Vasily Petrenko intériorise la Leningrad

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonies n°7 en Symphonie n° 7 en do majeur op. 60, « Leningrad » ; Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, direction : Vasily Petrenko. 1 CD Naxos. Référence 8. 5723057. Enregistré en juin 2012. Notice de présentation en anglais. Durée : 79’15

 

Les Clefs ResMusica

Le jeune chef , né à Saint-Pétersbourg, poursuit avec la Leningrad son intégrale symphonique de Chostakovitch chez Naxos, et confirme qu’il a une stature à défier les plus grands chefs actuels dans ce répertoire. Et au premier chef Gergiev lui-même qui a enregistré la Leningrad la même année 2012 avec l’Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg (Mariinsky, Clef ResMusica).

On retrouve naturellement les qualités de brillance, virtuosité et sens de la narration qui caractérisaient ses précédentes gravures (voir nos chroniques des Symphonies n°1 et 3 (Clef d’Or ResMusica 2011), n°2 et 15 (Clef ResMusica), n°5, 8 et 9,  n°6 et 12). Là où Gergiev impressionne par le grain de l’orchestre et l’ampleur démonstrative de sa direction, Petrenko démontre qu’on peut être russe et jouer sur l’intériorité et la finesse, voir un certain lyrisme. Il est aidé dans cette optique par l’approche anglo-saxonne de l’orchestre de Liverpool, qui dédramatise le propos et rend l’atmosphère plus respirable, loin du caractère oppressant que conférait à cette musique les grands témoins de la Deuxième guerre mondiale, de Mravinsky  (Melodya) à Yuri Ahronovitch (Profil Medien) en passant par Ančerl (Praga) ou même Stokowski, de l’autre côté de l’Atlantique (Music & Arts). Et on sait désormais que Petrenko est capable d’adopter une direction plus tranchante et âpre, comme il en a fait la preuve à la tête du Philharmonique de Radio France dans la Symphonie n°4 ce mois-ci à Paris. Surtout, il parvient à bien répartir la tension et unifier les quatre mouvements de la Leningrad, ce qui est une gageure dans cette oeuvre marquée par un premier mouvement spectaculaire.

Le constat dressé dans nos précédentes chroniques reste inchangé, réalise bien la grande intégrale contemporaine de l’œuvre de Chostakovitch. Un cycle d’ailleurs qui a reçu l’imprimatur de l’Association Internationale Dimitri Chostakovitch, créée à Paris sous les auspices de sa veuve Irina Chostakovitch.

A ce jour, Vasily Petrenko n’a pas encore dirigé le Philharmonique de Leningrad ni l’Orchestre du Théâtre Mariinsky. Temirkanov et Gergiev seraient bien inspirés de lui ouvrir rapidement les portes de leur orchestre, s’ils ne veulent pas être soupçonnés de craindre la comparaison avec la génération montante.

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