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Avignon. Opéa-Théâtre. 6-I-2008. Johannes Brahms (1833-1897) : Danses hongroises n° 1, 20 et 21. Aaron Copland (1900-1990) : Billy the Kid. Georges Bizet (1838-1875) : La Jolie Fille de Perth : Prélude, Marche, Danse bohémienne. Antonin Dvořak (1841-1904) : Trois danses slaves : n° 1, op. 46 ; n° 8, op. 72 ; n° 7, op. 72. Johannes Strauss (1825-1899) : Unter Donner und Blitz ; Pizzicato Polka ; Kaiser Waltzer. Solistes danseurs : Eugénie Andrin, Joselyn Cabarcos, Anthony Beignard, Frédéric Hourtané. Ballet de l’Opéra-théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse (direction : Eric Belaud). Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence, direction : Jonathan Schiffman

Concert de Nouvel An

Les grands espaces du Far-West, les règlements de compte entre bandits de grands chemins… voilà qui n’est pas banal dans un concert de Nouvel An. Avignon n’est pas Vienne, et si Strauss ne pouvait être oublié (quelle réussite dans le Pizzicato, léger sans mièvrerie, allègre sans précipitation !), n’oublie pas, lui, qu’il est américain. Il a donc décidé, pour toute cette programmation 2007-2008, de faire entrer l’Amérique en Provence. Et tout le public, et tout l’orchestre, ont désormais pour lui les yeux – et les oreilles – de Chimène.

Américain en effet, était l’opéra Porgy and Bess, dirigé par William Barkymer, et donné le 4 décembre à guichets fermés : une soirée dépaysante à souhait, mais qui n’a pas toujours évité les excès d’une générosité trop… américaine ! Américain aussi, en partie, sera le concert prochain du 13 février, qui réunira sous le titre « Deux révolutionnaires », les deux compositeurs Ives et Beethoven.

Quant à ce concert de Nouvel An, nous voilà donc entraînés dans des espaces musicaux peu familiers, dans des paysages venus d’un lointain folklore ; et voilà que, par la partition de Copland, tous les épisodes de la légende de William Bonney, devenu Billy the Kid, nous apparaissent tout d’un coup avec une lumineuse évidence : les coups de feu interprétés par percussions et trompettes, l’envol de l’âme délicatement suggéré par le violon solo… L’œuvre est d’une grande richesse harmonique et technique, elle donne sa place à chaque pupitre, et offre des instants de gloire à des solistes qui le méritent amplement.

Oui, la soirée fut parfaite. Le « nouveau » chef (arrivé depuis six mois tout de même) a su cristalliser en lui les attentes de musiciens qui n’avaient plus besoin que de croire en leur propre valeur. Cette alchimie magique entre eux et lui semble tenir à sa seule présence : parce que c’est lui, parce que c’est eux… Sa haute stature, la souplesse de sa main, la fermeté de sa baguette, son humour, sa direction à la fois précise et nuancée, son autorité et son sourire, sa foi en eux, son dynamisme communicatif… voilà qui assure l’homogénéité du travail, la réussite de la prestation. A contrario, une soirée espagnole (le 14 décembre), placée sous la baguette de – un autre Américain de 24 ans, à peine plus jeune que le chef en titre – s’est révélée fort décevante, alors qu’elle s’annonçait comme flamboyante : malgré la qualité technique de l’orchestre, excellent en particulier dans les difficiles virtuosités des Variaciones concertantes de Ginastera, il manquait en effet ce charisme indéfinissable qui fait d’une bonne soirée… une belle soirée !

Le concert de Nouvel An fut donc, lui, une « belle soirée ». Sur le plan musical avec un orchestre élargi, et dans tous les morceaux proposés (Brahms et Copland en première partie, Bizet, Dvořak et Strauss ensuite). Sur le plan chorégraphique également (Eric Belaud sait marier originalité et classicisme), avec un pas de deux fluide et inventif à souhait (Joselyn Cabarcos et Anthony Beignard, sur les Danses Slaves de Dvořak), puis un ballet « straussien » quasi aérien, sublimé par les lumières de Denis Viens.

Crédit photographique : © Jean-Pierre Campomard

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Avignon. Opéa-Théâtre. 6-I-2008. Johannes Brahms (1833-1897) : Danses hongroises n° 1, 20 et 21. Aaron Copland (1900-1990) : Billy the Kid. Georges Bizet (1838-1875) : La Jolie Fille de Perth : Prélude, Marche, Danse bohémienne. Antonin Dvořak (1841-1904) : Trois danses slaves : n° 1, op. 46 ; n° 8, op. 72 ; n° 7, op. 72. Johannes Strauss (1825-1899) : Unter Donner und Blitz ; Pizzicato Polka ; Kaiser Waltzer. Solistes danseurs : Eugénie Andrin, Joselyn Cabarcos, Anthony Beignard, Frédéric Hourtané. Ballet de l’Opéra-théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse (direction : Eric Belaud). Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence, direction : Jonathan Schiffman

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