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Pagliacci & Cavalleria Rusticana, la belle équipe

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Pietro Mascagni (1863-1945) : Cavalleria Rusticana. Ruggero Leoncavallo (1857-1919) : Pagliacci. Mise en scène : Giancarlo Del Monaco ; costumes : Birgit Wentsch ; décors : Johannes Leiacker ; lumières : Wolfgang von Zoubek. Avec Violeta Urmana, Santuzza ; Vincenzo La Scola, Turiddu ; Dragana Jugovic, Lola ; Viorica Cortez, Mamma Lucia ; Marco di Felice, Alfio ; Vladimir Galouzine, Canio ; Maria Bayo, Nedda ; Carlo Guelfi, Tonio ; Antonio Gandia, Beppe ; Angel Odena, Silvio. Chœur du Teatro Real (chef de chœur : Jordi Casas Bayer). Orchestre du Teatro Real, direction : Jesus Lopez Cobos. 2 DVD Opus Arte 0A 0983 D. Code barre : 0947800983. Enregistré à Madrid le 27 février et 2 mars 2007. Toutes régions. Sous-titrage en italien, anglais, allemand, français, espagnol. Durée : 201′

 

Les esprits grincheux se pinceront le nez, mais les amateurs de vérisme seront à la fête. Certes, tout n’est pas parfait dans ce DVD, mais l’addition de qualités finit par balayer les réserves. Premier atout : une mise en scène cohérente et contrastée.

Cohérence d’abord : conçoit les deux opéras comme deux volets d’une même œuvre. Le spectacle commence donc par le prologue de Pagliacci dans lequel Tonio chante en quelque sorte le manifeste du vérisme, mais enchaîne sur Cavalleria Rusticana. D’autres idées lient les deux œuvres : au début de Pagliacci, on emporte le cadavre de Turiddu ; Tonio chante ledit prologue parmi les spectateurs et ne monte sur scène que pendant les dernières mesures. Effet saisissant, à la fin de Pagliacci, c’est lui qui déclare que « la comédie est finie » et il descend de scène et traverse précipitamment le public en sens inverse.

Contraste ensuite : l’idée est de représenter l’œuvre de Mascagni comme une tragédie grecque alors que l’opéra de Leoncavallo se situe au tout début des années 60. Le décor de Cavalleria Rusticana est donc intégralement blanc, comme une carrière de marbre, et tous les personnages sont habillés de noir, les choristes se déplaçant en groupes plutôt lentement, à la manière du chœur antique. En revanche le décor de Pagliacci est plus coloré, plus réaliste, et chaque choriste est traité comme un personnage à part entière. exige alors beaucoup de mouvements créant une mise en scène très dynamique. Il faut rendre hommage au travail scénique des choristes et de tous les solistes, superbement dirigés.

Deuxième atout : une direction de Jesus Lopez Cobos équilibrée : fougueuse et lyrique quand il le faut, c’est à dire souvent, mais aussi respectueuse de ses chanteurs et ne tombant jamais dans le mauvais goût. Les forces stables du Teatro Real, chœur et orchestre, sont plus que solides, face à une partition qui ne manque pas de pièges.

Troisième atout : une équipe de solistes très homogène. n’est pas Corelli, mais qui l’est de nos jours ? , Dragana Jugovic, Marco di Felice et surtout habitent leur rôle avec passion. Cette dernière offre un chant d’une grande tenue, ne cédant pas aux effets faciles. La tension dramatique monte encore d’un cran, s’il est possible, avec les très bons Silvio, Beppe et Tonio de respectivement Angel Odena, Antonio Gandia et Carlo Guelfi. Très heureuse surprise que la Nedda de Mario Bayo. Nous l’écrivons d’autant plus volontiers que la soprano navarraise ne nous a pas toujours convaincus par le passé. Son incarnation force le respect. Quant à , avec lui, le rôle paraît facile : son Canio nous touche tant vocalement que dramatiquement. On l’aura compris, un remarquable travail d’équipe, autant musical que dramaturgique, auquel l’amateur de vérisme ne saurait résister.

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