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Jansons et Zimerman, Brahms inouï

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Munich. Herkulessaal. 5-XI-2014. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n° 1, op. 15 ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 5, op. 47. Krystian Zimerman, piano. Orchestre symphonique de la Radio Bavaroise ; direction : Mariss Jansons

JansonsCe n’est pas que nous ne croyons pas aux mérites du coup de foudre, mais nous peinons à croire que le miraculeux concert donné ce soir par aurait été possible il y a dix ans.

C’est en effet en 2003 que Jansons est devenu le 5e directeur musical de l’orchestre de la Radio Bavaroise, fondé en 1949 : une telle symbiose aurait-elle pu être possible sans une décennie de travail assidu, centré sur le grand répertoire mais ouvert aussi à d’autres expériences ?

Il ne serait pas très élégant de contester les mérites très réels de , d’autant qu’il faisait ici son retour à Munich après de très nombreuses années d’absence : dans son apparente spontanéité, son interprétation apparaît même plus approfondie que celle qu’il avait donné avec lors d’une récente tournée parisienne du Concertgebouw. Les deux musiciens s’accordent pour donner du concerto de Brahms une interprétation à rebours du post-romantisme massif et sombre qui lui est souvent associé, et cette interprétation lumineuse et altier ne vient pas atténuer l’impact de l’œuvre, bien au contraire. Les tempi choisis sont, surtout dans les deux premiers mouvements, assez lents, mais au profit d’une aération du discours, pas d’une plus grande solennité : la légèreté des cordes où les cordes graves viennent sourdre et nourrissent l’éther des cordes aiguës est d’une infinie poésie. Un sondage très commenté du magazine Gramophone avait placé en 2008 l’orchestre de la Radio bavaroise au sixième rang des meilleurs orchestres mondiaux : il est évident que son classement serait aujourd’hui plus haut encore.

Après l’entracte, Mariss Jansons retrouve Chostakovitch, dont il avait enregistré toutes les symphonies avec ses orchestres successifs entre 1988 et 2006 : celle jouée ce soir est un vrai délice pour l’orchestre, entre force émotionnelle et clins d’œil appuyés. L’orchestre et son chef sont chez eux dans ce répertoire, et le public exulte après le finale comme il l’avait fait pour Brahms.

Photo : BR

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Munich. Herkulessaal. 5-XI-2014. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n° 1, op. 15 ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 5, op. 47. Krystian Zimerman, piano. Orchestre symphonique de la Radio Bavaroise ; direction : Mariss Jansons

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