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Le Lac enchanté d’Anatoli Liadov

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Les lacs ont été de belles sources d’inspirations pour nombre de musiciens et compositeurs. ResMusica vous en offre un large panel, bucolique tout autant qu’instructif. Pour accéder au dossier complet : Lacs, sites d’inspiration

 

Une imagination féérique a inspiré au Russe un authentique chef-d’œuvre impressionniste, presque athématique, et pour autant fantastique et inoubliable : Le Lac enchanté.

Né à Saint-Pétersbourg le 11 mai 1855, entre au conservatoire de cette ville où il a pour maître le fameux . Pédagogue (harmonie puis composition), il compte parmi ses élèves Miaskovski et Prokofiev. Il rejoint le Groupe des Cinq avant de se rapprocher du Groupe Balaiev. Il se produit régulièrement comme chef d’orchestre et décède en 1914.

Anatoli Liadov s’intéresse aux chants populaires russes dont il harmonise certains (entre 1890 et 1900). Son catalogue renferme de nombreuses pièces pour piano où l’on discerne l’influence de Chopin et Schumann, des mélodies, des chœurs et vers la fin de sa vie, quelques partitions symphoniques dont les plus célèbres sont Baba Yaga (1904), Kikomora (1909) et bien sûr le mémorable et haut en couleur Lac enchanté.

Le Lac enchanté de Liadov, poème symphonique sous-titré « Scène de conte de fées », reçoit le numéro d’opus 62 et est dédié à Nicolas Tcherepnine, compositeur et chef d’orchestre russe (1873-1945). Sa création se déroule le 21 février 1909 à Saint-Pétersbourg sous la direction du dédicataire.

L’atmosphère dégagée au contact d’un lac situé dans la forêt a inspiré au compositeur une musique tout à fait originale au plan de la traduction personnelle de son ressenti. S’y mêlent au registre sonore ses visions poétiques délicates, évocatrices, intensifiées par des traits délicats symbolistes et impressionnistes, propres et individuels. La description qu’il dessine avec une évidente authenticité l’aide à magnifier cette œuvre particulièrement brillante et juste, rêveuse et envoûtante sûrement.

Le climat féérique et singulier de cette pièce orchestrale (durée entre 7 et 8 minutes) s’enrichit sensiblement d’une approche esthétique redevable à la fois du Tristan et Isolde de et des Nocturnes de . Le terme de climat musical merveilleux convient particulièrement à ce poème symphonique qui fait passer au second plan un thème musical principal et ses déclinaisons attendues. L’élément majeur de cette partition s’inscrit dans l’élaboration magnifique d’une atmosphère magique de part en part.

Ce résultat quasiment ensorcelant profite des choix compositionnels de Liadov en termes d’instrumentation, de transformations harmoniques et de rendu musical de bruits issus de la nature. Son art de l’instrumentation et surtout des associations instrumentales s’avère particulièrement efficace, de même pour la parcimonie avec laquelle il développe ses idées. L’effectif fait appel à un orchestre symphonique comprenant trois flûtes, deux hautbois, trois clarinettes, deux bassons, quatre cors, des timbales, célesta, grosse caisse, harpe et cordes. Certaines sections figurent habilement, et avec un talent indéniable, les mouvements de l’eau et le miroitement des étoiles sur l’élément hydrique. On sait que Liadov aimait particulièrement cette composition. Il ne se trompait aucunement.

Conseils d’écoute

La brièveté du Lac enchanté explique que l’enregistrement discographique l’a particulièrement bien servi. Le nombre de références est donc considérable. Nous en proposons quelques-unes seulement, a priori disponibles dans le commerce ou sur les plateformes de streaming :

  • Orchestre philharmonique de Bergen, direction (avec la Symphonie n ° 2 de Rachmaninov). BIS.
  • Gürzenich Orchester Köln, direction Dmitri Kitayenko et œuvres de Moussorgski . Oehms Classics.
  • Orchestre National du Capitole de Toulouse, direction . Plus des œuvres de Prokofiev, Rimski-Korsakov. Naïve.
  • Orchestra delle’Academia Nazionale di Santa Cecilia, direction Antonio Pappano. Avec la Symphonie n° 2 de Rachmaninov.  Warner Classics.

Crédits photographiques : © Image libre de droit

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