Jordi Savall et consorts, une soirée d’intimité…

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Salle Gaveau. 25-VI-2007. Les musiques de Don Quichotte, sur une idée originale de Jordi Savall (sélection des textes et des musiques). Dramaturgie et adaptation des textes : Manuel Forcano. Avec : Montserrat Figueras, soprano ; José Maria Flotats, récitant ; Arianna Savall, soprano et arpa doppia ; Lluis Vilamajo, ténor ; Daniele Carnovitch, basse ; Jordi Savall, Sergi Casademunt, Fahmi Alquia, viole de gambe ; Begona Olavide, psalterion ; Xavier Diaz-Latorre, vihuela de mano & guitare ; Pierre Hamon, flûtes ; Pedro Estevan, percussions. Direction : Jordi Savall.

Les musiques de Don Quichotte

Pour cette prestation parisienne, et les siens ont repris un programme concocté en 2005 à l’occasion du quadricentaire du Don Quichote de la Mancha, qui donna également lieu à un enregistrement. Ce programme très original convie à une découverte musicale des aventures du chevalier à la triste figure, sélection de partitions citées ou évoquées dans le texte de Miguel de Cervantès.

Nous sommes bien loin ici du folklore observé par qui connaît la légende, sans avoir jamais lu le livre : pas de moulin, pas de plat à barbe, pas de brigands, mais des morceaux de romans de chevalerie qui n’existent que dans l’esprit d’un vieil homme qui a trop abusé de la lecture.

Pour dire les textes intercalés entre les pièces musicales, rien moins que José Maria Flotats, ex Comédie-Française, fondateur en Espagne de sa propre compagnie, détenteur de huit prix Max (l’équivalent de nos Molière) et on en passe, beaucoup, beaucoup. Il distille avec un immense talent le second degré, l’ironie mordante qui court tout le long du roman de Cervantès.

Que dire de ou d’Hesperion XXI qui n’ait pas déjà été écrit ? Le violiste est tel qu’en lui-même, on aime toujours autant la flûte poétique de ou le toucher délicat et précis de Pedro Estevan. La toujours aussi belle laisse de temps à autre la place à Arianna Savall dans les morceaux chantés, osera-t-on dire que l’on préfère la poésie brumeuse de la mère à la voix un peu trop pointue et scolaire de la fille ?

On se retrouve ainsi en terre de connaissance, entre vieux amis, dans cette belle Salle Gaveau, à l’acoustique parfaite pour ce genre de prestations. On y entend des aventures picaresques, de la belle musique, à la fois savante et populaire, et on se sent presque au coin du feu, un soir d’hiver. On se redresse, heureux et engourdi, pour les applaudissements, et au lieu de crier bravo, on a plutôt envie de dire merci !

Crédit Photographique : DR

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