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La Résurrection de Mahler par Benjamin Zander et le Philharmonia Orchestra

À emporter, CD, Musique symphonique

Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 2 dite « Résurrection » en ut mineur. Miah Persson, soprano. Sarah Connolly, mezzo soprano. Philharmonia Chorus. Philharmonia Orchestra, direction : Benjamin Zander. 2 CD Linn Records. Enregistré en juin 2012 au Watford Colosseum de Londres. Réédition en 2018. Notice en anglais. Durée : 90:09

 


713NbSEf3eL._SX522_Heureuse initiative que cette « résurrection » de la Symphonie n° 2 de interprétée en 2012 par à la tête du , avec et en solistes. 

Cet enregistrement s’inscrit dans le cadre d’un projet d’intégrale du corpus symphonique de lancé chez Telarc Records par et le , interrompu, puis repris pour Linn Records en 2009. Une lecture grandiose qui reste au plus près de la partition, soulignant force détails d’une orchestration luxuriante, originale, par la lenteur des tempi, pertinente par l’ampleur de son phrasé soulignant la forte spiritualité de l’œuvre, convaincante enfin par les performances solistiques individuelles, par la cohésion orchestrale et la qualité de la prise de son.

Cette Symphonie n° 2 s’inscrit dans la droite ligne de la précédente puisque c’est le héros de « Titan » qu’on enterre avant qu’il ne ressuscite, mais elle s’en distingue toutefois, par l’apparition du chœur et des voix solistes dans une fusion, tant espérée par le compositeur, entre le lied et la symphonie, difficile quête déjà esquissée par Beethoven. Le premier mouvement, Allegro maestoso, est saisissant par la soudaineté d’installation du drame, par son envergure sonore, par son climat d’attente et de mystère, par sa dynamique tendue, par la vigueur des crescendos, par la transparence de la texture qui magnifie les timbres, par la richesse des nuances et des variations rythmiques qui donnent beaucoup de relief au phrasé, par la qualité de l’orchestre, transcendé par cette lecture sidérante, quasi expressionniste.

Moins impressionnant, l’Andante plein de fraîcheur pâtit un peu d’un manque de corps, heureusement contrebalancé par des accélérations fulgurantes qui parviennent à maintenir la continuité du discours en soulignant l’imminence du drame. Malgré son tempo ralenti, le Scherzo, inspiré du Wunderhorn, séduit par sa clarté, son engagement, et par son ambiguïté alternant lyrisme et angoisse, tandis qu’Urlicht, provenant de la même source, pousse l’émotion à son comble portée par la voix de qui s’élève comme une vibrante prière.

Le Final répond au premier mouvement et prend, ici, des dimensions extraordinaires par sa durée (presque 39 minutes !) sans que la continuité du discours n’en souffre, tant la dynamique envoûte par son allant, son urgence, renforcée encore par la stridence de bois, les roulements cataclysmiques de tambour, les tutti phénoménaux, interrompus brutalement par des ruptures rythmiques, ou majorés par une spatialisation du son très réussie. Très théâtraux, le grand appel des cuivres en coulisses et le gazouillement du rossignol, comme un dernier écho de la vie terrestre, précèdent l’apparition du chœur, pianissimo et retardée au maximum, laissant la ferveur s’installer sur l’Auferstehen (« Tu ressusciteras ») de Klopstock. Là encore on admire sans restriction la clarté de la direction, l’intelligence de la mise en place et la délicatesse de la lecture, tout comme la beauté des voix, du chœur et de l’orchestre, unis dans une même communion et un même espoir retrouvé.

Une réédition qui redonne vie à une interprétation où le chef anglo-américain s’affiche indiscutablement comme un grand mahlérien par l’originalité, la pertinence et le relief de sa lecture.

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