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Simon Boccanegra, doge à Marseille

La Scène, Opéra, Opéras

Marseille. Opéra. 7-X-2018. Giuseppe Verdi (1813-1883) : Simon Boccanegra, opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave et Arrigo Boïto, d’après la pièce d’Antonio Gutiérrez (version révisée de 1881). Mise en scène : Leo Nucci. Assistant mise en scène : Salvo Piro. Décors : Carlo Centolavigna. Costumes : Artemio Cabassi. Lumières : Claudio Schmid. Avec : Juan Jesús Rodriguez, Simon Boccanegra ; Olesya Golovneva, Amelia ; Nicolas Courjal, Jacopo Fiesco ; Riccardo Massi, Gabriele Adorno ; Alexandre Duhamel, Paolo Albiani ; Cyril Rovery, Pietro ; Christophe Berry, Un Capitaine ; Laurence Janot, Servante d’Amelia. Chœur de l’Opéra de Marseille (chef de chœur : Emmanuel Trenque). Orchestre de l’Opéra de Marseille, direction musicale : Paolo Arrivabeni

P1120359 photo Christian DRESSE 2018Empruntée à Piacenza, la mise en scène ultra-classique de ne sert que de cadre au Simon Boccanegra de et au Jacopo Fiesco de , face au Gabriele Adorno de et au Paolo Albiani d’, bien soutenus par un Orchestre de Marseille ample et lyrique.

Le parcours de en tant que baryton verdien n’est plus à faire et encore récemment, nous célébrions l’artiste en Macbeth sur la scène liégeoise. Aujourd’hui encore, seuls quelques barytons sont capables de le surpasser dans les grands rôles, à commencer par celui qui est à nouveau sur les planches de l’Opéra de Marseille, découvert ici deux années plus tôt grâce au premier rôle shakespearien de Verdi. Le metteur en scène Leo Nucci passionne en revanche nettement moins, et bien que rien ne soit blâmable de sa proposition, au milieu de décors et costumes d’un autre âge, inutile de rechercher dans la Cité Phocéenne ce qu’une majorité du public refuse d’y trouver, mais inutile aussi de décrire à nouveau ce que l’on aurait pu reprendre d’à peu près n’importe quelle production décorative de l’ouvrage depuis cent ans.

Comme toujours dans ce chaleureux et chaud opéra, on se tourne alors vers le chant, à commencer par le Simon Boccanegra de , attirant par le style et par l’esprit dès le Prologue en duo avec Fiesco, doge sentimental envers sa fille ensuite, concerné par sa fonction de protecteur jusqu’à de très beaux derniers instants, lorsque le poison ne laisse plus de répit. Autre chanteur habitué au public marseillais, peut-être le plus impressionnant de la distribution, campe un Jacopo Fiesco d’une superbe profondeur de graves, maintenant plus à l’aise dans le langage verdien qu’il y a quelques années, même si déjà marquant pour le Don Carlo dans cette même salle l’an passé.

IMG_2597 photo Christian DRESSE 2018

a fait aussi ce qu’il fallait pour  s’attirer nos louanges ; il accorde son timbre séduisant et sa ligne lyrique à un Paolo Albiani particulièrement en voix à l’acte II, trop vite conduit au supplice au dernier. complète la distribution masculine par un Gabriele Adorno ardent dans le duo avec Amelia. Mais il ne parvient pas au niveau du ténor génois sur cette scène avant l’été pour un autre ouvrage verdien, et prévu lui aussi pour Adorno cette saison, au Royal Opera House de Londres. utilise son large ambitus pour de nombreux rôles plus bas que celui d’Amelia, et si elle convainc ici par la ligne de chant stable et la capacité à éclairer sans problème le registre aigu, son chant ne marque pas, quand celui de sa servante tenue par ravit pour sa courte apparition à l’acte I. Tout comme le Capitaine d’un que l’on aimerait entendre plus longtemps.

Le chœur prouve une fois de plus que le chant solaire n’est pas réservé aux effectifs transalpins et qu’en cette chaleur d’été indien, le peuple phocéen sait proposer une prestation de luxe pour ses nombreuses parties de l’opéra. L’Orchestre de l’Opéra de Marseille impressionne encore plus par la qualité de ses timbres, irréprochables aujourd’hui grâce au travail du directeur musical des lieux, bien qu’en fosse pour cette production officie un autre habitué. y réalise un travail sans défauts et coordonne parfaitement l’ensemble des forces en présence, mais on regrette que jamais le cœur ne se laisse porter par les reflux de la sublime partition révisée de 1881 pour Milan, ni que le corps ne vibre ni ne défaille lors des scènes de violence.

Crédits Photographiques © Christian Dresse

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