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Maria Agresta, une nouvelle Adriana Lecouvreur est née à Milan

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Milan. Teatro alla Scala. 4-III-2022. Francesco Cilea (1866-1950) : Adriana Lecouvreur, opéra en quatre actes (1902) sur un livret d’Arturo Colautti d’après Scribe et Legouvé. Mise en scène : David McVicar. Costumes : Brigitte Reiffenstuel. Lumières : Adam Silvermann. Chorégraphie : André Georges. Avec : Yusif Eyvazov, Maurizio ; Alessandro Spina, Prince de Bouillon ; Carlo Bosi, l’Abbé ; Alessandro Corbelli, Michonnet ; Maria Agresta, Adriana ; Anita Rachvelishvili, La Princesse de Bouillon ; Catherine Sala, Jouvelot ; Svetlina Stoyanova, Dangeville. Chœur et Orchestre du Teatro alla Scala, direction : Giampaolo Bisanti.

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Absente de la scène scaligère depuis 2007, Adriana Lecouvreur retrouve les faveurs du public milanais avec cette reprise de l’ancienne production de David McVicar crée en 2010 à Londres qui voit son intérêt ravivé par la prise de rôle de et les débuts dans la fosse de .

est le compositeur d’un seul opéra resté célèbre, Adriana Lecouvreur, qui lui permit d’échapper à l’oubli depuis la création à Milan en 1902. Le livret s’appuie sur les déboires amoureux, sur fond de rivalité féminine, de la comédienne Adriana Lecouvreur, muse de Voltaire, qui fut au XVIIIᵉ siècle une actrice reconnue pour sa déclamation naturelle et qui mourut tragiquement, empoisonnée selon la légende par un bouquet de violettes….

Des amours contrariées d’Adriana et Maurizio et des effluves mortels de violettes, tire une mise en scène éminemment classique dans une lecture au premier degré sans transposition temporelle. Simple illustration du livret, soignée et élégante, parfaitement léchée avec de somptueux costumes, une scénographie magnifiquement surannée, une mise en abyme du théâtre dans le théâtre très justement utilisée et une chorégraphie d’André Georges qui nous gratifie d’un joli ballet d’un kitsch caricatural à l’acte III.

Une intrigue assez simple, un livret un peu confus mais efficace qui conjugue intensité dramatique et beauté mélodique font de cette œuvre un opéra de chanteurs, et plus particulièrement de prima donna, terrain d’élection des plus grandes sopranos de l’histoire, comme Magda Olivero, Renata Tebaldi ou Maria Callas, c’est dire l’importance du défi relevé ce soir par . Et en matière de chant : chapeau bas Madame ! Force est d’admirer cette prestation qui nous ferait presque oublier Anna Netrebko retirée du casting pour les raisons que l’on sait…Point de doute, Maria Agresta est une grande Adriana, tant au plan scénique qu’au plan vocal. L’engagement théâtral est intense, le timbre est assez rond capable de se colorer en fonction du registre. L’ambitus large, la puissance, la souplesse et l’émotion sont au rendez-vous dès l’acte I avec un très bel : « lo son l’umile ancella » que l’ultime : « Poveri fiori » du IV ou la déclamation de Phèdre au III ne démentiront pas. Face à elle, sa rivale, la Princesse de Bouillon saisissante d’, habituée du rôle, impressionne par sa voix riche et profonde d’une puissance torrentielle. campe un Maurizio solide et plein d’ardeur au timbre lumineux en parfaite osmose avec l’orchestre. (Michonnet) nous émeut par son humanité mais, hélas, joue mieux qu’il ne chante, retrouvant dans le théâtre ce que sa voix patinée par les ans lui refuse. Le Prince de Bouillon d’ et l’Abbé de Chazeuil de , aux timbres bien appariés forme un duo bien chantant tandis que (Jouvenot) et (Dangeville) complètent avec bonheur cette distribution remarquablement homogène.

Loin des brumes wallonnes de Liège, l’enfant du pays fait des débuts remarqués dans la fosse milanaise à la tête d’un orchestre de la Scala rutilant qui lui vaudront une longue ovation bien méritée aux saluts.

Crédit photographique : © Brescia/Amisano – Teatro alla Scala

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Milan. Teatro alla Scala. 4-III-2022. Francesco Cilea (1866-1950) : Adriana Lecouvreur, opéra en quatre actes (1902) sur un livret d’Arturo Colautti d’après Scribe et Legouvé. Mise en scène : David McVicar. Costumes : Brigitte Reiffenstuel. Lumières : Adam Silvermann. Chorégraphie : André Georges. Avec : Yusif Eyvazov, Maurizio ; Alessandro Spina, Prince de Bouillon ; Carlo Bosi, l’Abbé ; Alessandro Corbelli, Michonnet ; Maria Agresta, Adriana ; Anita Rachvelishvili, La Princesse de Bouillon ; Catherine Sala, Jouvelot ; Svetlina Stoyanova, Dangeville. Chœur et Orchestre du Teatro alla Scala, direction : Giampaolo Bisanti.

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