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Une belle Création de Haydn par Thomas Zehetmair

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Paris. Philharmonie de Paris. 23-I-2015. Joseph Haydn (1732-1808) : Die Schöpfung (La Création), oratorio Hob.XXI:2. Sunhae Im, soprano ; Werner Güra, ténor ; Florian Boesch, basse ; Orchestre de chambre de Paris, direction : Thomas Zehetmair ; Accentus (chef de chœur : Marc Korovitch).

Werner Güra © Monika RittershausPour sa première à la Philharmonie de Paris, l’ retrouve le chœur pour proposer un sommet de la musique religieuse, à même de ravir un public venu nombreux. Les attentes ne sont pas déçues.

Dès les premières mesures, on sent que la soirée sera bonne. Hormis quelques petites imprécisions dans l’introduction, l’orchestre offre une bonne maîtrise. Ses sonorités sont équilibrées, malgré la faiblesse relative de ses effectifs dans les pupitres de cordes. et en Raphael et Uriel répondent présent, le chœur plane finement sur cette évocation du chaos originel. Et surtout, l’accoustique de la nouvelle salle est irréprochable : pas de retour, pas d’atténuation, grande netteté des différentes voix. Seule inconnue : les spectateurs assis derrière la scène distinguent-ils correctement les violons et les solistes, situés à l’avant de la scène ?

Instrumentistes et chanteurs déroulent avec bonheur les récitatifs (certains très accompagnés), les airs et les chœurs qui rythment les jours du travail divin, dans les deux premières parties. Les effets figuratifs destinés à illustrer les beautés de la Création et les bienfaits du Créateur sont rendus avec subtilité. Mais les trois solistes ne rentrent pas tous dans l’œuvre avec le même bonheur. , qui a la partie la moins développée, donne une prestation propre, belle mais sans grand relief. Tandis que a parfois du mal à se détacher de l’orchestre, en particulier dans les arie, comme dans «  Rollend in schäumenden Wellen…» (n°6) où il semble lutter dans les méandres créés par les instruments figurant la création des montagnes, des mers et des fleuves. En revanche, la voix claire et assurée, joyeuse, expressive et parfois joliment enjouée de fait merveille d’un bout à l’autre, ainsi notamment lorsque l’archange Gabriel, dans l’air «  Auf starkem Fittiche…» (n°15), dépeint les oiseaux dans un savoureux dialogue avec les bois de l’orchestre.

Dans la troisième partie, où Adam et Ève dialoguent en la présence bienveillante d’Uriel, basse et soprano réussissent à trouver une belle homogénéité, non sans évoquer Papageno et Papagena. L’œuvre se clôt sur un chœur final avec solistes, très réussi et sans faux pas, qui communique au public son message de jubilation. Du début à la fin, le chœur aura été impeccable, notamment dans les passages déclamés et fugués où il est impressionnant de force et de précision.

Crédit photographique  : Werner Güra © Monika Rittershaus

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Paris. Philharmonie de Paris. 23-I-2015. Joseph Haydn (1732-1808) : Die Schöpfung (La Création), oratorio Hob.XXI:2. Sunhae Im, soprano ; Werner Güra, ténor ; Florian Boesch, basse ; Orchestre de chambre de Paris, direction : Thomas Zehetmair ; Accentus (chef de chœur : Marc Korovitch).

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