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Reprise de routine du Rigoletto par Jérôme Savary à la Bastille

La Scène, Opéra, Opéras

Paris, Opéra-Bastille. 20-X-2008. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto, opéra en 3 actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : Jérôme Savary ; décors : Michel Lebois ; costumes : Jacques Schmidt et Emmanuel Peduzzi ; lumières : Alain Poisson. Avec : Stefano Secco, Il Duca di Mantova ; Ambrogio Maestri, Rigoletto ; Ekaterina Syurina, Gilda ; Kristinn Sigmundsson, Sparafucile ; Varduhi Abrahamyan, Maddalena ; Carlo Cigni, Il Conte di Monterone ; Cornelia Oncioiu, Giovanna ; Igor Gnidii, Marullo ; Jason Bridges, Matteo Borsa ; Yuri Kissin, Il Conte di Cprano ; Claudia Galli, La Contessa ; Anna Wall, Paggio della Duchessa. Chœur de l’Opéra national de Paris (chef de chœur : Alessandro Di Stefano), Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction : Daniel Oren

Peut-être autant critiquées que les relectures, les mises en scène traditionnelles (et celle-ci en particulier) tombent fréquemment sous le coup de la critique. Si l’on peut comprendre la lassitude de voir donner encore une fois à l’Opéra-Bastille cette même production de , rendons-lui justice en évoquant les sompteux costumes historiques, un grand dispositif scénique rotatif qui permet d’évoquer une ville et un palais en ruine – en symbole, peut-être, de la déliquescence des mœurs à la cour du Duc de Mantoue – et une mise en scène illustrative qui sert l’œuvre. La direction d’acteurs est certes peu novatrice mais reste dans l’ensemble efficace, sans tomber dans un pathos facile. Dans la fosse, l’ensemble fonctionne, même si, sous la battue brouillonne de , l’Orchestre de l’Opéra rend un son bien peu raffiné.

La distribution est dans son ensemble supérieure à celle de la dernière reprise. Dominant sans peine le plateau, Ekaterina Syurina, en plus d’un timbre chaud, révèle une maîtrise technique de haute volée. Le rôle est pour elle l’occasion d’un jeu intéressant plus que l’exhibition de suraigus qui seraient assurément payants à l’applaudimètre.

Dans le rôle-titre, délivre une interprétation de haute volée, des phrasés parfaits et un beau volume. Mais être un parfait Falstaff n’en fait pas un grand Rigoletto : les moyens se dérobent sous la lourdeur de l’emploi et la voix blanchit bien souvent. Le timbre séduisant et le chant bien mené de ne masquent pas le mouvement d’une voix qui s’alourdit et se glisse désormais avec peine dans la tessiture du Duc de Mantoue dont l’entier registre supérieur pose problème. Les seconds rôles sont bien tenus, de la Giovanna vibrante de , habituée des lieux, au sonore Monterone de . , en dépit d’un faible volume et d’un vibrato déjà large, retient l’attention par un timbre chaud que l’on attend d’entendre dans des rôles plus importants. Passons sur un Sparafucile peu orthodoxe, le reste du plateau est heureusement distribué avec les bien chantants et , jeunes artistes de l’Atelier Lyrique de l’Opéra national de Paris. Cette soirée de routine présente un niveau honorable, d’une homogénéité de troupe, sans chanteurs indignes ni exceptionnels. Rien d’autrement événementiel à l’affiche que la mention de la 1200e représentation de l’œuvre à l’Opéra de Paris, maison dont on est en droit d’attendre un autre niveau…

Crédit photographique : (le Duc de Mantoue) & Ekaterina Syurina (Gilda) ; (le Duc de Mantoue) & (Maddalena) © Christian Leiber / Opéra National de Paris

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