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Une « Flûte » originale

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Montpellier. Opéra Berlioz-Le Corum. 18-IX-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Zauberflöte, opéra en 2 actes sur un livret d’Emmanuel Schikaneder. Conception et mise en scène : Jean-Paul Scarpitta ; Lumières : Urs Schönebaum. Avec : Cyril Auvity, Tamino ; Laura Hynes Smith, Pamina ; Uran UrtnasanCozzoli, Die Königin der Nacht  ; Christian Senn, Papageno ; Petri Lindroos, Sarastro ; Laure Baert, Papagena ; Yves Saelens, Monostatos ; Nicolas Courjal, Der Sprecher/Erster Priester. Chœur de l’Opéra National de Montpellier (chef des chœurs : Noëlle Geny) ; Orchestre National de Montpellier, direction : Hervé Niquet.

Opéra National de Montpellier

Il fallait avant tout un spectacle grand public qui fonctionne. La production de la Flûte enchantée, donnée en ouverture de saison à Montpellier, a pour première qualité un travail esthétique toujours très soigné, léché même, pour l’homme de scène qu’est . Il apprivoise habilement le grand espace scénique qu’offre le Corum. Ainsi l’on voit alterner de grands tableaux qui utilisent tout l’espace avec une scénographie sobre et moderne et de plus petits, à l’ancienne et intimistes, un théâtre dans le théâtre avec rideaux rouges dessinés et toiles peintes d’un paysage où viennent s’insérer, telles des vignettes, parenthèses comiques dans le conte didactique, les aventures de Papageno, pendant bouffon au jeune premier irréprochable qu’est Tamino, et son Doppelgänger, le double plus humain des grands. Visuellement, l’effet est réussi. Il faut saluer le travail d’ et Laurent Hattinguais dont les lumières suffisent à planter le décor ; un décor fait de grands fonds et d’une passerelle. Les grands tableaux, comme le final de l’acte I, sont dus à une savante direction d’acteurs. Mentionnons encore la superbe marionnette de lion due à Olivier Hagenloch (un clin d’œil à un autre type de mise en scène de la Flûte, celle des célèbres marionnettes de Salzbourg ?).

Plateau et fosses ne sont pas virtuoses mais offrent un bon travail de troupe. L’orchestre ne fait pas de miracles mais est cohérent et présente des vents subtils. Le rôle principal est incarné par , une distribution peut-être surprenante – mais réussie – pour ce haute-contre : son timbre frais sied au personnage et sa musicalité fait merveille. En Pamina, Laura Hynes Smith expose une voix qui possède d’indéniables qualités, mais encore un peu verte et pas totalement contrôlée. Uran Urtnasan Cozzoli est une Reine de la Nuit mystérieuse et impériale, au suraigu généreux et aux coloratures aériennes, bien projetées dans l’espace de l’Opéra-Berlioz. En Papageno, on attendrait souvent voix plus haute et souple, ce qui n’empêche pas d’incarner avec succès un oiseleur naïf à souhait. rend justice à son rôle bouffe, à ses petits rôles, tandis que Petri Lindroos, pour manquer un peu de grave – ce qui est assez compréhensible au vu de la tessiture – n’en incarne pas moins un Sarastro majestueux, à la fois intouchable et humain.

Si refuse d’orienter son spectacle vers l’unique traditionnelle interprétation maçonnique, il propose tout de même une leçon éthique, réflexion sur la condition humaine et un rien manichéenne – mais le livret le veut : « Si tous les menteurs du monde avaient / Un tel cadenas sur les lèvres, / Au lieu de haine, calomnie et rancœur / Régneraient l’amour et la fraternité ». Cette réflexion s’appuie sur l’aménagement qu’il fait de la dernière œuvre lyrique de Mozart : quelques coupes et l’ajout de récitatifs écrits par Clémence Boulouque et prononcés par un comédien, Arthur Igual, dont les interventions s’intègrent à l’histoire et aux personnages. Tour à tour il présente l’action qui va avoir lieu et commente l’épisode qui vient de se passer. Mais tour à tour, aussi, cet aménagement agace car interrompt l’action et nous prive de certains passages chantés et se justifie par la cohérence du fil directeur du spectacle.

Crédit photographique : (Tamino) & (Papageno) © Marc Ginot / Opéra National de Montpellier

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Montpellier. Opéra Berlioz-Le Corum. 18-IX-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Zauberflöte, opéra en 2 actes sur un livret d’Emmanuel Schikaneder. Conception et mise en scène : Jean-Paul Scarpitta ; Lumières : Urs Schönebaum. Avec : Cyril Auvity, Tamino ; Laura Hynes Smith, Pamina ; Uran UrtnasanCozzoli, Die Königin der Nacht  ; Christian Senn, Papageno ; Petri Lindroos, Sarastro ; Laure Baert, Papagena ; Yves Saelens, Monostatos ; Nicolas Courjal, Der Sprecher/Erster Priester. Chœur de l’Opéra National de Montpellier (chef des chœurs : Noëlle Geny) ; Orchestre National de Montpellier, direction : Hervé Niquet.

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