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Classy Classics par Gauthier Dance à Stuttgart

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Stuttgart. Theaterhaus. 15-XI-2019. Classy Classics. Gauthier Dance//Dance Company.
Decadance. Chorégraphie : Ohad Naharin ; Lumières : Avi Yona Bueno ; costumes : Rakefet Levy.
Orchestra of Wolves. Chorégraphie : Eric Gauthier ; décors et costumes : Gudrun Schretzmeier.
Herman Schmerman Duet. Chorégraphie : William Forsythe ; lumières et décor : William Forsythe ; musique : Thom Willems ; costumes : Gianni Versace, William Forsythe. Avec Theophilus Veselý et Barbara Melo Freire.
Äffi. Chorégraphie : Marco Goecke ; lumières : Udo Haberland ; musique : Johnny Cash. Avec Nicholas Losada.
Malasangre. Chorégraphie, décor et costumes : Cayetano Soto ; Lumières : Cayetano Soto, Mario Daszenies ; musique : La Lupe.

Stuttgart aime la danse, et la compagnie Gauthier Dance donne à son public le grand divertissement qu’il aime.

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Tout amateur de danse connaît le Ballet de Stuttgart et son histoire glorieuse depuis l’époque de . L’autre compagnie de Stuttgart, la Gauthier Dance//Dance Company, est moins connue hors d’Allemagne, et dotée de moyens moindres avec, tout de même, seize danseurs. Comme le montre le programme de ce soir, sa vocation n’est pas d’être en rupture avec l’esthétique du Ballet de Stuttgart. Son créateur éponyme Eric Gauthier est un ancien soliste du Ballet, son chorégraphe en résidence a exercé des fonctions similaires au Ballet pendant plus d’une décennie (2005-2018), et le coach de la compagnie porte un nom qui n’est pas inconnu dans le monde de la danse : rien moins qu’Egon Madsen.

Y a-t-il dans ces conditions de la place pour une seconde compagnie ? À voir le taux de remplissage et l’enthousiasme du public de ce soir, la réponse est évidemment oui – Stuttgart et la danse, c’est décidément une histoire forte. Le programme de ce soir s’appelle Classy Classics et joue avec l’idée d’un gala. La première pièce au programme, le célèbre Decadance d’, est une sorte de gala à elle toute seule : si la pièce fait parler d’elle depuis sa création en 2000, elle évolue au fil du temps, puisqu’elle est une sorte d’anthologie personnelle du chorégraphe – on a pu la voir récemment au Palais Garnier, avec un effectif plus fourni que ce soir.

Après l’entracte, le spectacle devient plus franchement un gala : l’Orchestra of Wolves du maître de céans décrit l’affrontement entre un chef tentant de diriger la Cinquième symphonie de Beethoven face à un orchestre de loups qui n’en fera qu’une pièce – Eric Gauthier a eu cette idée en discutant avec un chef en difficulté avec un orchestre ; la pièce est divertissante, mais manque un peu de mordant. C’est un peu le cas avec Herman Schmerman de Forsythe, non pas du fait de la pièce, mais du fait des danseurs, Theophilus Veselý et Barbara Melo Freire. La technique est là, et c’est déjà ça pour une pièce aussi difficile, mais il manque une étape indispensable, le tranchant qui est nécessaire pour donner toute sa force à la danse transgressive de Forsythe.

CC_Malasangre_ReginaBrocke_RBF_0214Ensuite vient un solo, Äffi de , créé en 2005 par Marijn Rademaker qui était alors étoile du ballet de Stuttgart, sur trois ballades gentiment désuètes de Johnny Cash ; cette fois c’est Nicholas Losada qui le danse. Une lumière crue sur le corps du danseur en laisse toujours une partie dans l’ombre, notamment le visage ; le corps, lui, est comme une machine dysfonctionnelle où le tremblement d’un membre a vite fait de se communiquer aux autres. Ces tremblements sont en quelque sorte une marque de fabrique de Goecke, à la limite du maniérisme, et si on peut admirer la performance que cela exige du danseur, il faut avouer qu’on s’en lasse vite. Le spectacle se termine brillamment avec Malasangre de Cayetano Soto : chanson toujours, cette fois avec La Lupe, chanteuse cubaine active aux États-Unis.

La musique est pleine d’énergie, la danse aussi ; c’est une parfaite pièce de gala qui ne manque pas son effet, et la représentation se termine par un long triomphe de la part du public de Stuttgart. On peut trouver que la soirée manque un peu de substance chorégraphique, mais on ne peut pas nier son efficacité.

 

Crédits : photo 1 : Decadance ; photo 2 : Malasangre © Regina Brocke

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Stuttgart. Theaterhaus. 15-XI-2019. Classy Classics. Gauthier Dance//Dance Company.
Decadance. Chorégraphie : Ohad Naharin ; Lumières : Avi Yona Bueno ; costumes : Rakefet Levy.
Orchestra of Wolves. Chorégraphie : Eric Gauthier ; décors et costumes : Gudrun Schretzmeier.
Herman Schmerman Duet. Chorégraphie : William Forsythe ; lumières et décor : William Forsythe ; musique : Thom Willems ; costumes : Gianni Versace, William Forsythe. Avec Theophilus Veselý et Barbara Melo Freire.
Äffi. Chorégraphie : Marco Goecke ; lumières : Udo Haberland ; musique : Johnny Cash. Avec Nicholas Losada.
Malasangre. Chorégraphie, décor et costumes : Cayetano Soto ; Lumières : Cayetano Soto, Mario Daszenies ; musique : La Lupe.

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