Nouvelle saison lyrique et danse au Capitole de Toulouse
Après cette saison marquée par l'audacieuse programmation de La Passagère de Weinberg en création française, un spectacle salué par la critique et le public, l'Opéra national du Capitole propose pour 2026/2027 sept opéras mis en scène dont quatre nouvelles productions et une entrée au répertoire. Avec un Orchestre national du Capitole dans la fosse, le champ des possibles est large.
C'est avec la reprise de Rusalka de Dvořák, entrée au répertoire de la maison en 2022 dans cette mise en scène de Stefano Poda que la saison démarrera, avec Ruzan Mantashyan dans le rôle-titre et à ses côté le Prince de Pavol Breslik.
Nouvelle production, Peter Grimes de Britten dans la production de l'English National Opera par David Alden avec Nikolai Schukoff (entendu en Tristan) et Yolanda Auyanet. Autre nouvelle production, Lohengrin qui n'avait pas été donné à Toulouse depuis 50 ans, sera mis en scène par Michel Fau dans une scénographie à la fois abstraite et historisante du peintre Lilian Euzéby, avec, à la direction Michele Spotti et deux prises de rôle attendues Airam Hernandez (Lohengrin) et Sophie Koch (Ortrud). Entrée au répertoire pour Le Roi Arthus de Chausson avec une mise en scène d'Aurélien Bory n'hésitant pas à recycler des éléments de décors de « ses » Parsifal et Château de Barbe bleue. Stéphane Degout y sera Arthus et Catherine Hunold, Genièvre. Le Couronnement de Poppée sera interprété par l'Ensemble I Gemelli et son chef Emiliano Gonzalez Toro avec Adèle Charvet (Poppea), dans une mise en scène de Mathilde Etienne qui mettra en avant toute l'ironie théâtrale et le raffinement vénitien de l'œuvre. Medea de Cherubini offrira deux prises de rôles qui ne passeront pas inaperçues : Karine Deshayes dans le rôle-titre et Roberto Alagna en Giasone, dans une scénographie de Yannis Kokkos.
Deux distributions se partageront la reprise du Barbier de Séville de Rossini dans la mise en scène de Josef Ernst Köpplinger.
En version de concert, Hervé Niquet et Le Concert spirituel interpréteront King Arthur de Purcell, avec le Chœur de chambre de Namur et l'ensemble Les Epopées dirigés par Stéphane Fuget et Marie-Nicole Lemieux sera la Médée de Charpentier.
En récital, notons celui d'Asmik Grigorian pour un tour des grandes héroïnes d'opéra à côté d'autres rendez-vous lyriques avec Joseph Calleja, Rachel Willis-Sørensen, Nadine Sierra et Cyrille Dubois. (NF)
Le Ballet du Capitole en grande forme
Le Ballet du Capitole a annoncé une saison chorégraphique avec de nombreuses créations. L'un des derniers ballets classiques de France compte 35 danseurs et propose 4 programmes par an au Capitole, ainsi qu'une grosse activité de tournée, sous la direction de Béate Vollack, arrivée depuis 3 ans et qui poursuit cette aventure avec le Capitole. C'est une compagnie capable d'interpréter tous les styles de ballet, en trouvant un équilibre entre grand répertoire et créations.
La saison 2026-2027 s'ouvrira avec Maîtres américains, dans la grande tradition à Toulouse de présenter des ballets de George Balanchine. On notera l'entrée au répertoire des Quatre tempéraments, jamais présentés à Toulouse, complétée par une pièce de Peter Martins, qui a longtemps travaillé avec Balanchine, sur une musique de John Adams.
Les Trois Mousquetaires semblait être le ballet parfait pour la période de Noël, une histoire qui représente parfaitement la France, selon Beate Vollack. Il sera créé par Benjamin Pech, ancien danseur de l'Opéra de Paris et co-directeur du Ballet de l'Opéra de Rome. Benjamin Pech vient de l'école de Roland Petit, avec le goût pour une forte théâtralité dans la danse. Il a privilégié les pièces longues de Camille Saint-Saëns, qui s'est révélé idéal pour le ballet, pour construire une partition musicale comme une musique de film, ou de série Netflix, accompagnant la narration. Les costumes, inspirés du XVIIe siècle, comportent un côté un peu rock qui donne une touche intemporelle à la production. Les décors sont réalisés par un illustrateur travaillant beaucoup sur iPad. L'objectif est de faire véritablement entrer le spectateur dans le livre de Dumas, en racontant l'histoire à travers le prisme féminin : Milady, Constance et Anne d'Autriche.
En mars, pour la première fois, le Ballet proposera une création spécialement pour le jeune public. Le choix s'est porté sur Le Petit Chaperon rouge, une histoire que tout le monde connaît, confiée à Andreas Heise, chorégraphe allemand spécialisé dans les créations pour les enfants. La création musicale est signée Benoît Menut. Ce mythe paneuropéen mêle différentes influences et l'œuvre parle aussi de nous et de notre monde actuel. Le parti pris est celui d'un cartoon dans lequel on suit le combat d'une pré-adolescente contre ses propres peurs, accompagnée par la nature (des fleurs sur pointes, un lapin, un ours, un pigeon) qui deviennent des vecteurs pour l'aider à les surmonter. Chaque personnage disposera d'un leitmotiv musical. L'ensemble dure 45 à 50 minutes, avec un orchestre resserré à une vingtaine de musiciens et musiciennes, dirigé par Félix Bennati.
La saison se clôturera avec la soirée Amours fugitives au Théâtre de la Cité, avec une reprise d'Edward Clug et deux pièces de Hans van Manen, objet de son dernier contrat avec une compagnie avant son décès, dont une entrée au répertoire. Enfin, Coppélia sera présenté à Compiègne, Massy et Rueil-Malmaison avec l'Orchestre d'Île-de-France et le chef d'orchestre de la compagnie. (DG)











