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Elias piégé par l’acoustique de la Philharmonie de Munich

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Munich. Philharmonie. 12-IV-2015. Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Elias, oratorio en deux parties. Sally Matthews, soprano ; Daniela Sindram, mezzo ; Christian Elsner, ténor ; Michael Volle, baryton ; Philharmonischer Chor München (préparé par Andreas Herrmann) ; Orchestre philharmonique de Munich, direction : Andrew Manze.

sally_mattews_vign, à défaut de pouvoir maîtriser l’acoustique impossible de la salle, fait de son mieux pour donner à l’œuvre sa force prophétique en même temps que sa variété musicale.

C’est un conte édifiant : il était une fois une jeune salle de concert qui était si bonne et si belle que tous voulurent avoir la même. À l’autre bout du pays même, elle faisait tant d’envieux qu’on décida de la copier. Mais le résultat fut si loin de ce qu’on espérait que tous regardaient la copie en projetant sa perte. C’est une histoire vraie : d’un côté, la Philharmonie de Berlin, achevée en 1963 ; de l’autre, celle de Munich, ouverte en 1985. Ce n’est pas qu’un point d’histoire : l’oratorio de Mendelssohn programmé ce dimanche soir est venu réveiller tous les mauvais souvenirs liés à cette salle. Pour les concerts symphoniques, passe encore ; mais dès qu’on y ajoute chœur et solistes, les choses deviennent sérieuses – on se souvient encore de l’effet désastreux de la terrible Symphonie n° 8 de Mahler sous la baguette de Christian Thielemann en 2010.

De la première partie de l’oratorio, nous n’avons rien entendu : une bouillie orchestrale, sans timbres, sans couleurs, sans dynamique, écrasée à la première occasion par le chœur. Il y a des cordes, certes ; un soupçon de cuivres ; mais de bois, point. Parmi les voix solistes, seul surnage vraiment , annoncé malade et en effet très pénalisé par l’état de sa gorge ; mais quand sa voix ne lui fait pas défaut, on devine sans peine son timbre somptueux et son autorité réelle.

La situation devient plus tolérable après l’entracte : la salle n’a certes pas changé, mais nous nous sommes déplacé, à une place censément moins bonne, mais d’où on peut se rappeler avec soulagement que Mendelssohn, après tout, savait écrire pour l’orchestre (on en paie le prix par une réverbération un peu excessive des voix). Un beau solo de hautbois dans un air d’Elias vient rappeler l’utilité des bois, et on se fait une meilleure idée des solistes : à un timbre plus caractéristique que , mais celle-ci a une technique plus sûre et une diction plus claire ; a décidément la voix idéale pour chanter Elias, mais on aurait aimé s’en convaincre dans d’autres circonstances.

Crédits photographiques : © DR

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Munich. Philharmonie. 12-IV-2015. Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Elias, oratorio en deux parties. Sally Matthews, soprano ; Daniela Sindram, mezzo ; Christian Elsner, ténor ; Michael Volle, baryton ; Philharmonischer Chor München (préparé par Andreas Herrmann) ; Orchestre philharmonique de Munich, direction : Andrew Manze.

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