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Les Contes d’Hoffmann à San Francisco font diablement mouche avec Natalie Dessay

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San Francisco. War Memorial Opera House. 30-VI-2013. Jacques Offenbach (1819-1880) : Les Contes d’ Hoffmann, opéra fantastique en
un prologue, trois actes et un épilogue sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Mise en scène et costumes : Laurent Pelly. Décors :
Chantal Thomas. Lumières : Joël Adam. Avec : Matthew Polenzani, Hoffmann; Hye Jung Lee, Olympia; Natalie Dessay, Antonia; Irene
Roberts, Giulietta; Jacqueline Piccolino, Stella; Angela Brower, La Muse/Nicklausse; Christian Van Horn, Lindorf/Coppélius/Dr. Miracle/
Dapertutto; Steven Cole, Andrès/Cochenille/Frantz/Pitichinaccio. Choeur du San Francisco Opera (chef de choeur : Ian Robertson). Orchestre du San Francisco Opera, direction : Patrick Fournillier.

Disons-le d’emblée, tout net, cette collaboration entre Barcelone, San Francisco et Lyon, vocalement percutante ici, fait diablement mouche ! Car, tout simplement, précise, explicite, dégraissée, enlevée, bref aboutie, elle sait aller droit au but. Inutile de ressasser l’historique du livret, les structures de ces Contes. Une poule n’y retrouverait pas ses petits. Fort heureusement, notre collègue Catherine Scholler, elle, les y aura retrouvés pour nous (cf : Les Contes d’ Hoffmann, Pleyel, 2012).

C’est la version / qui prévaut ici ce soir, assaisonnée, mais si peu, de Choudens et d’Oeser. Les dialogues sont ceux écrits par (dramaturge) pour Lausanne (2005), rabibochés pour Barcelone (février 2013). Les décors, sobres, austères (discrets) de Chantal Thomass, bleu-gris, sombres ou noirs, faits de ces panneaux coulissants qui peuvent alors réduire ou élargir un espace que ne renierait aucunement l’Alice de Lewis Carroll, fonctionnent à plein. Les costumes, sont, eux, noirs, bourgeois, haussmanniens. La mise en scène, incisive et fervente, quasi minimaliste, toute simple, raconte. Pelly laisse alors le fantastique aux vestiaires et rapporte, sans fard aucun, les illusions et divagations, les désirs et les doutes d’un vieil ivrogne, lunatique et dépressif, poète à ses heures, en mal de femme.

La voix fraîche et lyrique de (Olympia) surprend agréablement mais certains suraigus stratosphériques manquent singulièrement de stabilité et de justesse. Engagée, l’Antonia de , qui aborde le rôle avec intelligence et sérieux, émeut de bout en bout. Les dialogues sont soigneusement « dits »… La voix, lumineuse, à l’aigu tendre et franc, sait aussi se faire chambriste lorsque’il le faut. La Giulietta d’, tout comme la Stella de , convainc. Leurs voix sont sensuelles et riches, opulentes. , mal engagé, déçoit en début de parcours : une émission réduite, un chant raide, un aigu tiraillé, font craindre le pire.

Notre Hoffmann saura se ressaisir dès l’acte 2 et soudain charmeur, puis impérieux, voire imposant, tirera son épingle du jeu. La voix solide et bien forgée, au timbre prenant, négociera alors ses propos, après un prologue et un acte 1 bancals, avec éloquence et punch. A signaler également l’excellent , Méphisto de classe, l’excellente . Le reste de la distribution ne dépare certainement pas. Le choeur, souvent fracassant, la direction limpide, superbement lisse, efficace, de , participent pleinement de ces Contes. La dernière strophe de la chanson de Kleinzach à l’ acte 5 boucle la boucle. Tout est fin clair. Tout est fin compris. Rideau !… et au diable le fantastique !

Crédit photographique : © Terrence McCarthy

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San Francisco. War Memorial Opera House. 30-VI-2013. Jacques Offenbach (1819-1880) : Les Contes d’ Hoffmann, opéra fantastique en
un prologue, trois actes et un épilogue sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Mise en scène et costumes : Laurent Pelly. Décors :
Chantal Thomas. Lumières : Joël Adam. Avec : Matthew Polenzani, Hoffmann; Hye Jung Lee, Olympia; Natalie Dessay, Antonia; Irene
Roberts, Giulietta; Jacqueline Piccolino, Stella; Angela Brower, La Muse/Nicklausse; Christian Van Horn, Lindorf/Coppélius/Dr. Miracle/
Dapertutto; Steven Cole, Andrès/Cochenille/Frantz/Pitichinaccio. Choeur du San Francisco Opera (chef de choeur : Ian Robertson). Orchestre du San Francisco Opera, direction : Patrick Fournillier.

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