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Le Philharmonique de Munich en version slave

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Munich. Philharmonie. 1-XI-2015. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Ouverture du ballet Les Créatures de Prométhée, op. 43 ; Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893) : concerto pour violon et orchestre op. 35 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 8 op. 88. Maxim Vengerov, violon ; Orchestre philharmonique de Munich ; direction : Manfred Honeck.

Maxim VengerovAvec le Philharmonique de Munich, et proposent un concert où la délicatesse n’est pas toujours au rendez-vous.

En ce premier trimestre de l' »ère Gergiev » à l’, le controversé nouveau directeur musical est très présent à Munich ; en ce dimanche matin pourtant, c’est qui prend sa place pour un concert au programme très sage.

Les créatures de Prométhée, malgré l’enregistrement idéal de Nikolaus Harnoncourt, est toujours une œuvre trop négligée de Beethoven, mais il faudra comme souvent se contenter de son ouverture. Honeck a visiblement décidé de la prendre au sérieux, cette ouverture : l’adagio initial est d’une pesante sévérité, mais l’allegro molto qui suit n’est pas moins sérieux. Cette approche qui ne laisse pas de place au jeu ni à la danse n’est pas loin du contresens complet, mais ce n’est, après tout, qu’un hors d’œuvre.

Le cœur du concert voyage en pays slave, avec pour l’inévitable concerto de Tchaikovski, puis la Symphonie n°8 commandée par lui à son nouvel ami Dvořák.

Au début du concerto, le rubato semble être la principale idée interprétative de Maxim Vengerov : l’effet est ravageur pour la dignité de cette musique. Il se rattrape heureusement dans le second mouvement par une poésie beaucoup plus délicate, bien soutenue par un accompagnement qui ne cherche à aucun moment l’effet gratuit, et la virtuosité est au rendez-vous du dernier mouvement – une virtuosité sans excès, mais pas excessivement personnelle.

Chez Dvořák, c’est la flûte qui tient presque le rôle d’un soliste de concerto : le flûtiste de l’orchestre, qui avait déjà brillé dans le concerto de Tchaikovski, se tire très bien des solos des premiers mouvements ; lorsque vient le 4e mouvement, où sa virtuosité est particulièrement sollicitée, avec cette sorte de grande vocalise pour flûte, on tombe de haut, tant il faut tendre l’oreille et se contenter d’approximations. La direction de Manfred Honeck, elle, tient mieux compte que chez Beethoven de la légèreté du troisième mouvement, à l’élégance très réussie, tout en allant peut-être un peu trop loin dans l’énergie populaire du quatrième ; on regrette parfois, notamment dans l’Allegro con brio initial, que les cuivres l’emportent trop sur des cordes un peu discrètes (à moins que ce ne soit l’effet pervers de cette acoustique insaisissable), mais le public ne boude pas son plaisir devant la puissance sonore ainsi dégagée.

Crédit photographique : Maxim Vengerov (c) B. Ealovega

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Munich. Philharmonie. 1-XI-2015. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Ouverture du ballet Les Créatures de Prométhée, op. 43 ; Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893) : concerto pour violon et orchestre op. 35 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 8 op. 88. Maxim Vengerov, violon ; Orchestre philharmonique de Munich ; direction : Manfred Honeck.

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