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Le Ballet de l’Opéra de Rome fait revivre La Chauve-Souris

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 13-I-2017. Dans le cadre de Transcendanses. Ballet de l’Opéra de Rome : La Chauve-Souris / Roland Petit. Chorégraphie : Roland Petit, remontée par Luigi Bonino. Musique : Johann Strauss II. Décors : Jean-Michel Wilmotte. Costumes : Luisa Spinatelli. Lumières : Jean-Michel Désiré. Avec Rebecca Bianchi, Bella ; Antonello Mastrangelo : Ulrich ; Marco Marangio, Johann. Solistes et corps de ballet du Ballet de l’Opéra de Rome, petits danseurs du LAAC. Orchestre Lamoureux, direction : David Garforth.

Dirigé depuis 2015 par la danseuse étoile de l’Opéra de Paris, , le Ballet de l’Opéra de Rome se produit pour la première fois à Paris avec La Chauve-Souris, un divertissement de , sur les lieux mêmes de sa création, le Théâtre des Champs-Élysées.

C’est une famille bourgeoise, le mari, la femme et leurs enfants, qui reçoivent un vieil ami à dîner ! Dans ce premier tableau très stylisé, campait dans une scénographie de l’architecte et des costumes de le décor de La Chauve-Souris en 1979. , Denys Ganio et se partageaient les rôles principaux de ce divertissement dansé. Près de quarante années plus tard, vient de remonter pour le Ballet de l’Opéra de Rome une pièce qui n’a jamais été dansée à Paris depuis sa création par le Ballet de Marseille de Roland Petit.

Adapté d’après l’opérette de Johann Strauss fils, elle-même inspirée d’une pièce de Maurice Halévy, La Chauve-Souris évoque l’infidélité à travers la figure fantasmée d’un oiseau de nuit, une chauve-souris. Dans cette adaptation légère et enlevée, Roland Petit fait revivre la Belle Époque, le french cancan, les messieurs à moustaches et aux cheveux gominés, dans des décors variés et rutilants. La nouvelle production proposée par le Ballet de l’Opéra de Rome est réussie, du repas de famille auquel donnent vie les petits danseurs du LAAC aux scènes de cabaret chez Maxim’s jusqu’au très élégant tableau final en noir et blanc. Elle est mise en valeur par l’, très à l’aise dans ce répertoire straussien, sous la direction de .

Les solistes du Ballet de l’Opéra de Rome s’en donnent à cœur joie, se coulant dans le style vif, tonique et impertinent du chorégraphe. Même si elle n’a pas le chien de , en Bella est pétillante. Elle minaude un peu trop dans les scènes domestiques, mais tire son épingle du jeu dans les variations et duos, grâce à ses belles lignes. en Johann est suffisamment ténébreux pour faire croire à sa transformation nocturne en chauve-souris. Enfin, est extraordinaire en Ulrich. Très travaillé stylistiquement, son personnage oscille entre Buster Keaton et Marcel Proust.

Même s’il n’est pas aussi fort que les chefs d’œuvre de Roland Petit, comme Le Jeune Homme et la Mort, Carmen, Les Forains ou Notre-Dame de Paris, La Chauve-Souris est un ballet à argument de bonne facture, avec des divertissements dans lesquels le corps de ballet est mis à contribution dans le second acte. Roland Petit chorégraphie notamment plusieurs des célèbres valses de Johann Strauss en les modernisant. Il ménage des moments d’adage d’une grande pureté, en alternance avec des moments de pantomime où l’ambivalence des personnages est exacerbée. Le ballet s’achève dans l’harmonie domestique et avec beaucoup d’humour. Le duo entre Ulrich, véritable clown, et la soubrette de la maison est désopilant. Il laisse la place à Bianca, la castratrice, qui tient enfin son mari sous contrôle, après lui avoir coupé les ailes.

Photos : © Yasuko Kajeyama

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 13-I-2017. Dans le cadre de Transcendanses. Ballet de l’Opéra de Rome : La Chauve-Souris / Roland Petit. Chorégraphie : Roland Petit, remontée par Luigi Bonino. Musique : Johann Strauss II. Décors : Jean-Michel Wilmotte. Costumes : Luisa Spinatelli. Lumières : Jean-Michel Désiré. Avec Rebecca Bianchi, Bella ; Antonello Mastrangelo : Ulrich ; Marco Marangio, Johann. Solistes et corps de ballet du Ballet de l’Opéra de Rome, petits danseurs du LAAC. Orchestre Lamoureux, direction : David Garforth.

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