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Magnifique Requiem de Verdi à Strasbourg par Aziz Shokhakimov

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Strasbourg, Palais de la Musique et des Congrès. 9-IX-2022. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Messa da Requiem. Serena Farnocchia, soprano, Jamie Barton, mezzo-soprano, Benjamin Bernheim, ténor, Ain Anger, basse, Chœur de l’Opéra National du Rhin (chef : Alessandro Zuppardo), Chœur Philharmonique de Brno (chef Petr Fiala), Orchestre Philharmonique de Strasbourg, direction Aziz Shokhakimov

Pour l’ouverture de la saison, l’ sous la direction de son jeune chef Aziz Shokhakimov donne du chef-d’œuvre de Verdi une interprétation énergique et enthousiasmante, avec notamment et .

Il faut une vision pour diriger un pareil chef-d’œuvre, qui alterne chœurs, quatuors, duos, passages a capella, murmures d’orchestre et grands tutti le long d’une immense fresque sonore et poétique. Il faut une autorité pour garantir toutes les nuances de la partition, la dynamique de chaque numéro et les équilibres entre ces masses sonores colossales produites par près de deux cents personnes, philharmonique en grand effectif, deux chœurs et un quatuor de stars de l’opéra. a tout cela, et donne du Requiem une lecture juste de style, flamboyante et fervente. Sous sa baguette, l’ resplendit de toutes ses couleurs et démontre encore une fois la forme éblouissante qu’il a acquise ces dernières années. Les deux chœurs, celui de l’Opéra National du Rhin et celui du Philharmonique de Brno fusionnent dans la même exactitude et la même cohésion.

Le quatuor des solistes réussit cette prouesse de rester homogène et soudé dans leur service, alors que les protagonistes ne sont pas tous – il faut bien le reconnaître- au même niveau. On n’en voudra donc pas à d’avoir une belle voix de fort honnête soprano, avec une belle ligne de chant et d’assez beaux aigus. On lui est reconnaissant d’avoir remplacé Krassimira Stoyanova initialement prévue et d’avoir sauvé la soirée. De même, on pardonnera volontiers à quelques relâchements de vibrato, car sa voix profonde est belle et sa conduite très bien tenue. Mais avec et , on dépasse le stade du bel canto pour atteindre celui de la magie. Souveraine de legato, la mezzo américaine déploie sur tout son registre des couleurs d’argent et de cuivre, dont les reflets irisés vont jusqu’à créer de la lumière dans son Lux aeterna. Bernheim donne envie de pleurer dès qu’il ouvre la bouche, tant sa voix est belle et son phrasé parfait. Humble et recueilli, son Ingemisco est un des plus beaux qu’on ait pu entendre, et son Hostias pianissimo fait s’ouvrir les cieux. De la magie, on vous dit…

Il faut encore remarquer l’étonnante adéquation de la salle Erasme du Palais de la Musique et des Congrès, qui semble avoir été construite pour cette œuvre, et dont Montserrat Caballé disait qu’elle avait la plus belle acoustique du monde après Carnegie Hall. Pleine à craquer de public et d’interprètes, l’acoustique de cette salle n’en était que meilleure. Que les déboutés aux guichets fermés se consolent : la soirée a été enregistrée par Medici.tv et sera bientôt disponible pour tout le monde.

Crédit photographique: © Nicolas Roses

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