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William Christie, retour sur le grand motet français

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Paris. Cité de la Musique. 2-X-2014. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Grands motets Quam Dilecta et In convertendo ; Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772) : Grands motets Dominus regnavit et In exitu Israel. Rachel Redmond, Katherine Watson, dessus ; Cyril Auvity, haute-contre ; Marc Mauillon, basse-taille ; Cyril Costanzo, basse. Les Arts florissants (chef de chœur : François Bazola) ; direction : William Christie.

choeur-matssasA la Cité de la Musique, revient sur quelques joyaux de son répertoire, non sans rigidités.

Aucun interprète n’a autant contribué autant que à la redécouverte du grand motet, ce genre typiquement français qui unit chœur, orchestre et solistes au double service de la liturgie divine et de la monarchie de Versailles. Les quatre motets inscrits par au programme d’une longue tournée figurent sur deux disques qui font référence dans une discographie peu abondante : l’appropriation de ce répertoire par Christie et son ensemble est à vrai dire telle que la concurrence n’est pas très encouragée à s’y aventurer.

Il est toujours aventureux de comparer un disque déjà ancien avec un concert : du moins le concert a-t-il pour premier mérite de confirmer le très grand intérêt d’un répertoire qui reste beaucoup trop rare au programme des salles de concert. Et si c’est une année Rameau qui donne l’occasion extérieure de cette tournée, les grands motets de Mondonville montrent bien qu’ils savent toujours faire l’événement : ce n’est pas seulement l’écriture figurative très frappante des chœurs d’In exitu Israel qui impressionnent, mais aussi la richesse des couleurs dans des airs qui, beaucoup plus que chez Rameau, ne cachent pas leur inspiration opératique.

Sans surprise, la salle des concerts de la Cité est presque pleine pour un tel programme ; plus surprenant, elle paraît presque grande pour cette musique qui s’y perd un peu, surtout en ce qui concerne un orchestre trop discret. La grande familiarité de Christie avec ce répertoire reste toujours impressionnante, mais on ne peut nier qu’elle s’accompagne ici d’une certaine raideur qui ne sert pas la profusion sonore de ces œuvres : la distinction aristocratique à laquelle aspire Christie va de pair avec un manque de vie et d’audace qui devient préoccupant ces dernières années. L’excellence du chœur des Arts Flo suffit néanmoins à donner une bonne image de leur riche écriture, tout comme les deux solistes féminins, parmi les meilleurs à être sorties du Jardin des Voix animées par Christie.

Photo : Choeur des Arts Florissants © Philippe Matsas

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Paris. Cité de la Musique. 2-X-2014. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Grands motets Quam Dilecta et In convertendo ; Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772) : Grands motets Dominus regnavit et In exitu Israel. Rachel Redmond, Katherine Watson, dessus ; Cyril Auvity, haute-contre ; Marc Mauillon, basse-taille ; Cyril Costanzo, basse. Les Arts florissants (chef de chœur : François Bazola) ; direction : William Christie.

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