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Un truculent Candide pour célébrer Bernstein au TCE

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 17-X-2018. Leonard Bernstein (1918-1990) : Candide, opérette en deux actes sur un livret de Lillian Hellman d’après le roman éponyme de Voltaire. Version de concert. Avec : Jack Swanson (Candide) ; Sabine Devieilhe (Cunégonde) ; Nicolas Rivenq (Pangloss/ Cacambo/ Martin) ; Sophie Koch (La Vieille Dame) ; Jennifer Courcier (Paquette) ; Jean-Gabriel Saint-Martin (Maximilien/ Le capitaine/ Le croupier) ; Kévin Amiel (Le Grand Inquisiteur/ Le juge/ Le gouverneur/ Vanderdendur/ Ragotski). Chœur de l’Opéra de Marseille ; Orchestre Philharmonique de Marseille, direction : Robert Tuohy

top-leftDans le cadre du centenaire de la naissance de , le Théâtre des Champs-Élysées mobilise les forces de l’Opéra de Marseille, sous la baguette de , pour un Candide jubilatoire, donné en version de concert.

Opérette, créée en 1956 à New York avec un succès mitigé, plusieurs fois révisée pour aboutir à sa forme définitive en 1989, Candide, en s’appuyant de façon fidèle sur le roman éponyme de Voltaire, nous propose de suivre les aventures burlesques d’un optimiste qui, au terme d’un voyage initiatique semé d’embuches dramatiques et hilarantes, parviendra à connaitre enfin la sagesse « en cultivant son jardin », subtile illustration musicale de la réponse voltairienne à la philosophie de Leibniz. Bernstein y utilise une suite de numéros musicaux ponctuée de danses (valse, tango, polka…) qui rendent compte du métissage de la , tout en réussissant un détonnant mélange entre l’univers lyrique et celui de la comédie musicale de Broadway.

Donné dans les jours précédents à Marseille, c’est à la tête de troupes parfaitement rodées et réactives que se présente sur la scène de l’avenue Montaigne comme en témoigne, d’entrée de jeu, une Ouverture prometteuse par son allant, par la richesse de ses nuances, par le relief de son phrasé, par la subtilité de ses transitions, valorisée encore par la direction souple du chef irlando-américain et par la qualité des pupitres de vents et de percussions de la phalange phocéenne. Une éloquence inaugurale que la suite ne démentira pas.

En effet la distribution vocale homogène, se montre en parfaite adéquation avec la qualité orchestrale. A tout seigneur, tout honneur, dans le rôle-titre convainc de bout en bout par son physique juvénile et sa naïveté, mais surtout par son beau legato qui trouve son plein épanouissement dans la méditation de « I Must Be So » de l’acte I ou dans l’émouvant « Nothing More Than This » de l’acte II. pour sa prise de rôle (Cunégonde) affiche sa vocalité facile dans son redoutable « Glitter and Be Gay » chanté avec beaucoup de nuances acceptant le risque de détimbrer. fait valoir son physique avenant, sa maturité vocale et son talent de comédienne dans le rôle de la Vieille Dame avec son irrésistible tango « I Am Easily Assimilated » tandis que (Pangloss) passe avec une facilité déconcertante du chant à la narration grâce à une diction impeccable, une projection idéale et une ironie dévastatrice. Les rôles secondaires se distinguent avec , ténor au timbre lumineux, , baryton plein de verve et , soprano délicieusement mutine au timbre cristallin. Seul le Chœur de l’Opéra de Marseille autorise quelques critiques par son manque de précision…Mais nous ne sommes pas, hélas, dans le meilleur des mondes possibles…

Crédit photographique : et © Christian Dresse

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