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La fille de Madame Angot au Théâtre des Champs-Élysées, le retour au plaisir

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 30-VI-2021. Charles Lecocq (1832-1918) : La fille de Madame Angot, opéra-comique en trois actes sur un livret de Clairville, Paul Siraudin et Victor Koning. Version de concert. Avec : Anne-Catherine Gillet, Clairette Angot ; Véronique Gens, mademoiselle Lange ; Artavazd Sargsyan, Pomponnet ; Mathias Vidal, Ange Pitou ; Matthieu Lécroart, Larivaudière ; Ingrid Perruche, Amarante / Babette / Javotte ; Antoine Philippot, Louchard ; Flannan Obé, Trenitz ; David Witczak, Cadet / un incroyable / un officier. Chœur du Concert Spirituel. Orchestre de chambre de Paris, direction : Sébastien Rouland

Dans le cadre de son festival de Paris, le Palazzetto Bru Zane, en coproduction avec le Théâtre des Champs-Élysées, propose un ouvrage rare et néanmoins resté dans la mémoire collective. Léger et optimiste, La fille de Madame Angot était tout désigné pour célébrer avec joie le premier jour de la réouverture complète des salles de spectacles.

Créé à Bruxelles en décembre 1872, repris à Paris en 1873, l’opéra comique de , remanié pour l’occasion, connut un immense succès et fut donnée un peu partout dans le monde. Le livret est frais, mais pas idiot, qui met en scène des personnages fictifs et d’autres ayant réellement existé, et parle entre autres de mariage et d’adultère, sujets à la mode en cette fin de XIXe siècle. Avec les scrupules musicologiques qui le caractérisent, le Palazzetto Bru Zane a décidé de revenir à l’orchestration originale, sans toutefois priver l’auditeur des pages composées spécifiquement pour Paris. C’est ainsi qu’à plusieurs reprises, on voit le ténor se pencher vers le chef, et bruyamment chuchoter « Paris ? » et l’équipe reprend alors le morceau alternatif de la seconde version. C’est jouissif, mais hélas cela dure trop peu pour qu’on puisse se faire une opinion argumentée.

La musique est dynamique et bien plus savante qu’il n’y paraît. y imprime entrain et vitalité, tout en conservant la finesse de la ligne et l’esprit dansant de la partition. Dans le rôle-titre, fait montre de tout l’abattage et le charme indispensables pour incarner cette orpheline élevée par des dames des Halles, au caractère décidé et à la morale élastique.

Dédier le second rôle féminin à l’immense est un grand luxe. Moins pétillante que sa consœur, elle se démarque par une élégance à toute épreuve dans son personnage de demi-mondaine, maîtresse de personnalités haut-placées, et néanmoins issue de la même école que l’héroïne. Le duo de leur dispute au troisième acte est hilarant, et fort bien mené.

est la bonne surprise de la soirée : sa voix de ténor suave, sa présence scénique amènent finement l’auditoire à cette fin inattendue : alors qu’on l’attendait dans l’emploi du soupirant indésirable finalement éconduit, c’est lui qui obtient la main de Clairette, par sa fidélité sans faille et son héroïsme, quand il se fait conduire en prison pour sauver sa fiancée. est absolument jubilatoire en voyou de charme (ce que n’était sûrement pas le vrai Ange Pitou). Nonchalamment assis, la cheville sur le genou opposé et la partition posée par dessus, il est techniquement parfait et scéniquement fort amusant, surtout quand à la fin il déclare attendre que l’héroïne, en digne fille de sa mère, se décide à prendre un amant. On rendra hommage pour finir au métier et à l’intelligence de , en définitive le seul cocu de service, et à , qui passe d’un personnage à l’autre avec une facilité confondante.

Crédit photographique © Laetitia Bica

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 30-VI-2021. Charles Lecocq (1832-1918) : La fille de Madame Angot, opéra-comique en trois actes sur un livret de Clairville, Paul Siraudin et Victor Koning. Version de concert. Avec : Anne-Catherine Gillet, Clairette Angot ; Véronique Gens, mademoiselle Lange ; Artavazd Sargsyan, Pomponnet ; Mathias Vidal, Ange Pitou ; Matthieu Lécroart, Larivaudière ; Ingrid Perruche, Amarante / Babette / Javotte ; Antoine Philippot, Louchard ; Flannan Obé, Trenitz ; David Witczak, Cadet / un incroyable / un officier. Chœur du Concert Spirituel. Orchestre de chambre de Paris, direction : Sébastien Rouland

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