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À Berlin, Semyon Bychkov et Lisa Batiashvili interprètent Tchaïkovski et Dvořák

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Berlin. Philharmonie. 11-III-2021. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 35 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 7 en ré mineur op. 70. Lisa Batiashvili, violon. Orchestre Philharmonique de Berlin, direction : Semyon Bychkov
Concert sans public, enregistré en direct, diffusé sur Digitalconcerthall

Dans un programme dédié au répertoire slave, livre une interprétation mémorable du Concerto pour violon de Tchaïkovski, tandis que et les Berliner Philharmoniker dressent un tableau en demi-teinte de la très romantique Symphonie n° 7 de Dvořák.

Célèbre, le Concerto pour violon de Tchaïkovski bénéficie, ce soir, d’une interprétation magistrale de . Certes la violoniste a pris le temps de la maturité violonistique (elle ne le joue que depuis une dizaine d’années) avant de se mesurer à ce sommet du répertoire pour violon. Dès l’entame de l’Allegro initial on est séduit par l’élégance et la délicatesse du jeu, par la profondeur de l’intonation, autant que par la sonorité claire et le grain du Stradivarius Engleman 1709. Beaucoup de nuances et de couleurs dans cette lecture habitée, en symbiose avec l’orchestre sous la conduite complice et équilibrée de . La Canzonetta est un moment de rêverie élégiaque au lyrisme poignant où l’on admire les contrechants des bois (flûte et clarinette) avant l’explosion virtuose du finale aux allures tziganes, déployant une virtuosité époustouflante dont on salue la netteté des attaques, aux performances solistiques (hautbois), comme à la cohésion et à l’engagement du Philharmonique de Berlin. Une interprétation à marquer d’une pierre blanche, saluée par les applaudissements fournis de Berliner Philharmoniker.

Complexe par son mélange d’ardeur et de nostalgie, de germanisme et de slavitude, la Symphonie n ° 7 d’ fut composée en 1885. Semyon Bychkov nous en donne une interprétation de belle facture, sans théâtralisation excessive, qui aurait sans doute pu profiter d’un peu plus de couleurs et d’engagement, portée par un orchestre dont il serait vain de rappeler l’excellence individuelle et collective : rondeur des bois, lyrisme des cordes et cuivres bien contenus. Contemporaine de la Symphonie n° 3 de Brahms, la symphonie de Dvořák en porte les lointains accents dans un premier mouvement très brahmsien, alternant gravité et passion. Le deuxième mouvement limpide et poétique plus spiritualisé, presque tristanesque, est conduit avec une souplesse confondante qui fait contraste avec un troisième mouvement plus enjoué, dansant, soutenu par une belle ligne mélodique et une rythmique sans faille, avant que le finale d’allure rhapsodique ne renoue, une dernière fois, avec l’inspiration slave.

Crédit photographique : Lisa Batiashvili © Anja Frers

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Berlin. Philharmonie. 11-III-2021. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 35 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 7 en ré mineur op. 70. Lisa Batiashvili, violon. Orchestre Philharmonique de Berlin, direction : Semyon Bychkov
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