Une « petite dinde » bien croquignolette …

La Scène, Opéra, Opéras

Avignon. Opéra-théâtre. 25-IV-2009. André Messager (1853-1929) : Véronique, opérette en 3 actes sur un livret de Albert Vanloo et Georges Duval. Mise en scène : Vincent Vittoz. Décors : Dominique Pichou. Costume : Dominique Burté. Chorégraphie : Eric Belaud. Lumières : Roberto Venturi. Avec : Caroline Mutel, Hélène de Solanges / Véronique ; Catherine Dune, Agathe Coquenard ; Jeanne-Marie Lévy, Ermerance de Champ-d’Azur ; Loreline Mione, Denise ; Eliane Berger, Tante Benoît ; Julie Mauchamp, Sophie ; Marie Simoneau, Zoé ; Ludivine Gombert, Héloïse ; Wiebke Nolting, Elisa ; Isabelle Monpert, Céleste ; Ada Bonora, Irma ; Gérard Theruel, Florestan ; Jean-François Vinciguerra, Coquenard ; Pierre Espiaut, Loustot ; Lionel Muzin, Séraphin ; Jean-François Baron, Le tambour. Chœurs de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse (chef de chœur : Aurore Marchand). Ballet de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse (direction : Eric Belaud). Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence, direction : Dominique Trottein.

Véronique

Il y a un an Véronique était mise en scène par Fanny Ardant au Châtelet. Aujourd’hui une autre Véronique est offerte sur la scène d’Avignon grâce à l’Opéra-Théâtre de Metz et au Grand Théâtre de Limoges : ce bijou d’, que tout le monde fredonne sans l’avoir vraiment vu, sortirait-il de l’oubli ?

Désuète, l’opérette ? Sans doute, et nous en avions déjà fait la remarque à l’occasion du Pays du Sourire. Mais par l’intelligence et la légèreté de la mise en scène, on se sent décalé mais délicieusement séduit. Le décor semi-circulaire, évolutif, sait envelopper l’action tout en se faisant oublier.

La distribution avignonnaise est excellente, avec des artistes habitués de cette scène, à l’exception de (un Séraphin bien allègre). Caroline Mutel, la présumée «petite dinde», (à la voix aussi lumineuse que ses toilettes), endosse avec la même grâce la simplicité de la grisette et l’élégante distinction de l’aristocrate ; et quel couple magnifique avec Gérard Theruel ! Jean-François Vinciguerra, campe un Coquenard particulièrement fat ! promène avec justesse le personnage d’Agathe : son dépit amoureux et son insolence de parvenue… Mais elle s’essouffle vite dans les airs rapides du 2e acte.

Les morceaux attendus n’ont pas déçu : «De-ci de-là» était léger et trottinant à souhait ; «Ah, je t’en conjure, ne sois pas parjure», d’une sobre sincérité ; «Adieu, je pars», a failli nous faire pleurer ; «L’escarpolette» s’est envolée d’une exquise légèreté. Nous nous sommes régalé de l’ouverture du 3e acte : un ballet assez classique pour être intemporel, accompagne les souvenirs amoureux d’Ermerance. Eric Belaud l’a chorégraphié avec subtilité et délicatesse !

Mais la grande réussite de cette interprétation, c’est l’épaisseur psychologique, la consistance des rôles, la vérité des caractères. La comédie ne fait pas l’économie de la nostalgie, de la tristesse, et les personnages ne sont ni marionnettes, ni bulles de savon. L’émotion se glisse furtivement dans le sourire : sans doute la plus grande difficulté !

Crédit photographique : © Ville de Limoges

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.