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Monteverdi & Maderna, parcours historique de l’Orfeo

La Scène, Opéra, Opéras

Montpellier, Corum. 16-IV-2011. Claudio Monteverdi (1567-1643) : L’Orfeo, favola in musica en 5 actes sur un livret d’Alessandro Striggio. Orchestration de Bruno Maderna (1920-1973). Version de concert. Avec : Paul-Armin Edelman, Orfeo ; Sunhae Im, La Musica / Euridice / Eco ; Marie-Claude Chappuis, una Ninfa / la Messagiera / Proserpina ; Lies Vandewege, una Ninfa / Speranza / un Spirito ; Jérôme Varnier, un Pastore / Caronte / un Spirito ; Mathias Vidal, un Pastore / un Spirito ; Nigel Smith, Apollo ; Giovanni Battista Parodi, un Pastore / Plutone. Orfeón Donostiarra (chef de chœur : José Antonio Sainz Alvaro), Orchestre national de Montpellier-LR, direction musicale : Enrico Delamboye

Après Vincent d’Indy (1904), Gian Francesco Malipiero (1930), Ottorino Respighi (1935) et Paul Hindemith (1954), avant Luciano Berio (1984), avait délivré en 1967 sa propre orchestration de L’Orfeo de . Version curieuse, qui aujourd’hui nous paraît saugrenue, avec son immense orchestre symphonique (avec jeu de cloches, vibraphone, clarinette basse, …) et sa cetra (la lyre d’Apollon) formée par un ensemble de harpes, guitares, mandoline, clavecin et célesta. N’oublions pas que la création moderne de L’Orfeo par Nikolaus Harnoncourt dans son instrumentation d’origine ne date que de 1975.

Quoiqu’il en soit, , fin connaisseur de Monteverdi (il a collaboré avec Gian Francesco Malipiero à la première réédition critique de l’œuvre de ce compositeur à la fin des années 40), ne trahit pas avec cette orchestration gigantesque le propos original, qui est le respect et la compréhension du texte de Striggio. Sourdines, effectifs réduits, nuances pianissimo, tous les soutiens instrumentaux des récitatifs sont finement dosés et la machine orchestrale, même dans la fougueuse Toccata initiale ou dans la Moresca finale, ne se déchaîne jamais. Maderna n’ajoute, si ce n’est par le timbre, aucune modernité – contrairement à Berio, qui réécrivit littéralement l’œuvre. Tout juste regrette-t-on que les danses, alourdies, soient moins enlevées que dans les diverses versions originales enregistrées.

Mais que ce soit la version d’origine ou les diverses resucées, L’Orfeo exige des chanteurs qui soient aussi des diseurs. Pari relevé en cette soirée d’avril au Corum de Montpellier. Paul-Armin Edelman est un Orfeo solide, parfois trop monolithique (son chant manque un peu de nuances) mais qui possède toutes les notes pour le rôle. propose un joli timbre acidulé, particulièrement bienvenu dans le long monologue du personnage de la Musica. Parmi le plateau vocal remarquablement homogène, saluons les excellents , et ainsi que la prestation toute en finesse de l’Orfeón Donostiarra.

Le grand triomphateur de la soirée est sans conteste le jeune chef d’orchestre néerlandais . Actuel principal chef invité de l’Opéra de Cologne, il est aussi un arrangeur accompli et fréquente assidument la scène jazz en plus du monde de la musique classique. L’Orchestre national de Montpellier-LR, qu’on a pu connaître moins inspiré, donne le meilleur de lui-même. Et l’ensemble des musiciens laisse transparaître un plaisir évident d’avoir travaillé ensemble. Un signe qui ne trompe pas.

Crédit photographique : © DR

 

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