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Découverte de Zamponi grâce à Leonardo García Alarcón

À emporter, CD, Opéra

Gioseffo Zamponi (1600/10-1662) : Ulisse all’isola di Circe. Mariana Flores, Céline Scheen, sopranos ; Dominique Visse, Fabián Schofrin, contre-ténor ; Fernando Guimarães, Zachary Wilder, ténors ; Furio Zanasi, baryton ; Sergio Foresti, Matteo Belloto, basses ; Solistes du Chœur de Chambre de Namur, Clematis, direction : Leonardo García Alarcón. 2 CDs Ricercar RIC 342. Code barre : 5400439003422. Enregistré en février 2012. Livret trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 120’18.

 

Les Clefs d'or

zamponi ulisseNouvelle exhumation d’un compositeur baroque italien à mettre au crédit du bouillonnant , après notamment les trouvailles réussies que constituent Michelangelo Falvetti (XVIIe siècle) et Giovanni Giorgi (XVIIIe siècle).

à présent, précisément son opéra Ulisse all’isola di Circe, d’après l’Odyssée d’Homère et une belle histoire de redécouverte comme l’aime le milieu de la musique ancienne. Premier opéra créé à Bruxelles le 24 février 1650 à l’occasion du mariage de Philippe IV d’Espagne et de Marie-Anne d’Autriche, l’œuvre est reprise avec succès lors du passage dans cette même ville de la reine Christine de Suède en 1655 suite à son abdication (l’époque correspondant à sa conversion au catholicisme).

Au cour de recherches sur cette reine étonnante, retrouve la trace de cet Ulisse all’isola di Circe dont le manuscrit complet est conservé à Vienne. Il met sur la piste , de l’, qui se penche en 2004 sur l’ouvrage, encouragée par . L’opéra est finalement donné en version de concert une première fois en 2006 à Bruxelles puis repris avec un effectif étoffé en 2012 à Liège au moment où l’enregistrement voit sa réalisation proposée par Ricercar.

Ulisse all’isola di Circe de Zamponi s’appuie sur un livret du poète Ascanio Amalteo racontant l’arrivée d’Ulysse sur l’île de Circé. En proie aux manipulations de Vénus, à la protection de Mercure, il résiste, contrairement à ses disciples, aux sortilèges de la magicienne mais succombe au charme, à la beauté de la femme. Après différentes péripéties, il finit par quitter Circé.

Comme souvent dans ce répertoire, on entend une œuvre réalisée par les interprètes, qui s’appuient sur beaucoup d’hypothèses en ce qui concerne l’instrumentation, l’accompagnement des airs, le continuo et la transposition de certains rôles. On est proche dans l’esprit de l’opéra vénitien, plus particulièrement du Monteverdi tardif et de Cavalli, avec l’alternance de scènes allant du tragique au comique, à la bouffonerie même. Et une musique très séduisante, sensuelle, variée dans son écriture (arias, duos, interventions chorales…) mais qui doit beaucoup aux habiles options d’orchestration de Leonardo García Alarcón. Grâce à l’investissement des artistes réunis, à l’homogénéité du plateau de solistes, la présence truculente de , la séduction opère. Mais comme souvent dans ce type d’entreprise, il y a, du moins au disque, l’enthousiasme de la découverte, le plaisir de la réécoute, la curiosité d’y retourner, puis, de notre point de vue, l’envie de passer à autre chose.

Une belle découverte néanmoins, et un travail éditorial remarquable comme souvent chez ce label belge.

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