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La Cenerentola au Palais Garnier, plaisant sans plus

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Paris. Palais Garnier. 10-XII-2012. Gioachino Rossini (1792-1868) La Cenerentola, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Jacopo Ferretti. Mise en scène, décors et costumes : Jean-Pierre Ponnelle. Réalisation : Grischa Asagaroff. Lumières : Michaël Bauer. Avec : Maxim Mironov, Don Ramiro ; Nicola Alaimo, Dandini ; Bruno de Simone, Don Magnifico ; Claudia Galli, Clorinda ; Anna Wall, Tisbe ; Marianna Pizzolato, Angelina ; Adrian Sâmpetrean, Alidoro. Orchestre et chœur de l’Opéra National de Paris. Chef de chœur Alessandro di Stefano. Direction Riccardo Frizza.

Nombre de nos collègues, la saison dernière, ont exprimé leur déception pour cette Cenerentola, qu’ils jugeaient dépassée. On retrouve pour notre part avec un grand plaisir cette mise en scène, qui malgré ses quarante ans et plus, reste toujours aussi fraîche, amusante, et poétique.

Immortalisée par un DVD que tout bon lyricomane se doit de posséder, avec Frederica Von Stade et Francisco Araiza, on reviendra très peu sur l’élégant décor en toile grise, qui s’enroule et se déroule pour nous montrer le dedans et le dehors de la demeure de Don Magnifico et du Palais du Prince. Les costumes sont toujours aussi seyant, et la direction d’acteurs, réalisée par , pleine de vie, remuante, précise, truffée de gags autant que romantique, fait rire aussi bien que rêver. A l’heure où à vingt minutes de métro vers l’est, Don José étrangle Carmen avec une vieille robe de mariée, et à dix minutes vers l’ouest, Médée se fait insulter par le public, que demander de plus, sauf à se faire traiter de vieille baderne passéiste ? Soit, on prend le risque.

La distribution alterne le bon et le pas si mal. est un Prince Charmant de rêve, d’une technicité sans faille, aussi beau à regarder qu’à entendre. Tout au plus pourra-t’on ergoter sur un manque de puissance dans les éclats de colère, qu’il compense par des suraigus d’une excitante insolence. , rondeur bouffe, est parfait en Dandini, et maîtrise aussi bien le chant syllabique à grande vitesse que le déhanchement comique. est impayable en beau-père indigne. Le grand étonnement vient cependant de l’Alidoro d’, d’une grande beauté vocale pour un rôle généralement sacrifié.

Du côté féminin, la moisson est un peu moins bonne. Les deux méchantes sœurs ( en Clorinda et en Tisbe) sont irréprochables sur tous les plans. Mais l’Angelina de est gentillette, sans plus, avec certes un joli timbre, mais sans le charme des plus grandes, capables de voler les cœurs en quelques secondes (Von Stade, Didonato, Deshayes, Berbié…) et ses traits de virtuosité semblent parfois hors contrôle.

Sous la direction de , l’orchestre ne semble pas dans son élément, et bien que sans reproche majeur, il manque le pétillant indispensable à tout Rossini qui se respecte. Le chœur est en revanche d’une grande implication, et ajoute au sel de cette charmante, mais pas inoubliable, soirée.

Crédit photographique : (Tisbe), (Dandini) et (Clorinda) ; (Angelina) et (Don Ramiro) : Opéra national de Paris/ Christian Leiber

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Paris. Palais Garnier. 10-XII-2012. Gioachino Rossini (1792-1868) La Cenerentola, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Jacopo Ferretti. Mise en scène, décors et costumes : Jean-Pierre Ponnelle. Réalisation : Grischa Asagaroff. Lumières : Michaël Bauer. Avec : Maxim Mironov, Don Ramiro ; Nicola Alaimo, Dandini ; Bruno de Simone, Don Magnifico ; Claudia Galli, Clorinda ; Anna Wall, Tisbe ; Marianna Pizzolato, Angelina ; Adrian Sâmpetrean, Alidoro. Orchestre et chœur de l’Opéra National de Paris. Chef de chœur Alessandro di Stefano. Direction Riccardo Frizza.

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