Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Berlioz transcrit par Liszt, un sommet pour alto et piano

Plus de détails

Paris, Auditorium du Louvre, 01-IV-2015. Hector Berlioz (1803-1869) : Harold en Italie, symphonie en 4 parties (arrangement de Franz Liszt) ; Franz Liszt (1811-1886) : Romance oubliée S132 ; Henri Vieuxtemps (1820-1881) : Élégie op. 30 ; Sonate en si bémol majeur op. 36. Antoine Tamestit, alto ; Cédric Tiberghien, piano.

Tamestit_Antoine-Foto20Alvaro20Yanez Un programme romantique pour piano et alto, avec l’extraordinaire transcription de Harold en Italie par Liszt.

Dans le répertoire pour alto, même une sonate comme celle de Vieuxtemps, qui ne prétend pas aller au delà d’une élégante virtuosité, est une pièce de quelque importance. On a pourtant presque du mal à en percevoir la haute difficulté technique, car semble se jouer de tous les obstacles. La brève Élégie profite de la même attention aux nuances et de la beauté sonore dans tous les registres.

Harold en Italie arrangé par Liszt excite bien plus l’enthousiasme. L’intérêt de cette partition dépasse de loin l’utilité d’une transcription pour piano. Schumann écrivait ainsi, bien que ce fût à propos de la Symphonie fantastique, qu’elle devait être considérée « comme une œuvre originale, un résumé de ses profondes études, une école pratique du clavier pour l’exécution des partitions. » On sera peut-être étonné qu’une pièce d’orchestre aussi brillante et colorée puisse garder son pouvoir au piano, mais c’est un fait.

Cette partie est admirablement interprétée par , qui se coltine seul les paroxysmes de « L’orgie de brigands », jusqu’à des espèces de trémolos sur trois octaves ! Ce qu’il nous offre n’est pas seulement une performance technique, c’est aussi une intelligence de l’œuvre : les pèlerins que l’on voit (car c’est comme si on les voyait) s’approcher doucement dans un paysage de Corot, le bourdon qui accompagne narquoisement la « Sérénade d’un montagnard », voilà des aspects que le pianiste éclaire mieux que beaucoup de chefs d’orchestre.

Dans son cheval de bataille, donne une impression de parfaite aisance d’autant plus satisfaisante qu’il ne cède jamais à la facilité. La partition est rendue dans son moindre détail, le piano lui permettant même de donner le « presque rien » demandé par Berlioz pour la reprise de son entrée, et des arpèges d’une beauté irréelle à la fin de la « Marche des pèlerins ».

Une pièce très intéressante, en regard du Harold : une mélodie inédite de Liszt qu’un éditeur retrouva en 1881, que Liszt réécrivit pour alto et piano, et nomma « Romance oubliée ». Là encore, grâce aux admirables interprètes, l’œuvre prend tout son sens. Et l’on se laisse émouvoir par la nostalgie du compositeur, qui, quarante ans après sa transcription de Berlioz, termine sa paraphrase avec une réminiscence des magiques arpèges qui flottent autour des pèlerins.

Crédits photographiques : Antoine Tamestit © Alvaro Yanez

Plus de détails

Paris, Auditorium du Louvre, 01-IV-2015. Hector Berlioz (1803-1869) : Harold en Italie, symphonie en 4 parties (arrangement de Franz Liszt) ; Franz Liszt (1811-1886) : Romance oubliée S132 ; Henri Vieuxtemps (1820-1881) : Élégie op. 30 ; Sonate en si bémol majeur op. 36. Antoine Tamestit, alto ; Cédric Tiberghien, piano.

Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.