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Orphée de Gluck à Grenoble, délicieusement classique

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Grenoble. MC2. 21-III-2014. Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Orfeo ed Euridice (version de Vienne, 1762). Mise en scène : Ivan Alexandre ; décors et costumes : Pierre-André Weitz ; lumières : Bertrand Killy. Avec : Bejun Mehta, Orfeo ; Camilla Tilling, Euridice ; Ana Quintans, Amore ; Uli Kirsch, la Mort. Cor de cambra del Palau de la Música Catalana (chef de choeur : Josep Vila i Casañas), Les Musiciens du Louvre, direction : Marc Minkowski

orfeo110 ans ! Cela faisait 10 ans qu’un opéra n’avait plus été monté à Grenoble. Pourtant la ville ne manque ni de public pour ce genre, ni de forces musicales – les y sont en résidence depuis 1996, ni de lieu avec la MC2. C’est avec cet Orfeo ed Euridice de Gluck, dans sa première version viennoise, en italien, co produit avec entre autres la Mozartwoche de Salzbourg, que l’art lyrique refait surface dans la capitale du Dauphiné.

Aux commandes : évidemment, qui n’est jamais autant performant que dans ce répertoire pré-classique. Sous sa direction la partition de Gluck fourmille d’inventivité sonore, chaque détail instrumental est mis en valeur, on retrouve ici le chef qui fit tant sensation à ses débuts avant de se fourvoyer dans d’autres lectures et d’autres répertoires. L’orchestre des se surpasse, le est excellent, le plateau de solistes d’un niveau exceptionnel. est un Orfeo idéal, poignant de sincérité dans son expression vocale et très bon acteur. lui donne une réplique idéale en Euridice. est un peu gênée dans le rôle de l’Amour en raison d’une tessiture un peu trop basse, mais livre une interprétation juste.

La mise en scène d’ ne renouvelle pas le drame, mais l’illustre correctement en restant fidèle à la lettre et à l’esprit de l’oeuvre. De bonnes idées, preuves d’une grande culture générale et d’une profonde connaissance de cette esthétique, émaillent sa mise en scène. Ainsi la personnification de la Mort (par l’acteur Uli Kirsch), rôle muet qui mène le drame jusqu’à la délivrance finale ; ou la référence au discours d’Aristophane dans Le Banquet de Platon : Orphée et Eurydice sont liés par le corps, séparés de force, et chacun est en recherche de sa « moitié ». Toutefois la référence finale à Adam et Eve, avec la Mort tentant Eurydice avec une pomme, plombe un spectacle jusqu’alors cohérent – preuve que la direction d’acteur est l’art de la maturation. Les décors de alliés aux lumières de Bertrand Killy restent dans la logique de ces deux créateurs : sobres, jouant avec les perspectives, et toujours efficaces.

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Crédit photographique : © Mozartwoche Salzburg

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Grenoble. MC2. 21-III-2014. Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Orfeo ed Euridice (version de Vienne, 1762). Mise en scène : Ivan Alexandre ; décors et costumes : Pierre-André Weitz ; lumières : Bertrand Killy. Avec : Bejun Mehta, Orfeo ; Camilla Tilling, Euridice ; Ana Quintans, Amore ; Uli Kirsch, la Mort. Cor de cambra del Palau de la Música Catalana (chef de choeur : Josep Vila i Casañas), Les Musiciens du Louvre, direction : Marc Minkowski

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