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Thomas Hampson en difficulté à Salzbourg

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Salzbourg. Haus für Mozart. 31-VII 2014. Richard Strauss (1864-1949): Himmelsboten, op. 32/5; Heimliche Aufforderung, op. 27/3; Freundliche Vision, op. 48/1 ; Traum durch die Dämmerung, op. 29/1 ; Die Nacht, op. 10/3 ; Mein Herz ist stumm, op. 19/6 ; Sehnsucht, op. 32/2 ; Befreit, op. 39/4, Morgen!, op. 27/4 ; Notturno, op. 44/1 ; Vom künftigen Alter, op. 87/1 ; Und dann nicht mehr, op. 87/3 ; Im Sonnenschein, op. 87/4. Thomas Hampson, baryton ; Yamei Yu, violon ; Wolfram Rieger, piano.

Liederabend_Thomas_Hampson_c_Silvia_Lelli02Le public salzbourgeois aime les stars : le nom de n’aura certes pas tout à fait réussi à remplir les 1500 places de la salle, mais il suffit à susciter de considérables ovations à la fin d’un concert qui aura pourtant laissé plus de frustrations que d’enchantement. Hampson ne manque pas de dire au cours des bis le bonheur qu’il a à consacrer une soirée entière à Richard Strauss à Salzbourg, mais même en cette « Année Strauss », le résultat suscite bien des réserves. Strauss a certes écrit beaucoup de mélodies, mais il n’est pas sûr que celles présentées après l’entracte – depuis Notturno, ici accompagné par un violon approximatif – soient tout à fait de la même qualité que celles présentées avant, le manque de sensibilité poétique de Strauss dans le choix des textes devenant toujours plus patent. Surtout, à ce stade de sa carrière, n’est plus le meilleur interprète possible pour des œuvres qui exigent pour beaucoup une voix glorieuse et sensuelle. Le chanteur a sans doute perçu le danger, puisqu’il propose un programme officiel d’une petite heure de musique tout juste, à peine prolongé par trois courts bis (deux mélodies qui étaient encore annoncées début juillet, Ruhe meine Seele et Am Ufer, ont été entre temps supprimées) ; mais le résultat reste extrêmement frustrant malgré tout.

C’est d’abord la perte de maîtrise sur l’ensemble de la tessiture qui inquiète : les graves sont entamés, mais les aigus sont franchement inatteignables. Mais les ravages vont au-delà : le timbre chaleureux du baryton, qui en avait fait un des meilleurs interprètes du lied pendant un quart de siècle, a fondu, la voix est désormais décharnée sans que d’autres qualités soient vraiment venues remplacer la fraîcheur disparue, comme nous l’avions d’ailleurs remarqué dans un récent Parsifal à Munich. Chez certains compositeurs, un travail approfondi sur le mot et la diction aurait pu en partie compenser cette perte de matière, mais il est révélateur que Hampson, au contraire, en perde son allemand, en escamotant les consonnes gênantes ou en changeant au besoin les valeurs des voyelles pour parvenir à tenir la ligne. accompagne le chanteur avec soin et précision, bien que sans beaucoup de personnalité ; il ne pouvait de toute façon à lui seul sauver un concert à oublier.

Crédit photographique : © Salzburger Festspiele / Silvia Lelli

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Salzbourg. Haus für Mozart. 31-VII 2014. Richard Strauss (1864-1949): Himmelsboten, op. 32/5; Heimliche Aufforderung, op. 27/3; Freundliche Vision, op. 48/1 ; Traum durch die Dämmerung, op. 29/1 ; Die Nacht, op. 10/3 ; Mein Herz ist stumm, op. 19/6 ; Sehnsucht, op. 32/2 ; Befreit, op. 39/4, Morgen!, op. 27/4 ; Notturno, op. 44/1 ; Vom künftigen Alter, op. 87/1 ; Und dann nicht mehr, op. 87/3 ; Im Sonnenschein, op. 87/4. Thomas Hampson, baryton ; Yamei Yu, violon ; Wolfram Rieger, piano.

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