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Die Königskinder d’Engelbert Humperdinck, Rois sans trône

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Montpellier, Le Corum. 27-VII-2005. Engelbert Humperdinck (1854-1921) : Die Königskinder (1910, 2ème version) opéra en trois actes sur un livret d’Ernst Rosmer (version concert). Création française. Avec : Ofelia Sala, la Gardienne d’oies ; Jonas Kaufmann, un Fils de roi ; Detlef Roth, le Violoneux ; Nora Gubisch, la Sorcière ; Fabrice Mantegna, le Fabriquant de balais ; Jaco Huijpen, le Conseiller municipal ; Gundars Dzilums, l’Aubergiste ; Andris Gailis, le Tailleur ; Inga Zilinska, la Fille de l’Aubergiste ; Hans-Otto Weiss, une Sentinelle ; Diana Schmid, un Enfants ; Mareen Knoth, un Enfant ; Marc Dostert, une Sentinelle ; Nelly Lawsen, un Enfant. Chœur Opéra-Junior de Montpellier (chef de chœur : Valérie Saint-Agathe), Chœur de la Radio Lettone (chef de chœur : Sigvards Klava), Orchestre National de Montpellier, direction  : Armin Jordan.

Festival de Radio France Languedoc-Roussillon

Après Il Figlio delle Selve de Holzbauer (lire la chronique sur ResMusica) et La Festa Chinese de , donnés tous deux en création française durant ce vingtième Festival de Radio France à Montpellier, René Kœring poursuit sa politique de (re)découverte des (chefs) d’œuvres occultés par le temps avec la première française de l’opéra de Humperdinck die Königskinder. Il est crée dans sa deuxième version au Metropolitan Opera de New York en 1910, dix sept ans après Hänsel und Gretel qui avait remporté un triomphe à Munich en 1893. On apprend, grâce à la présentation très fouillée de , que l’œuvre voit le jour à Munich en 1897 sous la forme d’un mélodrame – texte déclamé sur la musique – et que (plus connue sous son pseudonyme masculin ), fille du wagnérien Heinrich Porges, est l’auteur du conte puis du livret en trois actes d’où naîtra l’opéra. Des références aux contes de Grimm et d’Andersen y côtoient un univers tragico-réaliste qui, chez ce disciple et assistant de Wagner qu’était Humperdinck, nous conduit dans le troisième acte vers le mythe de « l’amour à mort » réincarné par les deux héros.

Si l’on y reconnaît certains procédés du drame wagnérien – leitmotive et déclamation continue des chanteurs – c’est davantage l’univers de Weber et les mystères de la forêt romantique qui dominent le premier acte au langage plutôt conservateur ; seul le rôle de la sorcière, admirablement servi par , apporte du relief à la dramaturgie. Avec l’intervention des chœurs et une plus grande concision du livret, le deuxième acte évoluant vers le conte médiéval projette davantage de couleurs pittoresques avec des échos de Siegfried Idyll côtoyant des thèmes populaires et la fraîcheur des voix d’enfants, celle de la jeune pleine de poésie lorsqu’elle chante en soliste sa comptine au Fils du roi devenu porcher.

C’est dans les Préludes, celui du troisième acte en particulier que se révèlent les qualités de l’écriture orchestrale où circulent les thèmes conducteurs utilisés par Humperdinck davantage comme citations que comme matériau nourrissant la trame dramatique. Si le chromatisme wagnérien affleure, c’est aussi à l’orchestre de Strauss que l’on pense. Le troisième acte pêche par sa longueur et si la complainte du ménétrier – émouvant – n’est pas sans rappeler l’écho désespéré du Leiermann dans le Voyage d’Hiver de Schubert, l’étirement du temps confine ici à l’ennui.

On reste admiratif devant l’énormité du travail accompli par à la tête de l’Orchestre de Montpellier. Le plateau n’appelle que des éloges et la qualité des chœurs préparés par et est remarquable. L’entreprise est valeureuse et notre curiosité assouvie ; reste à savoir si l’opéra die Königskinder qui fera l’objet d’un enregistrement CD trouvera enfin son public?

Crédit photographique : © DR

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Montpellier, Le Corum. 27-VII-2005. Engelbert Humperdinck (1854-1921) : Die Königskinder (1910, 2ème version) opéra en trois actes sur un livret d’Ernst Rosmer (version concert). Création française. Avec : Ofelia Sala, la Gardienne d’oies ; Jonas Kaufmann, un Fils de roi ; Detlef Roth, le Violoneux ; Nora Gubisch, la Sorcière ; Fabrice Mantegna, le Fabriquant de balais ; Jaco Huijpen, le Conseiller municipal ; Gundars Dzilums, l’Aubergiste ; Andris Gailis, le Tailleur ; Inga Zilinska, la Fille de l’Aubergiste ; Hans-Otto Weiss, une Sentinelle ; Diana Schmid, un Enfants ; Mareen Knoth, un Enfant ; Marc Dostert, une Sentinelle ; Nelly Lawsen, un Enfant. Chœur Opéra-Junior de Montpellier (chef de chœur : Valérie Saint-Agathe), Chœur de la Radio Lettone (chef de chœur : Sigvards Klava), Orchestre National de Montpellier, direction  : Armin Jordan.

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