Cain d’après la pièce d’Edmond Rostand. Mise en scène : Renée Auphan d’après la production de Patrice Caurier et Moshe Leiser. Décors : Christian Fenouillat. Costumes : Agostino Cavalca. Lumières : Christophe Forey. Avec : Carine Séchaye, Duc de Reichstadt ; Marc Barrard, Flambeau ; Franco Pomponi, Metternich ; Benoit Capt, Marmont ; Florian Cafiero, l’attaché militaire français ; Chloé Chaume, Thérèse de Lorget ; Marie Karall, Marie-Louise ; Ronan Nédélec, Prokesch-Osten. Chœurs de l’Opéra de Tours (direction : Emmanuel Trenque), Orchestre Symphonique Région Centre Tours, direction : Jean-Yves Ossonce.

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