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Rodrigo, le premier opéra italien de Haendel par Eduardo López Banzo

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Rodrigo (Vincer se stesso è la maggior vittoria). Maria Riccarda Wesseling, Rodrigo ; Maria Bayo, Esilena ; Sharon Rostorf-Zamir, Florinda ; Kobie van Rensburg, Giuliano ; Max Emanuel Cenčić, Fernando ; Anne-Catherine Gillet, Evanco. Al Ayre Español, direction : Eduardo López Banzo. 3 CD. Ambroisie AM 132. Code-barre : 822186 001325. Enregistré à l’Arsenal de Metz en mars 2007. Notice trilingue (français, anglais et espagnol) ; durée : 63’03’’, 47’54’’et 46’01’’

 

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Vraisemblablement créé en 1707 à Florence, Rodrigo est le premier opéra italien de Haendel, du moins si l’on excepte les Almira et Nero joués à Hambourg en version bilingue en 1704 et 1705. Même si la partition n’a pas été conservée dans son intégralité – la version actuelle, de même que celle autrefois dirigée par , est en partie une reconstitution –, elle permet néanmoins de mesurer l’imagination créatrice véritablement débordante d’un tout jeune compositeur de vingt-deux ans. De nombreux airs de Rodrigo, cela dit, se retrouvent dans les cantates italiennes jouées à Rome au cours de la même période. Encore quelque peu influencé par l’opéra vénitien, notamment dans cette succession effrénée d’airs relativement courts, l’opéra est davantage classique de par son livret, notamment dépouillé des éléments comiques qui étaient encore la marque de fabrique de l’esthétique du XVIIe siècle finissant. L’intrigue n’en est pas moins, cependant, relativement complexe, et en cela tout à fait caractéristique de l’opera seria

La présente version est de loin préférable à celle enregistrée en 1999 par à la tête de son ensemble «». Le mérite en revient avant tout au chef d’orchestre , qui sait être vif, dynamique et imaginatif sans pour autant tomber dans les excès minkovskiens que nous connaissons tant. La distribution réunie ici, qui recoupe en partie celle de l’excellent Amadigi réalisé il y a un an par la même équipe, est également supérieure à celle de la précédente version. On retrouve notamment, dans le rôle de Florinda, l’excellente , aussi bonne dans la tendresse que dans la véhémence. , en revanche, continue à étonner par la clarté de son timbre, et certains lui préféreront sans doute l’alto plus chaud de Gloria Banditellli dans la version Curtis. Rien à redire en revanche sur la prestation de Kobie van Rensburg, absolument magistrale, de même que sur celle de la jeune , tout à fait convaincante dans le rôle du jeune Evanco. Les admirateurs de retrouveront avec plaisir ce timbre chaud et fruité, même si l’on aimerait parfois une ligne plus homogène. Enfin, , au timbre si caractéristique, montre beaucoup de tempérament en Esilena, mais elle ne semble pas tout à fait posséder la virtuosité vocale exigée par le rôle. Sans doute est-ce pour cette raison que l’air «Parto, crudel, si parto», d’une grande difficulté technique, a été confié à Florinda – ce qui crée tout de même un petit contresens dramatique… , dans l’autre version, montrait davantage de maîtrise vocale, même si elle n’était pas encore tout à fait, en 1999, l’artiste sublimement accomplie qu’elle est devenue aujourd’hui.

Il s’agit en somme, on l’aura compris, d’un enregistrement capital dans la redécouverte du patrimoine haendélien, en cette année d’anniversaire.

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Rodrigo (Vincer se stesso è la maggior vittoria). Maria Riccarda Wesseling, Rodrigo ; Maria Bayo, Esilena ; Sharon Rostorf-Zamir, Florinda ; Kobie van Rensburg, Giuliano ; Max Emanuel Cenčić, Fernando ; Anne-Catherine Gillet, Evanco. Al Ayre Español, direction : Eduardo López Banzo. 3 CD. Ambroisie AM 132. Code-barre : 822186 001325. Enregistré à l’Arsenal de Metz en mars 2007. Notice trilingue (français, anglais et espagnol) ; durée : 63’03’’, 47’54’’et 46’01’’

 
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