DUO, entre musique et danse à Munich

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Munich. Reithalle. 13-VII-2019. DUO pièce pour 9 musiciens et beaucoup de danseurs. Musique : Hans Abrahamsen, Schnee ; chorégraphie : Nanine Linning ; décor : Alexandros Tsolakis. Musiciens du Bayerisches Staatsorcher ; Bayerisches Staatsballett. Direction musicale : Gregor Mayrhofer

PB_4_DUO_M._Dilaghi__V._Segova_c._Alexandros_TsolakisMusique , chorégraphie : une rencontre sans étincelle.

Si seulement la danse contemporaine pouvait entretenir un dialogue plus ambitieux avec la musique d’aujourd’hui ! Le choix de la chorégraphe de travailler sur le vaste cycle Schnee (Neige) de était à ce titre stimulant : Schnee, sous-titré Canons pour neuf instruments, est une pièce délicate, chambriste au plus fort sens du terme. La neige qui tombe produit un son qui a la particularité d’évoquer mieux que tout le silence.

Dans la danse de Nanine Linning, la technique classique est la base, plus encore ici qu’au printemps à Stuttgart ; ici, elle n’est au service d’aucune narration, d’aucun message, mais les effets scéniques prennent une place encore plus envahissante et vaine. La Reithalle, ancienne halle d’équitation militaire, ressemble à un long hall d’usine, et les spectateurs sont assis sur deux rangs le long des quatre côtés du rectangle. Une fosse abritant les musiciens et parfois les danseurs désœuvrés sépare deux grands espaces scéniques : à part les quelques spectateurs les plus proches de la fosse, on se trouve donc toujours très éloigné d’une partie de ce qui se passe sur scène. Mais il n’est pas sûr à observer les deux moitiés de la scène – l’une proche, l’autre au bout du monde – que leur complémentarité soit très signifiante : le renoncement à la frontalité du théâtre traditionnel n’est pas en soi gage de modernité, pas plus que la transdisciplinarité n’est par elle-même féconde. La situation du spectateur n’est donc pas très confortable, et les conditions d’écoute de la musique (sonorisée) ne le sont pas plus.

L’idée de cette scène coupée en deux est paraît-il que la danse vienne parcourir l’espace d’un seul souffle comme le fait la neige, au-dessus même de la musique. Le titre, DUO, ne se réfère ni à l’effectif des danseurs (une bonne quinzaine), ni à celui des musiciens, mais sans doute aux nombreuses configuration doubles des danseurs : 2, 2 x 2, 2 x 2 x 2, avec tous les jeux d’écho au sein et entre les duos. Les jeunes danseurs du Ballet de Bavière s’emploient à incarner cette danse avec toute l’énergie qu’on peut attendre d’eux ; ils ne peuvent pourtant pas donner du sens ni une puissance artistique à un projet dont la nécessité est moins claire après la représentation qu’avant.

Crédits photographies : © Wilfried Hösl

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